‹ Oraisons furèbres; publiées avec une introd., des notices, des notes et un index grammaticalChapitre 52 sur 615 · A In justice de nos rois · texte numérisé non relu

A In justice de nos rois

Bossuet insistait sur ce point dans sa seconde |iartic : « Je l'ai dit. et je le dis encore une fois, le siècle n'a jias clé JMjusIe, mais Mcolas Cornet a été modeste.... Nos rois ont reconnu son mérite, mais on n'a jni le résoudre à frien] recevoir d'une main mortelle, quoiqiie royale....

I,es deux augustes cardinaux rpii ont soutenu la majesté de cet cm|)ire ont voulu donner la récomjieii'ic» (|ni était due à sou mérite, mais il a Ion! refusé. Le premier lui lit des ollVes dignes de son l'.miuence. « (H'après Moreri, Richelieu aurait oflert à Cornet d'être son confesseur.) « Le second, l'ayant

présenté à notre au<rn5te reine, mère de notre invincible monar<iue, lui proposa ses intentions ]ionr une prélaturc » (l'archevéclié de Bourpes). Toutefois Cornet acce])ta d'entrer dans le conseil de Riclielieu, et d'être le président du « conseil de conscience » de Mazarin. C'était un [)osle foit important et qui, au point (le vue du crédit, valait mieux (ju'nn arclievêclu''.

3. Si fort. L'emploi de celte locution devant un adjectif était courant au xvii" siècle. « Lu si rare service et si fort important \\ Vaut l'iionneiu' le jilus rare et le jilus éclatant. « Corneille, Uornee, V, 2. Rllc était également usitée avec les veibes. « Leur condition les dispense si fort de tenir les belles promesses iju'ils vous ont faites. »

La Bruvère, Des llrniids.

i. Cf. p. 32, n. 2. et jt. otî, n. 5.

5. Envier. Befuser. « Hieu ne nous envie pas la puissance, mais il a voulu garder l'ordie, ciui demande »|ue la Justice marciie la i>remièrc. » BossucI, Sermon sur r,4/N-

glée'. El moi, si toutefois vous me permettez do dire un mot de moi-même, moi, dis-je, qui ai trouvé en ce personnage, avec tant d'autres rares qualités, un trésor inépuisable de sages conseils, de bonne foi, de sincérité, d'amitié constante et inviolable, puis-je lui refuser quelques fruits d'un esprit qu'il a cultivé avec une bonté paternelle dès sa 2 première jeunesse, ou lui dénier quelque part dans mes discours, après qu'il en a été si souvent et le censeur et l'arbitre^? Il est donc juste, messieurs, puisqu'on a bien voulu employer ma voix, que je rende*, comme je pourrai, à ce Collège royal son Grand Maître, aux maisons religieuses leur père et leur protecteur, à la Faculté de théologie l'une de ses plus vives lumières et celui de tous ses enfants qui peut-être a autant^ soutenu cette ancienne réputation de doctrine et d'intégrité qu'elle s'est acquise par toute la terre ; enfin à toute l'Église et à notre siècle l'un de ses plus grands ornements.

Sortez, grand homme, de ce tombeau; aussi bien y êtes-vous descendu trop tôt pour nous ; sortez, disje, de ce tombeau que vous avez choisi inutilement

bit ion, 1" p. Variante {Sennojis choisis, édit. class. Uaclietle, p. 267, n. 2) « Ah! deslins ennemis, || Qui nCenviez le bien que je m'étais promis! » Corneille, Rodogune, V, 4.

« Pourquoi 7n'enviez-\ou6 l'air que vous resi)irez? » Racine, Bérénice, IV. 5.

i. Cf. p. 222, n. 2, et p. 12. n. 7.

Page 1