‹ Oraisons furèbres; publiées avec une introd., des notices, des notes et un index grammaticalChapitre 525 sur 615 · Ibid.^ p · texte numérisé non relu

Ibid.^ p

ORAISON Fl'M-BRE

d'une chose : de voir rautorilê royale méprisée, le Parlement se mêler de choses qui ne le regardent point, l'indiscipline se glisser jusque parmi les officiers des gardes du corps*. De retour à Paris, il résiste aux avances sincères ou perfides, mais toujours flatteuses, souvent tentantes, des partis. A mi agent du duc d'Orléans, qui lui promet, « comme prix d'une attitude décidée et d'un concours actif donné aux ennemis du ministre, les plus brillants avantages, les plus beaux gouvernements », il répond : « J'ai assez de biens et d'établissements pour me conserver par mes services et par ma fidélité; si j'en avais davantage, je deviendrais justement suspect au Roi. » Au coadjuteur de Gondi, qui vient rôder autour de lui, empressé « de savoir jusqu'à quel point ses visées ambitieuses pourraient être secondées par cette épée », il donne pour toute réponse le mot célèbre : « Je suis d'une naissance à laquelle la conduite des Balafrés ne convient pas ». Et Mme de Motteville, toujours indulgente pour tout le monde, mais sévère cependant pour les ennemis du trône, risque bien d'être dans la vérité quand elle dit qu'« il n'avait pas de penchant à la guerre civile ».

Seulement, à côté de ces motifs qui contribuaient à mahitenir Condé dans le devoir, il y avait dans son tempérament moral bien des occasions d'y défaillir. Et ici il nous faut insister sur un côté du caractère de Condé que Bossuet n'a pu qu'indiquer, mais où il faut, pourtant, chercher l'une des causes les plus réelles de sa conduite criminelle : — la violence.

Là-dessus, tous les contemporains sont d'accord. Les plus bienveillants et les plus polis, comme Gourville, se bornent à avouer qu'il était fort sujet à de « petits mouvements de colère », lorsqu'on faisait mine de lui résister-; les plus sincères, comme La Pare, déclarent qu'il était «furieux de son naturel^ ». Et ce n'était pas seulement quand il avait raison qu'il s'emportait ainsi (lorsque, par exemple, à Senef, il se met en colère contre ses lieutenants qui veulent l'empôchcr d'aller faire lui-même une reconnaissance pour laquelle il ne voidaits'en fier à personne)*; — ce n'est pas seulement, non plus, quand il a tort (comme dans les discussions littéraires, où Boileau, effrayé, bat en

Page 1