‹ Oraisons furèbres; publiées avec une introd., des notices, des notes et un index grammaticalChapitre 582 sur 615 · Ecjalnit. Cf. p. 6, n · texte numérisé non relu

Ecjalnit. Cf. p. 6, n

2. Cf. le jugement de Saint- Evremont, qui avait servi sous les ordres du prince de Coudé, à côté de Turenne : « Quelques troupes que vous donniez à M. le Prince, vieilles ou nouvelles, connues ou inconnues, il a toujours la même fierté dans le combat : vous diriez qu'il sait inspirer ses propres qualités à toute l'armée : sa valeur, son intelligence, son action semblent lui répoudre de celles des autres. Avec beaucoup de troupes dont M. de Turenne se défie, il cherche ses sûretés : avec peu de bonnes qui ont gagné sa confiance, il entreprend comme aisé ce qui paraît impossible.

« Quelque ardeur qu'ait M. le Prince pour les combats, M. de Turenne en donnera davantage, poui' s'en préparer mieux les occasions; mais il ne prend pas si bien dans l'action ces temps imprévus, qui font pleinement une victoire : c'est par là que ses avantages ne sont pas entiers. Quand l'affaire esi contestée, le plan de la gu jrre lui revient dans l'esprit, et

il remet à une conduite plus sûre ce qu'il voit difficile et douteux dans le combat. M. le Prince a les lumières plus présentes et l'action plus vive : il remédie lui-même à tout, rétablit ses désordies, et pousse ses avantages. Il tire des troupes tout ce qu'il en peut tirer, il s'abandonne au péril cl il semble qu'il ait résolu de vaincre ou de ne pas survivre à sa défaite.

« La vertu de M. le Prince a moins de suite et de liaison que celle de M. de Turenne ; ce qui m'a fait dire il y a longtemps que l'un est plus propre à finir glorieusement des actions, l'autre à terminer utilement une guerre. Dans le cours d'une affaire, on parle plus avantageusement de ce que fait M. le Prince ; l'affaire finie, on jouit plus longtemps de ce que M. de Turenne a fait. » (Parallèle de M. le Prince et de M. de Turenne sur ce qui regarde la guerre.)

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