‹ Oraisons furèbres; publiées avec une introd., des notices, des notes et un index grammaticalChapitre 583 sur 615 · Cf. poui" un autre sens, p · texte numérisé non relu

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DU PRI>CE DE CON'DÉ. 531

fondes, et l'autre par de soudaines illuminations : celui-ci par conséquent plus vif, mais sans que son feu eût rien de précipité; celui-là d'un air plus froid, sans jamais rien avoir de lent, plus hardi k faire qu'à parler, résolu et déterminé au dedans, lors même qu'il paraissait embarrassé au dehors*. L'un, dès qu'il parut dans les armées, donne une haute idée de sa valeur, et fait attendre quelque chose d'extraordinaire, mais toutefois s'avance par ordre , et vient comme par degrés aux prodiges qui ont fini le cours de sa vie : l'autre, comme un homme inspiré, dès sa première bataille s'égale aux maîtres les plus consommés. L'un, par de vifs et continuels efforts, emporte l'admiration du genre humain, et fait taire l'envie : l'autre jette d'abord une si vive lumière, qu'elle n'osait l'attaquer. L'un enfin, par la profondeur de son génie et les incroyables ressources de son courage, s'élève au-dessus des plus grands périls, et sait même profiter de toutes les infidélités de la fortune : l'autre, et par l'avantage d'une si haute naissance, et par ces grandes pensées que le ciel envoie, et par une espèce d'instinct admirable dont les hommes ne connaissent pas le secret, semble né pour entraîner la fortune dans ses desseins, et forcer* les destinées. El afin que l'on vit toujours dans ces deux hommes de grands caractères, mais divers, l'un, emporté d'un coup soudain, meurt pour son pays, comme un Judas le Machabée ; l'armée le pleure comme son [)ère; et la cour et tout le peuple gémit 3; sa piété

1. Tuii'iuio, dit Lan^laile (Prt/7/ciiltirif s sur M. de Tiireiiiw, à la siiiti! (l(!s Mihnotrc.i sur le dite de Doidltou. I()'.t2i, a\ail « les yeux jriaiiiis et ploiiis de fou, mais couvinls (lo ^ros sourcils joints ensemble. La i'nniie de son visa;xe était assez rrj:iilii''re ; cependant, avec uti air riant, il avait quelque chose de Sombre.... » ,\u retour de sa brillaiilc ( ampagne d'Alsace, l'eliisson

ra|)i)orte que son air était encore « jiliis houleux que de coutume >>.

On dit aussi que sa parole était hésitante (note de Jacquinel. Omis, l'un., p. 501) et sou style même osl plutôt embarrassé. Voir sa Corri'spoudavcc avec Le Tr/licr et Louvois, jtar E. de Barihélemv, 1874.

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