Parmi. CL p. 298, n
5. Voici, d'après le Mercure qalant (liée. 1686), le récit de la dernière maladie et de la mort du jiriucc i\i\ Coudé : « Quclijuepeu de sauté qu'il eût dejmis (pielques mois, il uc put apprendre le danger où la jielite vérole avait mis Mme la duchesse de Bourbon sans se faire )iorter à Fontainebleau, et les accidents qui avaient l'ail craindre pour la vie de cette j(,'une princesse ayant cessé peu de jours après, il avait donné ses ordres pour partir le lejideniain, lorsqTie tout d'un coup il se sentit afFaibli d'une manière qui lui lit coimaître qu'il ne devait plus songer à la vie. il dit aussitôt qu'il voyait bien qu'il fallait nenser à un voyage pIusimporlant.il eutle soin d'(M'donnri' (ju'on réci)m|jens;U tous sesdoiiiesli(jues, et sa faiblesse con-
tinuant d'heure en heure à s'augmentei-, il envisagea la mort avec toute la résignation d'un véritable chrétien, et en même tenijis avec la fermeté d'un héros. Il mourut le mercredi onzième de ce mois, âgé de soixante-cincj ans, trois mois et trois jours. Son corps fut ouvert.
On lui trouva le poumon flétri nageant dans l'eau dont la |)oilrine était en partie rcniidie ; dans le basventre, l'estomac et le foie eu fort bon état, et la rate connntMiçant à se corrompre ; la vessie du iiel fort grande et fort pleine ; la vessie dans son état naturel ; dans la tète le plus beau cerveau du monde, soil dans sa couleur, soit dans la consistance, et le cœur fort sain, fort gros et d'une couleur naturelle. Il ne faut pas s'étonner si son cœur a toujours été grand, aussi bicji que son esprit, u
vivre. Quoi! atlendre à commencer une vie nouvelle, lorsque outre les mains de la mort, glacés sous ses froides mains, vous ne saurez si vous êtes avec les morts ou encore avec les vivants! Ah! prévenez par la pénitence celle heure de troubles el de ténèbres*. Par là, sans être étonné de cette dernière sentence qu'on lui prononça, le prince demeure un moment dans le silence; et tout à coup : a 0 mon Dieu! dit-il, vous le voulez, votre volonté soit faite : je me jette entre vos bras; donnez-moi la grâce de bien mourir ». Que désirez-vous davantage? Dans cette courte prière, vous voyez la soumission anx ordres de Dieu, l'abandon à sa providence, la confiance en sa grâce, et toute la l»iété. Dès lors aussi, tel qu'on l'avait vu dans tous ses combats, résolu, paisible, occupé sans inquiétude de ce qu'il fallait faire pour les soutenir, tel fut-il à ce dernier choc : et la mort ne lui parut pas plus affreuse 2, pâle et languissante, que lorsqu'elle se présente au milieu du feu sous l'éclat de la victoire qu'elle montre seule. Pendant que les sanglots éclataient de toutes parts, comme si un autre que lui en eût été le sujet, il continuait à donner ses ordres; et, s'il défendait les pleurs, ce n'était pas comme un objet ^ dont il fût troublé, mais comme un empêchement qui le retardait. A ce moment, il étend ses soins jusqu'aux moindres de ses domestiques*. Avec une libéralité digne de sa nais-