‹ Oraisons furèbres; publiées avec une introd., des notices, des notes et un index grammaticalChapitre 598 sur 615 · Cf. ].. 18. n · texte numérisé non relu

Cf. ].. 18. n

■i. Objet. Cf. p. 501, n. 3. Y). Dont. Cf. \>. U)o. note 5.

G.O/i dirait qu'il eût. 0'.y.ioS,ii.'k.

DU mUOE DE CONDE. 547

saints Pères, et que le sang de notre victime n'y coule pas encore aussi véritablement que sur le Calvaire. Loin de trembler devant les autels, on y méprise Jésus-Christ présent; et, dans un temps où tout un royaume se remue pour la conversion des hérétiques, on ne craint point d'en* autoriser les blasphèmes. Gens du monde, vous ne pensez pas à ces horribles profanations ; à la mort, vous y penserez avec confusion et saisissement. Le prince se ressouvint de toutes les fautes qu'il avait commises; et trop faible pour expliquer avec force ce qu'il en sentait, il emprunta la voix de son confesseur pour en demander pardon au monde, à ses domestiques et à ses amis. On lui répondit par des sanglots; ah! répondez-lui maintenant en profitant de cet exemple. Les autres devoirs de la religion furent accomplis avec la même piété et la même présence d'esprit. Avec quelle foi, et combien de fois pria-t-il le Sauveur des âmes, en baisant sa croix, que son sang répandu pour lui ne le fût pas inutilement! C'est ce qui justifie- le pécheur; c'est ce qui soutient le juste; c'est ce qui rassure le chrétien. Que dirai-je des saintes prières des agonisants, où^, dans les efforts que fait l'Eglise, on entend ses vœux les plus empressés, et comme les derniers cris par où* cette sainte mère achève de nous enfanter à la vie céleste? Il se les fit répéter trois fois, et il y trouva toujours de nouvelles consolations. En remerciant ses médecins : « Voilà, dit-il, maintenant mes vrais médecins »; il montrait les ecclésiastiques dont il écoutait les avis, dont il continuait les prières; les psaumes toujours à la bouche, la confiance toujours dans le cœur. S'il se plaignit, c'était seulement d'avoir si peu à soutïrir pour expier ses péchés; sensible jusqu'à la fin à la tendresse des siens, il ne s'y laissa jamais vaincre^; et, au con-

J. En. Di>s liéivli(iuo.s. Cf. p. 306. 1 3. Où. Cf. p. 301, n. 2. n. -2. 4. Par oii. Cf. p. 301. n.2.

2. Ce qui jualifu'. Cf. p. 8o, n. 8. | o. Cf. u. il, n. 1, et p. 171, ii. 1.

traire, il craignait toujours de trop donner à la nature*. Que dirai-je de ses derniers entreliens avec le duc d'Enghien? quelles couleurs assez vives pourraient vous représenter et la constance du père, et les extrêmes douleurs du fils? T)'abord le visage en pleurs, avec plus de sanglots que de paroles, tantôt la bouche collée sur ces mains victorieuses, et maintenant défaillantes, tantôt se jetant entre ces bras et dans ce sein paternel, il semble par tant d'elTorls vouloir retenir ce cher objet de ses respects et de ses tendresses. Les forces lui manquent; il tombe à ses pieds. Le prince, sans s'émouvoir, lui laisse reprendre ses esprits; puis, appelant la duchesse sa belle-fille, qu'il voyait aussi sans parole et presque sans vie, avec une tendresse qui n'eut rien de faible, il leur donne ses derniers ordres, où tout respirait la piété. Il les finit en les bénissant avec cette foi et avec ces vœux que Dieu exauce, et en bénissant avec eux, ainsi qu'un autre Jacob, chacun de leurs enfants en particulier; et on vit, de part et d'autre, tout ce qu'on affaiblit en le répétant. Je ne vous oublierai pas, ô prince! son cher neveu', et comme son second fils,

1. « Il dit adieu à tous les siens sans verser une lanne. et voyant leur extrême tristesse, il a dit : « En voilà assez pour la dernière lois :

laissez-moi songer à lautre monde. »

Ensuite il s'est entretenu avec son confesseur; mais quand la douleur est devenue plus violente, il a fait appeler le médecin et lui a demandé si cela durerait encore longtemps.

Celui-ci lui ayant dit qu'il ne passerait pas dis heures du soir, Monsieur le Prince a répondu résolument :

« Bon, voilà qui estbien ; jeu suis au moins bientôt quitte. » Curresp. de Madame, éd. Jaeglé, t. I, p. oo.

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