‹ Orateurs canadiens-français aux Etats-Unis [microforme]Chapitre 6 sur 29 · LA PERSONNALITE DE SIR WILFRID LAURIER · texte numérisé non relu

LA PERSONNALITE DE SIR WILFRID LAURIER

Impression remarquable qu'il a faite à Washington

Du“ Sun”, de New. York, en date du 25 Décembre 1898. Washington, 24 déc. 1898.

Si la saison des fêtes sociales à la capitale s'est ouverte trois semaines plus tôt qu'à l'ordinaire, c'est dd à la présence des membres de la Commission Anglo-Américaine, Parmi ces personnages, Sir Wilfrid, ie premier-ministre canadien, a fait une extraordinaire impression, non-seulement parmi les hommes politiques, mais dans notre société. Cette impression a toujours été croissante jusqu’au moment où la Commission a

C’est dans le but d’en venir à la réciprocité commerciale que Sir Wilfrid Laurier recherche une union pratique des intérêts du Canada et des Etats-Unis. Les mêmes idées et les mêmes principes qui l'ont porté à s'opposer au Canada au veto

s’il lui semblait jamais que ce serait 1 s’unir à une plus forte puissance. Il croit qu’on n’a jamais imaginé et que l’on ne pourra jamais trouver de meilleures institutions politiques que celles des Etats-Unis pour le gouvernement d’une vaste étendue de territoire avec des intérêts divers. La réserve par les Etats constituants de tant de traits du gouvernement autonome était le produit d’une condition plutôt que d’un plan originaire, et ce système, pense-t-il, fouctionne encore mieux que l’on ne pouvait : y attendre. C’est un chef polit: que libéral, et les doctrines qu'il a popularisées au Canada constituent une barrière à toute extension du pouvoir

Il a foi dans les relations commerciales et sociales plus intimes avec les Etats-Unis, et depuis deux ans, ses efforts les

plus énergiques ont été consaciés à la création de la cominission actuelle. 11 est sûr que le temps viendra où toute barrière artificielle entre les deux pays sera détruite, et que leurs in:£rêts industriels et commerciaux seront absolument unis à Jour mutuel avantage. Il a déclaré que durant la récente guerre, le sentiment Ge sympathie était très fort au Canada, et que les Français, aussi bien que les Angiais, sympathisaient avec ce pays-ci, suivant les mouvements de la guerre avec autant d’ar. deur que les Américains eux-mêmes, et se réjouissant presque autant que les Américains de leurs victoires. 11 dit que le plus ardent citoyen de la République Américaine se contenterait de l'admiration que chaque classe des Canadiens avait pour le motif qui a induit notre pays à intervenir en faveur de l'Ile de Cuba, et de la confiance que l’on avait dans Vhabileté des Etats-Unis pour l'administration des affaires de l'ile au profit du peuple et du genre humain.

I] ne lui a été donné que peu d’occisions de prendre la parole, mais en ces rares occasions, le premier-ministre canudien a soulevé l’enthousiasme à un degré remarquable, Aucun de ceux qui l'ont entendu n’est surpris qu’il soit l’objet de l'affection et de l’orgueil des Canadiens la provoqué l’étonnement qu'un homme aussi remarquable ait été si peu connu des hommes politiques des Etats-Unis. L’impression qu'il a faite ici a été si grande que son histoire est en demande.

On n’est pas peu surpris quand on apprend qne cet homme de haute stature et d’apparence un peu délicate, empreint d'un air de culture et de raffinement, est le fils d'un pauvre canadien-frangais inconnu. I] n’avait aucun des avantages que donnent l'influence de famille ou les richesses, mais il s’est frayé son chemin sans aucune aide par des voies très abruptes. Durant la plus grande partie de sa carriére, quand il fut d’un Age à prendre une part active dans la politique, le parti libéral auquel il s’attacha éta.: dans une désespérante minorité, et le fait de s’y associer était plutôt propre à entraver sa marche qu’à la favoriser.

Il est né, il y a 57 ans, dans la petite paroisse de St-Lin, dans le Bas-Canada. Son père était arpenteur, n’ayant aucun goût pour la politique, aucune relation pouvant servir à l'avancement de son fils. C'était un enfant frèle et souvent maladif que l’on désignait comme devant suivre la profession de son père.

Personne ne s’imaginerait, à l’aisance avec laquelle il parle l'anglais, que le chef actuel des Canadiens a passé les remières années de sa vie dans une demeure où l’on ne parfait que le français. Il a fait son éducation au Collège de l’Assomption, près de Montréal, où il entra à l’âge de 14 ans. À 24 ans, il était admis au Barreau de Montréal, et entrait en société avec l’un des jeunes libéraux les pius brillants du jour, Médéric Lanctôt, C’est là qu'il prit le goût +t les premières notions de la politique, bien qu'il ne prit alors aucune part

de son extraordinaire maîtrise de la langue anglaise qu’il parlait avec une pureté rare dans cette chambre. Ce fut une révélation pour son propre parti et son enthousiasme fut presque frénétique. Arrivant au pouvoir aprés tant d’années d’exclusion, il semblait incroyable pour le parti qu’il pat trouver chez lui un homme auquel aucun conservateur ne pouvait résister.

Quand s’éleva la question de chasser de la chambre le député Riel, la sympathie du jeune libéral pour cet homme fourvoyé qui était sincère dans son extravagance, porta Laurier à faire un appel en sa faveur, et de nouveau, il parla pour Riel, lorsque celui-ci fut condamné à mort, S'il eût été au pouvoir de l'être humain de sauver le rebelle, l’appel exces-

sivement chaleureux de Laurier eut fait ce rodige. On dit que jamais ses auditeurs n’avaient été remués comme ils le furent À ce discours si pathétique. A partir de ce moment, il marcha de triomphes en triomphes, non seulement comme orateur, mais aussi comme chef de parti. Et lorsque vint le moment de choisir un successeur à Blake, Laurier passa tout naturellement à la direction supréme du parti libéral, Alors commença pour ce parti toute une vie nouvelle. Qu'il en ait élevé les principes à un niveau qu’ils n'avaient jamais atteint auparavant, cela ne fait pas de doute. Une longue série de défaites, de luttes acharnées, quand le dévouement paraissait inutile, quand il ne restait rien autre chose que le mérite de l'effort pour récompenser le lutteur, avait préparé Laurier à l’œuvre du chef heureux, de même que son éloquence naturelle l'avait préparé aux discussions publiques. Son associé Lanctôt avait prédit un jour que Laurier ne mourrait pas, comme ses amis le craignaient, mais qu’il vivrait pour être premier-ministre du Canada. Cette prédiction s’est réulisée en

La visite de Laurier en Angleterre fut un évènement qui restera dans l’histoire du Canada. Que des établissements fran- Sais au fond de l'Amérique pat sortir un homme d’unc telle force de caractère, aux manières si policées, si bien préparé à briller dans la plus haute société, c'était chose presque incroyable. Les libéraux ont pris le plus grand honneur à lui faire honneur.

On a remarqué qu’il est un des rares hommes politiques du Canada qui n’ait pas prêté à la calomnie. Il n’est pas moins admiré et pas moins respecté par les anglais que par les français. Son association avec les deux races lui permet de se garer des erreurs qu’il est si facile aux hommes politiques anglais ou français de commettre au Canada. Sa droiture personnelle, sa grande sincérité, de même que son tact, lui ont permis de faire des choses qu’un autre de sa classe n’aurait pu faire avec impunité—comme par exemple, lorsqu'il lutta pour la restitution des biens des Jésuites. Il a parlé ouvertement sur la question scolaire au Nouveau-Brunswick et au Manitoba, et toujours, il a été écouté avec respect. Il s’est énergiquement opposé à tout effort tendant à l'absorption de l’élément français. Il favorise l’union des intérêts, mais il veut maintenir l'existence de la race. Il passe pour être entièrement

dévoué au développement du Canada, et il a fait sous ce ra port plus qu’aucun autre homme, en élévant le ton de la poll tique libérale et en rendant im ible la répétition des nombreux scandales d'autrefois, Tel est son but reconnu dans chaque entreprise, et c'est la confiance populaire en sa sincérité et en son habileté qui’ a permis de rendre cette commission possible. Aucun u..re 1omme n'aurait pu inspirer aux représentants canadiens le même esprit de libéralité, Les amérieains qui l'ont rencontré À seat s'expliquer l'ascendant qu'il exerce sur le peuple canadien, C'est un patriote idéal et un grand homme.

Telle est la substance d’un entretien avec un officiel du département du Trésor, réflétant les sentiments de tous ceux qui ont eu occasion de connaître le caractère de l’homme aujourd’hui virtuellement le chef du Canada, et qui a tant fait Pour promouvoir un sentiment d'amitié envers ce pays-ci, chez

me pour l’avenir de ce pays et sympathisent avec lui dans les efforts qu’il fait pour er. prc x uvoir Is grandeur.

DISCOURS oc

L'HONORABLE FRS. LANGELIER EX-MINISTRE DE LA PROVINCE DE Quésec ET DépurTÉ px QUÉBEC-CENTRE A LA CHAMBRE DES COMMUNES DU CANADA.

En réponse au toast “ Au Canada ”, au banquet Laurier, à Boston, le 17 Novembre 1891.

MONSIEUR LE PRESIDENT, MESSIEURS

Je regrette infiniment que des circonstances incontrolables aient empêché l'Hon. M. Mercier d’être ici ce soir. Vous savez que c'est lui qui devait répondre à la santé qu'on vient de proposer, et ce n’est qu'aujourd'hui même qu'on m'a prié de le remplacer. Je regrette beaucoup son absence, et tous ceux d'entre vous qui le connaissent la regretteront encore davantage, car ils savent que cela les prive du plaisir d'entendre un de ces magnifiques discours qu’il sait toujours prononcer dans des circonstances comme celle-ci. Je suis convaincu que ce serait un grand plaisir pour lui, comme c'en est un pour tous ceux qui sont venus comme moi du Canada, d'assister à la magnifique démonstration de ce soir.

Je n’entends pas vous retenir bien longtemps, d’abord parce que l’heure est très avancée, et ensuite parce qu’il ne reste pas grand chose à dire après Véloquent discours que vous venez d’entendre de notre chef, l'honorable W. Laurier. Messieurs, j’ai l'honneur de siéger près de Jui à la Chambre des Communes du Canada. Bien des fois il a eu l'occasion de parler sur les grandes questi + qui appellent

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Note : L'Honorable Frs. Langelier est maintenant juge-en-chef suppléant de la Cour Supérieure, à Québec.

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Vattention du Canada, et, à chacun de ses discours, on se dit toujours, c’est Je meilleur qu’il ait encore prononcé. S’il y en a parmi vous qui croyaient que nous exagérions, lorsque nous appelions M. Laurier le premier orateur du Canada, ils doivent admettre maintenant que nous ne faisions que proclamer une vérité incontestable.

Messieurs, le magnifique banquet de ce soir me rappelle un souvenir personnel, dont je me permettrai de vous faire part. Il y a vingt-un ans, je venais passer une quinzaine de jours dans les principaux centres de la Nouvelle-Angleterre. A mon retour au Canada, je donnai, à l’Institut Canadien de Québec, une conférence sur les Canadiensfrançais des Etats-Unis. M. Tardivel, le secrétaire de ce banquet, me disait tantôt qu'en fouillant dans les papiers du regretté Ferdinand Gagnon, dont il rédige aujourd'hui le journal, il avait trouvé ma conférence, avec un article de la Minerve de Montréal qui en faisait l'appréciation. Dans cette conférence, je disais qu'avant bien des années les Canadiens-français, arrivés ici, Presque tous, simples ouvriers, occuperaient des positions importantes dans le commerce, l’industrie et les professions libérales, On se moqua de moi dans le temps à cause de cette prédiction. Et pourtant ce que nous Voyons ce soir montre que si je me trompais alors, ce n'est Pas en ce que je prédisais À nos compatriotes des Etats-Unis un avenir trop brillant, mais en ce que les destinées que je leur prédisais étaient au-dessous de celles auxquelles ils se sont élevés par leurs talents et leur belle conduite.

Que voyons-nous aujourd'hui, vingt-et-un ans après la conférence que je faisais à l’Institut Canadien de Québec ? Non seulement, comme je l'avais prédit, les Canadiensfrançais se sont distingués dans le commerce, dans l’industrie et dans les professions libérales, mais ils sont devenus un élément très important, un puissant facteur dans la politique de la : ouvelle-Angleterre, Si j'avais osé

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prédire 2/ors que vingt-et-un ans plus tard, nous verrions à Bostor, cette ville qu’on a à bon droit appelée l’Athènes d'A mér, jue, nos compatriotes donner un grand banquet en l’honneur d’un des chefs politiques du Canada, et que nous verrions à ce banquet des Américains occupant les positions les plus élevées dans leur pays, le maire de la ville, le président de la chambre de commerce, des membres du congrès, le gouverneur nouvellement élu et populaire du grand et riche Etat du Massachusetts, c’est pour le coup que la Minerve se serait moquée de moi encore bien plus qu’elle ne le fit alors. Voilà pourtant ce que j'aurais dû dire, et ce que nous voyons aujourd'hui.

M. Langelier félicite ensuite les Canadiens-français des Etats-Unis de leur bonne conduite, qui leur vaut tant d’honneur; il rappelle la grande convention de Nashua de 1888, puis il continue en ces termes: Messieurs vous faites honneur à votre pays et à votre race, et nous sommes fiers de vous au Canada.

Le Canada s'occupe en ce moment beaucoup des Etats- Unis, et ceux-ci s'occupent beaucoup du Canada. L’honorable Laurier a consacré la plus grande partie de son discours à traiter des relations commerciales entre les deux pays. Cette question de nos rapports commerciaux est aujourd’hui la principale qui occupe l’attention des hommes politiques, et celle qui divise l'opinion publique au Canada. Notre parti veut une liberté commerciale aussi compléte que possible avec le peuple américain. Le parti opposé n'ose plus s’occuper d’une manière absolue de l’extension de nos relations commerciales avec nos voisins. L'hiver dernier, vous le savez, nous avons eu des élections générales dans toute la Puissance du Canada. Sir John A. Macdonald avait dissout le parlement du Canada avant l'expiration de son terme naturel, afin, disait-il, de considérer le sentiment public sur cette question. On peut discuter sur certains points du résultat de ces élections, mais il y en a un sur le-

quel toute discussion est impossible parce que le peuple s’est prononcé d’une manière trop claire et trop énergique Pour qu’il y ait le moindre doute sur Ie sens de son verdict, et ce point c’est l’absolue nécessité d'étendre nos relations Commerciales avec les Etats-Unis. Pas un candidat n’aurait eu la moindre chance d'être élu sil s'était déclaré

nière qui nous sépare de nos puissants voisins, et j’ai été très heureux d'apprendre tantôt, de la bouche de M. le Bouverneur Russel}, que dans cet Etat du Massachusetts les deux partis sont d'accord sur la nécessité d'étendre deg relations commerciales du Canada et des Etats-Unis.

Notre parti est d'avis que l’état de choses actuel ne peut pas plus longtemps se maintenir, Vous en êtes, messieurs, la preuve vivante et éclatante. I] ÿY a aujourd’hui environ un million de Canadiens-français aux Etats-Unis, et près d’un demi million, me dit-on, de Canadiens de Jan-

On nous parle Souvent d’annexion, lorsque nous parlons d’avoir avec les Etats-Unis la liberté absolue du commerce, Mais si l’état de choses actuel se continue encore quelques

que celle du territoire du Canada : ce sera l’annexion de ses habitants,

Cet état de choses ne peut durer plus longtemps. Il est inutil- de lutter contre la nature; Dieu est plus fort que les hommes, I] n'a mis aucune barrière naturelle pour nous séparer de nos voisins ; c’est en vain que nous essayons d'y suppléer par des barrières artificielles. On peut, avec ces barrières, gêner plus ou moins le commerce entre les deux pays, mais on ne peut pas en mettre d’assez hautes pour empécher les hommes de les franchir, et si nous avons pu réussir à empêcher nos marchandises d’entrer aux Etats-

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Unis et les marchandises des Américains d'entrer chez nous, nous n’avons pas pu empêcher un million et demi de nos concitoyens de passer la frontière.

Que voyons-nous à l’heure qu’il est ? Malgré toutes les restrictions auxquelles est assujetti le commerce avec nos voisins, ce commerce est presqu’aussi élevé que celui que nous faisons avec l’Angleterre, qui, el'- n’oppose aucune barrière à l'admission de nos produits. 2 commerce, pour la dernière année, s'est élevé à environ cent millions de piastres.

Il est si naturel pour nous d’avoir des relations commerciales étendues avec les Etats-Unis, et les barrières entre nous Sont si peu dans la nature des choses, que nous avons dépensé des millions pour en faire disparaître quelques-unes que la nature avait mises entre nous. Nous avons construit un tunnel et six poats dans ce but, et comme si ce n’était pas encore assez, il y avait devant le Parlement, à l’avant-dernière session, trois ou quatre projets de loi pour autoriser la construction d’autres ponts entre le Canada et les Etats-Unis. Pour empêcher le St- Laurent de se couvrir, pour ainsi dire, de ponts, le comité des chemins de fer de la Chambre des Communes a été obligé d'adopter une décision à l'effet qu'aucune nouvelle charte ne serait accordée pour construire des ponts sur le St-Laurent de Montréal à Kingston. On craignait qu’il s’en construisit un si grand nombre que la navigation pourrait en être obstruée.

Or, messieurs, est-il possible d’imaginer quelque chose de plus absurde que de dépenser des millions pour faire disparaître certaines barrières naturelles qui font obstacle à nos relations avec nos voisins, et d'élever entre eux et nous des barrières artificielles ?

Mais on nous dit : Si vous avez la liberté du commerce avec les Etats-Unis, cela amènera l'annexion. Je crois, pour ma part, que ce serait le meilleur moyen de Vempé-

accepterait de gaité de cœur un si grand changement politique, contre lequel il y a, dans une grande partie de la Population du Canada, de si grandes objections de Sentiment, objections que je suis bien loin de dédaigner.

Messieurs, je ne me laisserai jamais arréter par une semblable crainte, Si nous nous trouvons si bien de nos rapports avec les Etats-Unis, que nos enfants veuillent les rendre plus intimes, quel droit aVOns-nous de les empêcher? Mes paroles Peuvent scandaliser quelques-uns de nos ultraloyaux qui voudraient faire croire qu'on ne peut être loyal à son pays qu'en insultant et menaçant les pays Voisins. Mais on connaît la valeur de la loyauté de ces gens. Il n’y en a pas un qui ne fat prét, si cela lui faisait gagner un penny de plus, a commercer avec un Américain, plutôt qu'avec un Anglais, et même à passer la frontière si cela faisait son affaire.

Permettez-moi, en terminant, de vous faire une demande: Vous êtes tous en faveur de la réciprocité illimitée entre le Canada et les Etats-Unis ; Vos applaudissements de

Se

DISCOURS DE

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