XVI II" Siècle
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tort, au moins momentanément, non en ses idées sur Bonaparte, mais en son refus de négocier : cette paix qu'il avait repoussée quand elle lui était offerte, la bataille de Marengo d'une part et la disette de l'autre vinrent l'imposer à l'Angleterre; il se retira. Mais ce qui prouve combien, même dans sa retraite, le ministre vaincu était accompagné par le sentiment national, et combien la politique de l'opposition y répondait peu, c'est que le traité d'Amiens fut signé, non par un ministère Fox, comme la pure logique l'eût voulu, mais par le Cabinet Addington, composé d'hommes de second rang, de sousordres de Pitt, qu'il laissa là, disait-on, « comme son chapeau ».
ft Jamais, dit M. de Rémusat, on n'eût consenti, par l'abandon du passé, à donner raison à cette opposition bruyante, offensante, qui, d'ailleurs, avec une vue plus juste des choses plaises dans leur généralité (nous ne sommes point de cet avis et nous dirons pourquoi), s'était sans cesse trompée dans le détail et compromise par une impuissante agitation. L'Angleterre, après tout, n'avait rien perdu à la guerre ; seule peutêtre en Europe, après la France, elle en sortait plus grande. »
M. Villemain et M. de Rémusat diffèrent d'avis
sur les motifs de sa démission. Suivant le premier, Pitt ne voulait pas attacher son nom à une paix qu'il regardait comme provisoirement iné» vitable, mais absolument précaire; il redoutait une invasion, et entendait se réserver pour les luttes prochaines. Suivant le second, si « les événements postérieurs ont tourné de manière à autoriser cette conjecture,... le vrai Pitt n'avait point ces proportions odieuses et gigantesques; il n'était pas le promoteur forcené de la guerre à tout prix... Sa conduite en 1801 s'explique par des raisons plus modestes et plus honorables » : il venait d'accomplir la réunion de l'Irlande à la Grande-Bretagne *, et il pensait avec raison que l'émancipation des catholiques était la conséquence directe de cette mesure et la condition du succès; l'intolérance du roi y mit obstacle et provoqua la démission du ministre *.
Que cette question des catholiques ait été en cfTet l'occasion de sa retraite, cela est certain;
1. Bonaparte avait essayé, à diverses reprises, de soulever l'Irlande contre PAngleterre.
2. I G plus, Pitt demandait au roi de ne pas considérer roceiipation du Hanovre par la Prusse comme un acte d'hostililé, et de ménager cette puissance afin de se conserver une ri'lation au moins sur le continent : le sacrifice était trop grand pour un prince de la maison de Hanovre.
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qu'il se fût chargé de négocier lui-même la paix S nous le croyons volontiers ; mais qu'il ne prévît pas la reprise des hostilités, et que, la prévoyant, il ne nourrît pas l'espoir d'une revanche, cela, est difficile à admettre quand on connaît l'homme et qu'on a lu ses discours.
En tous cas, si on peut le blâmer de n'avoir pas accepté les offres pacifiques de Bonaparte au début du Consulat, il faut reconnaître qu'en 1804, au moment où le futur empereur avait entrepris ses armements maritimes et où le camp de Boulogne menaçait les côtes britanniques, il n'y eut encore une fois pas d'autre voie possible pour l'Angleterre, et pour Pitt remontant au pouvoir, que la politique de guerre et de coalition. Ainsi, la justesse de ses vues était démontrée par les actes téméraires du conquérant, et Fox luimême, tout en continuant de souhaiter la paix, n'opposa qu'une résistance bien affaiblie à cette grjerre de défense, dirigée non plus contre un peuple libre, contre une Révolution dont il aimait les principes, mais contre l'insatiable ambition d'un despote pour lequel ses craintes natriotiques et ses idées libérales devaient lui inspirer une égale aversion. En formant la dernière coalition avec la Russie et l'Autriche, Pitt