‹ Orateurs et hommes d'étatChapitre 46 sur 46 · Voir les discours du marquis de Hartington · texte numérisé non relu

Voir les discours du marquis de Hartington

2. Toutes ces critiques, toutes ces prévisions n'étaient que trop fondées : M. Gladstone suivit en Orient et dans la Méditerranée la ligne de conduite tracée par lord Beaconsfîeld (nous en savons quelque chose en ce qui regarde TÉgyptel) Il fut obligé, par une singulière ironie de la fortune, de pratiquer sur tous les points du globe une politique absolument contraire à ses engagements, à ses opinions, à ses goûts (un peu comme Pitt) ; et, il faut bien le dire, il ne se montra pas toujours à la hauteur d'une tâche à laquelle il n'était pas préparé, et à laquelle répugnaient ses inclinations et sa nature d'esprit, il mit l'Angleterre à deux doigts de la guerre avec la Russie (avril 1885), et dut reculer en Afghanistan, comme au Soudan, comme au Transvaal. Voilà ce que produisent au pouvoir, et dans la pratique des choses, même entre les mains des hommes les plus expérimentés, les théories de l'École de Manchester ! ~ Il faut dire aussi, d'autre part, que, si M. Gladstone a pris la suite de lord Beaconslield, lord Salisbury, à son tour, a pris la suite de M. Gladstone; il s'en explique, du reste, avec une désinvolture piquante, au banquet de Mansion-House, le i 9 juillet 1885 : « Il serait aussi injuste, dit-il, déjuger l'opposition d'après ses paroles, que de ne pas juger le gouvernement

Mais, d'autre part, il est incoriteslable q par les grandes mesures qu'il a provoquées accomplies à l'inlérieur du royaume dans l'or politique, économique et financier, par le i qu'il a joué dans la question de l'Église d lande, par cette réforme électorale de 18137 d il a été le principal auteur, par celle h laqui il travaille aujourd'hui encore et qu'il réalis si Dieu lui prête vie, M. Gladstone passera h postérité comme un homme d'État clairvoy et avisé. Il ne restera pas seulement dev l'histoire l'un des plus grands écrivains et o teurs et le premier financier de son sièi auquel tous ses contemporains et ses rivj eux-mêmes, les Macaulay, les Bunsen, les Mannîi les Cornewal Lewis, les Lytton, les Disraeli < rendu un hommage désintéressé, et dont ses j vcrsaires peuvent dire ce que -Roijert Peel dit autrefois de lord Palmerston : « Nous le comt tons, niais nous sommes fiers de lui ; s la pci

d'après ses actes.' — Colle solidarité, qui unil entre eml ies Cabinets britanniques, aussi bien dans les entreprise! dehors que dana les affaires inlérieui-es, est la force et VI neur de nos voisins. Là aussi, nous ferions bien de prêt modèle sur eux. Je ne reproche pas à M. Gladstone d'à continué lu pouvoir la politique de ses adversaires ; Je reproche de l'avoir si violemment combattue d'abord, p l'appliquer ensuite moins bien.

rite reconnaîtra que, s'il s'est montré moins éminent dans la direction des affaires du dehors, il a été un des serviteurs les plus éclairés de la liberté et du progrès dans la patrie. Si rAngleterre fait l'économie d'une révolution radicale, elle le devra aux réformes successives et graduées auxquelles il a eu l'honneur d'attacher son nom.

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