‹ Orateurs et tribuns, 1789-1794Chapitre 16 sur 57 · JEAN · texte numérisé non relu

JEAN

Monsieur veut-il ses bottes? Il fait mouillé.

-Non, elles sont toutes neuves ; je veux mes gros souliers ci clous de fer. Un peu de boue ne gâte rien. Ceci est une affaire d'importance. Me voilà bien. Qui diable, en me voyant ainsi équipé, peut penser à la liste civile?

D'André se plaignait du rôle ingrat qu'on le forçait de jouer; pour ses amis et lui les plus grandes difficultés venaient de la cour. Le roi, disait-il à Dumont, écoute un grand nombre de conseils et il les amalgame t II les gâtant tous. Il y a une multitude de petites intrigues et aucun véritable concert. Les sottises accumulées rendent la cour suspecte et donnent un air de contre-révolution à tous ceux qui travaillent sincèrement au maintien de la monarchie constitutionnelle. Le plus grand de leurs dégoûts était de se trouver associés malgré eux à des hommes qui auraient voulu les faire pendre pour rétablir le despotisme.

Vers la fin de 1791, il s'associa à une maison de commerce et ouvrit un magasin d'épicerie à Paris, croyant flatter le peuple, tout en faisant fortune. Il devint le point de mire des caricatures et des pamphlets ; on le représenta coiffé d'un pain de sucre, puis on le traita daccapareur, on mit sa maison au pillage, et il dut passer en Angleterre. Il fut chargé desaffaires de Monsieur

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pendant l'émigration ; directeur général de la police, intendant de la maison du roi, directeur des domaines de la Couronne sous la Restauration, la nature de ses facultés le destinait, non aux premiers rôles, mais aux grands emplois intermédiaires, à ceux qui exigent la finesse, la dextérité plus que des talents exceptionnels.

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