‹ Orchestres; poésiesChapitre 32 sur 50 · ALLÉGRESSE · texte numérisé non relu

ALLÉGRESSE

Las de l'immense ville où l'on brûle sa vie,

Combes, vallons, ravins de mon pays, j'envie

La paix que vous versiez à mon cœur d'étranger,

J'arrive... le matin éveille le verger.

Tout mon cœur s'ouvre.... Alléluia! C'est une fête.

Dans l'azur, en tremblant, monte un vol d'alouette.

Alléluia dans l'infini I Chaleurs, douceurs....

Je ne sais plus.... Toutes les femmes sont mes sœurs.

Je veux boire du vin dans toutes les auberges.

Je ne me souviens plus d'avoir souffert, et, vierges,

Mes yeux s'ouvrent sur la beauté du matin pur,

Je ne marcherai plus qu'en regardant l'azur.

Rien n'existe que l'air divin des hautes cimes.

Un arbre fraternel me tend ses bras sublimes.

Alléluia! Par des rayons je suis béni.

Et mon front délivré baigne dans l'infini.

Dans l'éther lumineux où passe l'hirondelle, Si mes deux pieds sont sur la terre maternelle» Mon cœur est affranchi... l'eau de la nuit mouilla L'herbe de ce jardin en fleurs.,.. Alléluia !

Je rêve bien souvent de n'être qu'un vieux prêtre

Pauvre et saint. Je suis seul au coin de ma fenêtre

Où la glycine met un végétal rideau.

C'est l'automne, le soir sent les pommes et l'eau,

Je regarde mon lit drapé de vieille serge,

Et l'humble presbytère est pour moi cette auberge

Qu'on sait devoir quitter bientôt... et je n'ai rien

Qu'une Bible, un Virgile, un bâton et mon chien.

Je suis seul, sans regrets, sans désir, sans envie.

Sans souvenirs amers, et j'ignore la vie.

Et je romps mon pain gris et je bénis mon Dieu,

Dans le soir ou chaque aile est un rapide adieu....

LY

Ce matin plein de coqs et de pluie estivale,

Dans une intérieure et pure aube morale,

J'avais cru discerner enfin la vérité.

Ce fut comme un parfum dans un grand vent d'été,

Ce ne fut 'qu'un parfum, hélas, dans un vent chaste!

Qu'est-ce donc qui me fit soudain l'âme si vaste

Que la règle sévère y trouvait place enfin?

Je ne me souviens plus de cet instant divin.

Qu'était-ce? Ai-je pensé que la loi de la vie

Était de respecter le jour qui nous convie,

D'être pieux devant chaque matin levant?

Je ne sais plus. Ce fut un parfum dans le vent.

Et je suis retombé dans l'erreur sombre, comme

Sur le seuil de sa porte, un soir d'orage, un homme

Qui vit dans un éclair flamboyer l'horizon.

Et qui demeure, noir, au seuil de sa maison !

Sous ce printemps brouillé se cache un été d'or.

A l'horizon, des crêpes d'eau flottent encor,

Aux rameaux noirs, le vent des aubes pluvieuses

Aide à se déployer les feuilles paresseuses.

Tout encore est désert, hérissé, dépouillé,

Mais déjà tout l'été radieux se devine,

Avec sa force ardente et sa fièvre divine.

Ainsi qu'un grand corps chaud sous un linge mouillé.

à V. von W..

Sourde incantation et plainte inconsolée, Qu'est-ce qui vous a fait cette voix désolée? Moi qui ne quitte pas ma tranquille maison, J'ai vu dans vos grands yeux un étrange horiz(Mi... Je les imaginais à travers vos paupières, Pareils à des joyaux et durs comme ces pierres Persanes qu'un Sultan d'Ispahan vous donna. Quels regrets avez-vous ? Qui donc vous détrôna ? Dans le cruel éclat de vos joailleries. Sous le faix somptueux de vos pelleteries Archiducales : zibelines, renards bleus.

Vous semblez revenir d'un gala fastueux, Ayant laissé vos grands cavaliers blancs d'escorte Sous la lune d'hiver, sabres nus, à ma porte 1

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