‹ Ordonnance épiscopale tenant lieu d'ordonnance synodale [microforme]Chapitre 10 sur 78 · DU BAPTÊME · texte numérisé non relu

DU BAPTÊME

1. Les jours où l’on doit faire solennellement l’eau baptismale sont, dit le Rituel, le Samedi-Saint ou le Samedi de la Pentecôte. Un décret de la S. Cong. des Rites, du 23 Sept. 1837 règle que si l’on n’a pu se procurer des Saïntes Huiles de l’année pour le Samedi-Saint, on y devra faire de l’eau baptismale, en se servant, pour l’infusion, des Huiles de l’année précédente ; et que, dans ce cas, on doit faire les baptêmes avec cette eau baptismale jusqu’au Samedi de la Pentecôte qu’il faudra en faire d’autre, avec les nouvelles huiles. Mais aussitôt que l’on a recu les huiles de l’année, on doit cesser de faire usage de celles de l’année précédente.

2. On peut user de la formule abrégée, insérée dans l” Appendice au Rituel, pour faire de l’eau baptismale, hors le Samedi Saint et le Samedi de la Pentecôte.

3. Le Rituel suppose qu’il y a, dans chaque Eglise, doubles ampoules: Chrisma et oleum sacrum sint in suis vasculis argenteis, aut saltem stanneis bene obluratis.... Ad usum vero quotidianum minora habeantur.

4, Aux termes du Rituel, le Baptistère doit être dans l’église, ou près de l’église. Ce lieu doit être aussi orné que possible ; car, après l’autel, il n’en est pas d’aussi sacré dans la religion, et il ie sera, si l’on suit tout ce que prescrit là-dessus le Rituel. L’on ne doit pas négliger d’y pratiquer une piscine, qui se trouve également recommandée dans le Pontifical et autres livres liturgiques; et l’on en comprend aisément la raison.

5. On rebaptise, sous condition, les enfants ondoyés in periculo mortis, parce que tout fait croire qu’il reste toujours

un doute probable sur la validité de ce baptême, quand il est administré par des Laïques, dans un moment critique, tel qu’est toujours celui d’un danger de mori.

6. Toutefois, l’on examine soigneusement comment a été ondoyé chaque enfant, tant pour se conformer à cette règle du Rituel: Re diligenter pervesligata, que pour avoir occasion d’avertir les sage-femmes et autres des erreurs commises dans leur ondoiement, afin de prévenir plus sûrement la perte éternelle des enfants, qui meurent après avoir été ainsi ondoyés. A ce sujet, chaque curé doit faire grande attention à cette autre Règle du Rituel: Curare debet Parochus ut fideles, præsertim obstetrices, rectum baplizandi riltum probe teneant et servent.

7. Comme aujourd’hui le baptême, donné dans les sectes protestantes, est toujours pour le moins douteux, on rebaptisera toujours, sous condition, ceux qui reviendront à léglise.

8. On devra suppléer les cérémonies du baptême, quand on sera certain que lenfant aura été ondoyé validement ; s’il l’a été, par exemple, par un Prêtre, ou quelque ecclésiastique déjà préparé à ce ministère.

9. Le baptème des adultes se donnera aux personnes parvenues à l’âge de raison, soit publiquement, quand on verra qu’il en devra résulter quelque édification, soit secrètement, quand on aura quelque inconvénient à craindre.

10. Pour ce qui est des personnes, qui se présentent pour être parrains et marraines, l’on s’en tiendra au Rituel qui, bien entendu, laisse au Curé beaucoup de latitude, puisqu’il lui est recommandé de ne pas recevoir comme tels...,.... publice criminosos, aut infames ; ce qui met assez à l’aise, quand il est question de certaines gens, qui sans être diffamées, mènent cependant une vie peu chrétienne.

11. Les Baptèmes d’Adultes se feront à la Cathédrale, à moins que l'Evèque ne juge à propos de les faire faire ailleurs.

12. Pour se conformer autant que possible à cette règle du Rituel: Foris expectant qui infantem detulerunt, les

exorcismes se feront à la porte de l’église, ou de la sacristie, où se trouveront ies Fonts Baptismaux.

13. Les noms donnés au baptême seront toujours ceux des Saints du Martyrologe Romain ; et l’on suivra exactement cette règle du Rituel: Ne....impiorum.. . hominum nomina imponantur, sed potius....sanclorum quorum exemplis Fideles ad pie vivendum excitentur, et patrociniis protegantur.

Par. dévotion pour le Saint Patron de la Paroisse, son Nom devrait être porté par au moins une des personnes de chacune des familles qui la composent.

On ferait bientôt perdre l’envie de donner, au baptème, des noms inconnus, en recommandant la pieuse pratique de communier à la fète de son Saint Patron ; et pour mieux faire connaître ces puissants protecteurs des âmes confites à nos soins, il serait bon d’encourager chaque famille à avoir son Calendrier, et une vie de Saints pour chaque jour de Pannée.

14. Les questions à faire au baptême, se font toujours en latin/ mais on pourrait les répéter en français; ce qui pour- $ tant n’est pas nécessaire ; car les Parrains et les Marraines < savent assez ce qu’ils demandent, et ce qu’ils promettent pour les enfans qu’ils tiennent sur les Fonts. Prius: rien n’empêche de leur dire un mot là-dessus, avant de com-? mencer le baptême.) ?

15. Le Rituel suppose que l’on doit ondoyer avec de Peau baptismale, puisqu’il établit cette exception: St non habeatur aqua baptismalis, et periculum impendut, sacerdos uilatur aqua simplici.

Page 1