AVANT-PROPOS
« On ne pourrait me montrer, disait Napoléon au conseil d'État, une république ancienne ou moderne, dans laquelle il n’y ait pas eu de distinctions. » En effet, de tout temps, comme le prouve l’histoire de presque tous les peuples, des marques d'honneur, de justes récompenses, des insignes ou des emblèmes, quelle qu’en fût d'ailleurs la simplicité ou la modestie, ont été décernés avec raison aux hommes qui avaient bien mérité de leur patrie : c'était d’ailleurs une noble et digne source d'émulation pour le mérite, pour la valeur et pour la vertu, qui sont les principaux fondements de la véritable noblesse, de la vraie grandeur.
Aux palmes civiques, aux couronnes, aux statues, aux monuments de la Grèce et de Rome, ont succédé, sans toutefois exclure ces distinctions honorifiques , les différents ordres de chevalerie, soit militaires, soit religieux, des diverses contrées de la terre.
Une longue paix, une civilisation de plus en plus avancée, les progrès des arts, des lettres et des sciences, ceux même de l’industrie, ont enfin provoqué la création d’une classe nouvelle, celle des ordres civils.
Cependant la plus grande partie des ordres anciens subsiste encore et quoiqu'un assez grand nombre aient subi d'importantes modifications , plusieurs, toutefois, sont restés à peu près dans l’état où ils ont paru, à l'époque de leur fondation.
Aux siècles de barbarie et de superstition, où le pouvoir échut à un certain nombre de familles guerrières, on vit naturellement les distinctons se concentrer dans les nobles castes de la chevalerie et grandir avec elles. Comme de généreuses impulsions la dirigeaient, tout en exaltant la passion des armes, il en résulta une sorte d'adoucissement des mœurs et plus de.magnanimité dans les combats. C’est du mélange de ces sen-