ORDRE DE GUILLAUME
Dans les premières années de son pouvoir sur les Provinces-Unies, le prince d'Orange fit voter par les chambres hollandaises une loi qui instis tuait un ordre militaire (50 avril 1815), et qui, malgré le défaut de publication, fut aussi considérée comme applicable aux provinces méris dionales.
Cet ordre, intitulé ordre militaire de Guillaume, était destiné à ré compenser dans l'armée et la marine, sans distinction de rang, les actes d'un courage et d’une fidélité plus qu'ordinaires et dont on pouvaitse dispenser sans manquer au devoir. Dans des cas particuliers, il peut être conféré à des étrangers.
La grande maitrise est attachée à la couronne des Pays-Bas, avec le droit de nomination.
L'ordre est divisé en chevaliers grands-croix, — chevaliers commans deurs,— chevaliers de troisième classe, — chevaliers de quatrième classe:
La décoration consiste en une croix émaillée de blanc, à huit pointes; boutonnée d’or. Sur les croisillons, les mots : Voor moet, beleid, trouw (pour le courage, le zèle et la fidélité); entre les croisillons, la croix de Bouts gogne, émaillée de vert; au centre un briquet d'or", rer placé au revers
"On lit au sujet de ces emblèmes dans l'Histoire de l’ordre de la Toison d'Or, par le baron de Reiffenberg (Bruxelles, 1830 ), les lignes suivantes :
« Tout éloigné que nous sommes de vouloir nous engager dans une question diplomatique » Nous ne pouvons néanmoins nous dispenser de dire que tout ce qui a été avancé pour établir » que l’ordre de la Toison d’Or est une dépendance de la souveraineté des Pays-Bas, semblait » autoriser le monarque, sous lequel nous avons le bonheur de vivre, à se déclarer le chef de » cet ordre fameux. Ilne l’a pas fait, et sans doute il en a été empêché par des considérations
Pays-Bas, planche 1.
par un médaillon bleu, orné d'un W entouré d’une couronne de laurier : le tout surmonté d’une couronne royale. Elle est suspendue au ruban orange à deux étroites bordures bleu de Nassau.
Les marques distinctives sont : |
Pour les grands-croix, une étoile d'argent brodée sur le côté gauche de Phabit (pl. LIT, n°1), et le bijou n° 5 suspendu à un ruban de quatre doigts de largeur descendant de l'épaule droite vers la hanche gauche:
Pour les commandeurs, la croix de l’ordre, brodée sur le côté gauche . de l'habit (pl. LIT, n° 2), ét suspendue au ruban large de trois doigts, porté en sautoir autour du cou;
Pour les chevaliers de la troisième classe, le bijou n°5, suspendu à un ruban large de deux doigts passé à la boutonnière;
Pour les chevaliers de la quatrième classe, la décoration plus petite, et d'argent, suspendue à un ruban large d’un doigt passé à la boutonnière.
Les militaires de terre ou de mer qui n’ont pas le grade d’officier obtiennent, lorsqu'ils sont nommés de la quatrième classe, une augmentation de traitement égale à la moitié de la solde dont ils Jouissaient au moment de leur nomination; et lorsqu'ils sont nommés de la troisième, leur solde est doublée.
La qualité de chevalier et la décoration ne peuvent se perdre que par suite d’un jugement flétrissant.
Tous les chefs -sont tenus de faire connaître les actions d'éclat des hommes sous leurs ordres, en les faisant constater par témoignages oraux et autres preuves.
L'instruction vient s'achever au chapitre, qui propose au roi.
On entre dans l'ordre par la quatrième classe. Les nominations et promotions sont communiquées au chapitre, mises à l'ordre du jour de l'armée ou de la flotte, insérées dans la Gazette officielle, avec l'indicaion des motifs et des témoins.
Le roi peut, sans instruction préliminaire, décerner la croix à ceux
» d’une haute sagesse qu’il ne nous appartient pas d’examiner. Du moins pouvons-nous, sans » lémérité, croire que la Toison d'Or n’a pas été absente de son souvenir quand, pour récom- » penser la valeur de ses sujets, que ses nobles fils avaient conduits à la victoire, il instilua » L'ORDRE MILITAIRE DE GUILLAUME,
» La décoration qui brille sur la poitrine des braves présente aux yeux le fusil et la croix » de Bourgogne, et la pensée associe, par un rapprochement naturel, les noms de Philippe le » Bon et de Guillaume le Juste. »
qui se distinguent sous ses veux; — aux drapeaux des corps qui se sont particulièrement signalés.
La distribution des décorations se fait avec solennité, au son de là musique militaire, en présence du plus grand nombre possible de chevaliers.
Le récipiendaire prête le serment suivant : « Je promets et je jure de me conduire en brave chevalier; de sacrifier ma vie pour le roi et la patrie, et de chercher à me rendre toujours plus digne de la distinction que le roi m'a décernée. » |
Le jour qu'un sous-officier ou soldat est décoré, il est admis à la table des officiers.
Les sous-officiers, soldats et matelots décorés, passant devant les sen tinelles, reçoivent les honneurs dus aux officiers. — L'on présente les armes aux commandeurs. — Les grands-croix, s'ils n'ont pas de rang supérieur à celui de général-major ou contre-amiral, reçoivent les hon: neurs militaires dus au grade supérieur.
Lors du décès d’un chevalier, les cérémonies de l'enterrement sont celles du grade immédiatement supérieur, — et la décoration doit être renvoyée au chancelier. |
Les membres de l'ordre paraissent en public toujours revêtus de leurs insignes. Le grand cordon ne se porte qu’en grand costume.
Le chapitre est composé de sept membres, dont un chancelier et un trésorier.
Chaque année, la fête de l’ordre est célébrée le 16 janvier. A cette 0€ casion, lhistoriographe fait un rapport sur les faits de l’année qui coneers nent l’ordre et ses membres.