RUSSIE
REMARQUES GÉNÉRALES
Excepté l'ordre de Sainte-Catherine, l'empereur est le grand maitre de tous les ordres russes. Les grands-ducs deviennent, au baptème, chevaliers de Saint-André, de Saint-Alexandre Nevski, de l'Aigle blanc et de Sainte- Anne; les princes du sang reçoivent les mêmes décorations, quand ils ont atteint leur majorité. |
L'ordre de Sainte-Catherine est donné aux grandes-duchesses le jour
de leur baptème, aux princesses du sang le jour de leur majorité.
L'administration de tous les ordres appartient au chapitre, composé du chancelier, choisi parmi les chevaliers de Saint André, du trésorier et du grand maître des cérémonies de la cour. Chaque ordre à son maître de cérémonies, son secrétaire, deux hérauts, et son costume. Un capital de 200,000 roubles est confié au chapitre, pour l'éducation des filles des chevaliers pauvres; elles sont élevées dans l'institut des demoiselles nobles, mis sous le patronage de l'impératrice mère.
L'admission dans un ordre confère la noblesse transmissible aux enfants, à moins qu'ils ne soient nés dans la condition de serfs ou de tributaires. Les Baskirs n’acquièrent que la noblesse personnelle. Depuis le 10 avril 1832, les marchands russes n’acquièrent que le rang héréditaire de citoyens honoraires.
Dans aueun ordre, il n'y a de nombre limité que celui des pensionnaires. Tous les chevaliers, à leur entrée, payent, selon l'ordre ou la classe, une rétribution qui sert à alimenter une caisse de pensions pour les officiers invalides. Les étrangers, les Circassiens, ceux qui reçoivent leur décoration garnie de diamants, sont affranchis de cet impôt.
Le jour de Saint-Michel (8 novembre) est la fête générale des ordres. Les chevaliers qui résident à Pétersbourg ou à Moscou élisent alors six membres de chaque ordre, préposés à la surveillance des établissements de charité qui existent dans les deux capitales.
On ne peut être décoré qu'après quinze années de service ; mais pour un mérite éminent, ou pour le service en Sibérie ou en Circassie, ce terme est abrégé de cinq ans. Il faut être au moins de la neuvième classes en outre, pour chaque ordre, il y a des conditions particulières de rang ou de service.
Les décorations sont classées d’après leur importance respective; et l'on ne peut arriver à un ordre plus élevé sans passer par un ordre inférieur. Néanmoins, les exceptions ne sont pas fort rares.
Une condamnation confirmée par l'empereur, pour crime ou délit cons taire à l'honneur, entraine la déchéance. Les officiers dégradés et les ecclésiastiques exclus du service doivent, pour porter leur décoration, attendre la réhabilitation.
L'Académie des sciences est chargée de publier, tous les cinq ans, une liste complète des membres de tous les ordres. |
Outre les décorations et médailles, il existe encore en Russie diverses marques d'honneur. Depuis quarante ans, les services ou actions d'éclat des généraux et officiers ont été récompensés par des épées ou sabres garnis d'or ou de brillants. D'ordinaire, ces armes portent l'inscription Au courage. Quelquefois les actions pour lesquelles elles ont été décernées y sont inscrites. Les dames d'honneur de l'impératrice portentle portrait de cette princesse orné de diamants, et les demoiselles du palais; son chiffre sur un médaillon orné de diamants, et suspendu à un ruban bleu moiré. À |
Au mois de mars 1843, l'empereur a rendu un ukase réglant, d'après des bases nouvelles, les pensions. Les chevaliers de :
Saint-André reçoivent une pension annuelle de 800 à 1000 roubles:
Sainte-Catherine (première classe), 590 460
) (deuxièmeclasse ), 200 130 90 Saint-Alexandre Nevski, 700 500 Saint-George, 1000 400 200 130 Saint-Vladimir, 600 300 150 100
Sainte-Anne (première classe), 390 200
Sainte-Anne (deuxième classe), 150 120 roubles. » (troisième classe), 100 90 » (quatrième classe), 0 40 Samnt-Stanislas, 145 115 80
Toutefois, chaque ordre a des chevaliers qui n’ont pas la pension, — et les étrangers hors de service sont de ce nombre. — Il n’y à dans l'ordre de Saint-Vladimir que soixante chevaliers qui obtiennent cette faveur.
La somme totale des pensions s'élève à 158,660 roubles d'argent.
ORDRE DE SAINT-ANDRE
Bien que des auteurs lui attribuent une origine plus reculée, l'ordre de Saint-André doit sa création au créateur de la Russie, au ezar Pierre [°, le 50 novembre (11 décembre) 1698. D'abord, ce monarque voulait orner sa cour barbare de cette institution des cours civilisées de l'Europe. Son but ensuite était d'animer le courage de sa noblesse contre les Tures. — Le premier décoré fut Golovin, chancelier, feld-maréchal et grand amiral, qui à son tour en décora l'empereur, après sa victoire navale sur les Suédois; puis les officiers qui s'étaient signalés au siége d’Azof.— Plus tard, allié d’Auguste. de Saxe contre Charles XI, le ezar récompensa la valeur de ses généraux en Livonie et en Pologne, en leur conférant cette dignité. Il plaça son ordre sous le patronage de saint André, le patron de l'empire, qui, d'après les traditions moscovites, aurait porté la prédication de l'Évangile chez les Slaves de Novogorod.
C'est le grand ordre de Russie, et la faveur seule du maitre en ouvre l'entrée. Habituellement, il n’est décerné qu'aux membres de la famille impériale, aux princes étrangers et aux fonctionnaires des deux premières classes, lorsqu'ils ont déjà tous les ordres inférieurs, mais les fonctionnaires de la troisième classe peuvent aussi y prétendre. Par leur nomination, les chevaliers acquièrent en même temps les ordres de Saint- Alexandre, de Sainte-Anne et de Saint-Stanislas.
Chaque chevalier paye, à son entrée dans l'ordre, une rétribution de
Ju.)
240 roubles d'argent. Douz echevaliers, dont trois du clergé, répartissent entre eux la somme annuelle de 6,092 roubles.
Telle qu’elle est fixée, après plusieurs transformations, la décoration représente l'effigie de saint André sur sa croix émaillée de bleu, portant sur chacun des bras une des lettres S. À. P. R., qui signifient : Saint André, patron de la Russie. Elle est posée sur l'aigle de l'empire; surmontée de trois couronnes, et suspendue à un ruban azur, passé en écharpe de droite à gauche. (PI. LXIV, n° 2.)
Dans les solennités de l’ordre, alors que les chevaliers revêtent leur costume, — long manteau en velours vert, doublé de taffetas blanc, avec des collets, des cordons et des bandoulières en argent; soubreveste blanche; chapeau de velours noir, avec une plume rouge; — la décoration pend au collier (n° 6), dont les chainons actuellement représentent la croix de l’ordre, la croix de saint André anglée de flammes degueules et d’or, et le chiffre de Pierre [°* sur un écu d'azur entouré de trophées.
La plaque n° 1, piquée sur le côté gauche de l'habit, montre, dans le médaillon d’or du centre, l'aigle double de l'empire, autour duquel s’entortille un serpent bariolé. Ce médaillon est fermé d’un cercle d'azur, sur lequel est en russe l'inscription : Pour la foi et la fidélité.
Les chevaliers qui se trouvent à Saint-Pétersbourg sont tenus, sous peine d’une amende de cinquante roubles, d'assister en costume à la fête anniversaire, qui se célèbre le 30 novembre. |
Enrichie de diamants, la décoration est le signe par lequel le raie manifeste sa bienveillance ou reconnait le mérite éminent.
L'almanach de la cour impériale de 1818 donnait la liste de 41 princes et 72 autres membres de l'ordre.