‹ Ordres de chevalerie et marques d'honneurChapitre 145 sur 272 · RUSSIA · texte numérisé non relu

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Russie, sous le nom de Catherine I". » Quand, en 1725, le czar l’associa à son trône, il déclara qu'il lui devait cette récompense, « parce qu'elle » lui avait été d’un grand secours dans tous les dangers, et particulière- » ment à la bataille de Pruth (1711), où son armée était réduite à » 22,000 hommes. » Mais déjà auparavant il lui en avait témoigné sa reconnaissance, en créant l’ordre de Sainte-Catherine, le 25 novembre (7 décembre) 1714.

D'abord cet ordre admettait aussi les hommes, mais la première décoration fut donnée à Catherine, avec pouvoir de faire participer à cet honneur celles de son sexe qu'elle en jugerait dignes. Depuis, il a été - exclusivement réservé aux dames, et limpératrice en est la grande maïtresse.

Il est divisé en deux classes. La grande croix, ornée de diamants, porte dans le médaillon du centre l’image de sainte Catherine; elle est suspendue à un large ruban, jadis bleu, aujourd’hui ponceau liséré d'argent, passé en écharpe de droite à gauche, sur lequel est brodée en argent la devise russe : Pour l'amour et la patrie. (PI. LXIV, n° 4.)

Le revers représente un nid d’aiglons au faite d’une vieille tour, au pied de laquelle deux aigles, tenant des serpents dans leur bec, prennent leur essor pour porter cette pâture à leurs petits. Cet emblème est surmonté des mots : Æquat munia comparis*?.

La grand’eroix n’est décernée qu’à douze dames de la haute noblesse, sans compter les princesses de la famille impériale.

Dans la deuxième classe, instituée par Paul [*, en 1797, peuvent entrer des étrangères de haut rang; mais, d'habitude, elle ne se compose que de dames de la cour de limpératrice; en tout 94 membres. La décoration ne diffère de l'autre que par le poids et le nombre de diamants. Elle s'attache par une rosette sur le sein gauche. (PI. LXIV, n° 5.)

La plaque, étoile d'argent à huit pointes, enrichie de brillants, porte

HCastéra.

? Cette légende a été prise dans cette strophe d’Horace, IF, 5.

Nondum subacta ferre jugum valet

Cervice, nondum munia comparis

Æquare, nec tauri ruentis In venerem tolerare pondus.

C’est une allusion flatteuse aux services de Catherine; mais si l’allusion était autre, elle serait crue.

au centre un médaillon rouge, chargé d’un diadème impérial, entouré de la devise. (PI. LXIV, n° 5.) On l'attache sur le sein gauche.

Le costume est en étoffe d'argent, brodée d’or, le chapeau et le schleif, en velours vert.

Les obligations des chevalières consistent à remercier Dieu tous les jours de la délivrance de Pierre [”, à lui demander la santé de l'empereur

régnant et de sa famille ; à réciter, les dimanches, trois Pater Noster; à

essayer de convertir à la religion grecque les infidèles; délivrer à leurs frais un chrétien de la main des barbares ; surveiller l'institut de Sainte-Catherine. Les grand’-croix peuvent y placer chacune une élève: La charge de diaconesse appartient à la personne le plus haut placée de la famille impériale : à l'impératrice, par exemple, tant que la grande maitrise est occupée par l'impératrice mère.

La fête de l'ordre est fixée au 25 novembre.

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