‹ Ordres de chevalerie et marques d'honneurChapitre 15 sur 272 · CAVALIERE DELL’ ORDINE DI SAN GIOVANNI DI GERUSALEMME · texte numérisé non relu

CAVALIERE DELL’ ORDINE DI SAN GIOVANNI DI GERUSALEMME

Francfort-sur-le-Mein, ainsi que les domaines, rentes et priviléges qui y sont attachés. (Voyez Pays-Bas.) | |

La décoration de l'ordre (planche V, n° 20) se porte au cou; les chevaliers portent, en outre,sur la poitrine, la croix n° 49, brodée en argent. Autrefois et dans les occasions solennelles, les chevaliers portaient audessus du costume de leur rang, un manteau blanc sur lequel se trouvait la même croix, mais d’une plus grande dimension.

ORDRE DE SAINT-JEAN DE JÉRUSALEM

Cet ordre, dit l'abbé de Vertot, d'abord hospitalier, puis militaire et enfin souverain, que la charité fit naître, que le zèle de défendreles lieux saints arma contre les infidèles, fut institué vers la fin du xr° siècle. Il avait commencé lorsque la ville de Jérusalem était encore sous la puissance des Mahométans. Gérard de Provence, avec quelques marchands - d'Amalfi, y avait fondé un hôpital dédié à saint Jean l'Aumônier, et y avait établi des frères Servants. Godefroid de Bouillon ayant fait la conquête de la terre et de la ville saintes (15 juillet 1099), les hospitaliers crurent devoir seconder des entreprises si chrétiennes et joindre les services de la valeur aux mérites de l'humanité : ils prirent les armes pour garantir la sécurité des routes. Ces nouvelles fonctions, et les riches donations de Godefroïd, les recrutèrent d’un grand nombre de nobles, et l'ordre fut divisé en trois classes : chevaliers, clercs et frères servants. Les papes leur accordèrent les plus grands priviléges, et ajoutèrent aux trois vœux ordinaires celui de secourir les pèlerins et de combattre les infidèles. En 1187, Soliman s'étant rendu maitre de Jérusalem à l’aide ‘dés divisions qui régnaient parmi les chrétiens, les chevaliers se retirèrent dans la forteresse de Margat, et, quelque temps après, dans celle de Saint-Jean-d Acre, où ils se maintinrent près de cent ans. Enfin, obligés de reculer devant les forces toujours renaissantes des Sarrasins, les chevaliers trouvèrent un nouvel asile dans l'ile de Chypre, auprès du roi Lusignan; de là, avec les secours de l'Europe, ayant conquis l'ile de Rhodes, ils s’y établirent vers 1310. Depuis la prise de cetteile, en 1522,

par Soliman IT, ils errèrent d'établissement en établissement, à Messine, aux îles d'Hyères, à Viterbe, jusqu’en 150, que l'ile de Malte leur fut donnée par Charles-Quint, à condition que les chevaliers y auraient toujours un nombre suffisant de vaisseaux pour faire la guerre aux Turcs; qu'ils se tiendraient sous la protection du roi d'Espagne, à qui le grand maïtre enverrait tous les ans un faucon par forme de tribut.

L'ordre sy maintint pendant deux cent soïxante-sept ans, et il y serait encore, si la trahison et une révolution ne l'avaient détrôné.

Le 50 juillet 1791, un décret de la Convention priva de la qualité et des droits de citoyen tout Français affilié à un ordre de chevalerie fondé sur des distinctions de naissance.

Le 19 septembre 1792, un autre décret ordonna la mise en vente des biens de l’ordre de Malte. Depuis, cet ordre fut considéré en France comme une puissance étrangère; bientôt même il fut (comme il n'avait que trop cherché à l'être) traité en ennemi. Le 29 prairial an vi, asslégé dans sa capitale par le général Bonaparte, le grand maitre Ferdinand de Hompesch renonça par une capitulation expresse, en faveur de la France, au droit de souveraineté qu’il exerçait sur les îles de Malte, de Gozzo et de Comino.

Depuis lors (nous copions, pour achever le tableau des destinées de l'ordre, le Mémoire présenté au congrès de Vienne le 24 février 4815), « l'ordre ne perdit ni son existence, ni le caractère sacré de souverain qu'il portait dignement depuis tant de siècles. Un monarque des plus puissants de l’Europe se déclara le chef de l’ordre, dans le seul dessein de lui rendre son ancienne splendeur: son auguste fils, en renonçant à ce titre, n’a pas cessé d’en être le protecteur. Le souverain de la Sicile lui ouvrit un asile dans ses États, sans blesser son indépendance. Un nouveau grand maitre fut nommé par Sa Sainteté, sur la demande même de l’ordre et de l'aveu des puissances. Ses ministres furent reçus dans toutes les cours où il était dans le cas d’en envoyer, et Bonaparte luimême le comprit dans le traité d'Amiens. L’inexécution de ce traité augmenta les malheurs de l'ordre; ses biens furent de plus en plus envahis ; les souverains mêmes qui lui étaient le plus propices crurent devoir les mettre temporairement sous leur surveillance, jusqu’à ce qu'ils fussent rendus à leur premier objet d'utilité générale. |

» Cependant l'ordre n’en existait pas moins dans tous les États,

AUTRICHE VI

Le

excepté dans ceux immédiatement soumis à Napoléon, qui le regardait, non comme éteint, mais comme étranger. Sur ces entrefaites, le grand maître Tomassi meurt: le saint-père, quoique instamment prié, ne trouva pas bon, dans sa sagesse, de prendre sur lui la détermination de lui donner un successeur ; mais, en se servant de l'autorité qui lui est attribuée, et dont ilavait également fait usage dans d’autres circonstances extraordinaires, il décerna au sacré conseil, toujours subsistant à Catane, et au lieutenant de la grande maitrise, élu par celui-ci, les facultés nécessaires pour continuer à régir l'ordre dans la situation où 1l se trouvait.» … Le congrès ne fit aucune attention à ces réclamations.

Le sacré conseil, transféré, en 1827, de Catane à Ferrare, a définitivement fixé son siége à Rome en 1831. L'ordre subsiste donc toujours. Indépendant et souverain, de jure, ses envoyés sont reconnus ; il a conservé les biens du prieuré de Bohème ; et dans la Lombardie, les Deux-Siciles, les duchés de Parme et de Plaisance, de Modène et de Lucques, il a récupéré ses possessions et obtenu le droit delesaccroitre.

L'ordre se compose de :

Chevaliers profés, qui prononcentles vœux prescrits par les statuts, et ne sont admis qu'autant que dans leur pays l’ordre possède encore des commanderies.

Chevaliers de dévotion, ayant le droit de porter l’habit et les insignes de l’ordre. Cette faveur peut être accordée à tout catholique d'une réputation honorable, et capable de prouver quatre quartiers de noblesse paternelle et maternelle.

L’uniforme est un habit de drap écarlate, revers, parements et collet blancs, pour les chevaliers profès; revers, parements et collet en velours noir pour les chevaliers de dévotion; les retroussis blancs, pour les uns et les autres; épaulettes à grosses torsades en or ; la garde de l'épée, les boutons, les éperons et la ganse du chapeau sont aussi d’or; la plume du chapeau est noire pour les chevaliers de dévotion, blanche pour les profès.

Le pantalon est de casimir blane, à galon d'or.

La décoration consiste en une croix blanche à huit pointes suspendue à un ruban noir. Mais les ornements varient dans les pays où l’ordre subsiste sous la surveillance des rois. Ainsi voyez planche VI, n° 24, la décoration autrichienne, avec la plaque n° 25, et aux articles Espagne et Prusse les décorations portées dans ces États.

MÉDAILLES ET MARQUES D'HONNEUR

4° Crorx Mrcirame (planche VI, n°30), fondée le 30 mai 4814, à Paris, pour perpétuer la mémoire de cette époque, et des événements auxquels l’armée autrichienne a pris une part si active. Elle est faite avéc le métal des canons pris sur l'ennemi.

2° Croix Gvise en or (planche VI, n° 25) ; en or ou en argent, n° 29; destinée par l'empereur Francois I” à ceux qui s'étaient acquis un mérite quelconque, en vouant leurs efforts à l’heureuse issue de la guerre de 1813 à 1814. La première distribution s’est faite le 26 mai 1815.

3° Mévace Murraire (planche VI, nes 27 et 28), fondée par JosephIlet confirmée par François l*, en faveur des militaires que les circonstances excluent de l'ordre de Marie-Thérèse. On la donne en or avec double paye, en argent avec moitié paye de supplément, selon l'importance de l'action ; et ce supplément de solde est viager.

3° Croix ou Mérrre eceLésiasrique. Cette croix, qui est en orouenargent, a été instituée par François [*, le 26 novembre 1801, et destinée aux aumôniers de régiment qui se seraient distingués (planche V, n° 21).

9° MéDaizce Civie n'nonneur. L'empereur François le institua, pour récompenser le mérite civil, une médaille en or ou en argent, qui se donne de temps en temps aux personnes occupant des charges à la cour. Une grande médaille en or est accordée quelquefois suspendue à une chaine d'or et se porte alors au cou; elle représente d'un côté le portrait du fondateur avec l'inscription: Franciscus Austriæ Imperator, et sur le revers un temple avec ces mots; Austria ad imperii dignitatem evecta. Les deux autres médailles portent d'un côté le portrait de l’empereur avec l'inscription: Franciscus Aust. imp. Boh. Gal. Lod. Rex. A. 4., et sur le revers une balance, un sceptre et un caducée surmontés d'une couronne avec ces mots à l’entour : Justilia regnorum fondamentum (planche VI, n° 51).

6° Sicxes DE DisTiNCHION POUR LES vÉrÉRANs. On accorde aux soldats, jusqu'au grade de sergent-major, des écussons de distinction quise portent au côté gauche de l'habit, afin de récompenser leurs longs services et les encourager à se réengager. Le n° 18 (planche V) se donne à ceux qui se : réengagent pour la première fois, etlen° 47 pour un second réengagement.

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