ORDRE DE SAINT-STANISLAS
Stanislas-Auguste Poniatowski fonda cet ordre, le 8 mai 1765, pour se faire des partisans et des amis, et le mit sous le patronage de saint Stanislas, son patron et celui du royaume.
Le nombre des chevaliers fut fixé à cent, mais sans v comprendre les étrangers.
__ Les insignes consistaient en un ruban ponceau bordé de blanc, passé
en écharpe de droite à gauche, auquel pendait une croix d'or émaillée de rouge. Le médaillon du centre, ayant pour support l'Aigle blanc de Pologne, chargé en cœur d’une croix verte, représentait d’un côté le patron de l’ordre en habits pontificaux, accosté des lettres S. S. (Saint-Stanislas), et, de l’autre, le chiffre du roi. L'étoile, que les chevaliers fixaient sur la gauche de la poitrine, était d'argent. Inscrit dans un anneau rouge bordé d'or, sur lequel est gravée l'inscription : Præmiando incitat, le médaillon du milieu portait, en rouge, le chiffre du roi enlaçant une lance d'argent.
Bientôt les prodigalités de la distribution enlevèrent à l'ordre nouveau toute considération, et il fut oublié dans le partage de la Pologne. Avec la création du duché de Varsovie, 1l reparut cependant, comme les autres ordres polonais.
Quand ce duché fut englouti dans le grand naufrage de l'empire frans
ais, le ezar Alexandre, roi de Pologne, ratifia l'existence de l'ordre, le décembre 1815, le modifia, le partagea en quatre classes, et, le 16 décembre 1816, renouvela l'obligation imposée aux chevaliers primis tifs de payer une rétribution annuelle à lhospice des Enfants trouvés de Varsovie. Cette rétribution était de quatre ducats pour les chevaliers de la première classe, de trois pour ceux de la deuxième, de deux pour ceux de la troisième, et d'un pour ceux de la quatrième.
En 1851, après que la chute de Varsovie eut entrainé la chute de la Pologne, l'empereur ‘Nicolas incorpora à l'empire l'ordre de Saint- Stanislas (29 novembre 1851), et en changea les insignes. Une ordons nance du chancelier de l’ordre, du 25 décembre suivant, le rangea après la première classe de l'ordre de Sainte-Anne. Depuis, par un ukase du mois de juillet 1859, il a été réduit à trois classes.
La troisième classe, à part les services connus de l'empereur, se con» fère à ceux qui ont sacrifié leur fortune au bien de l'empire ou du sers vice ; géré gratis pendant un an un emploi utile ou en dehors de leurs fonctions ordinaires ; aux institutions privées, dans les mêmes conditions et avec les mêmes prérogatives que l’ordre de Sainte-Anne ; pour des inventions ou des ouvrages d’une utilité incontestable ; pour la mise en ordre d'un travail embrouillé ; pour la découverte d'abus graves ou de
crimes.
| Elle peut être conférée par un conseil composé de douze chevaliers de: … chaque degré, sous la présidence d’un grand-croix, par un vote au scrutin, dont le résultat est soumis à l'approbation de l'empereur.
Le chef d’une armée active peut, pour de beaux faits d'armes, conférer l'ordre de Saint-Stanislas de la deuxième et de la troisième classe.
Celui qui, d'après les statuts, a mérité la décoration, peut la solliciter par l'entremise de ses supérieurs, s'il est au service ; du gouverneur, s'il est en retraite.
À son admission, le chevalier paye 90, 30 ou 15 roubles d'argent, selon la classe. Le produit est destiné à des œuvres de bienfaisance indiquées par l'empereur. Les chevaliers créés depuis le 29 novembre 1831, jour de l'annexion de l'ordre aux décorations russes, sont, par là même, nobles héréditaires ; auparavant, cette faveur était réservée aux membres de la première classe.
Les ecclésiastiques russes ne reçoivent pas cette décoration ; les membres du clergé catholique, en la recevant, naturellement n'obtiennent que la noblesse personnelle.
Il y a trente pensionnaires du premier degré, à 142 roubles ; soixante du second à 114 roubles, et quatre-vingt-dix du troisième à 85 roubles. … Le pensionnaire promu à une classe supérieure perd sa pension, et doit attendre son tour dans son nouveau rang. Ceux qui entrent dans un couvent perdent leur pension. La veuve jouit pendant un an de la pension de son mari.
Les insignes doivent être restitués, ou leur valeur.
La fête de l'ordre est le 25 avril (7 mai).
La croix est représentée pl. LXVIT, n° 20, et la plaque de la première
classe n° 19.
ORDRE DU MÉRITE MILITAIRE
La Pologne avait réformé les antiques lois fondamentales de l'État. La nouvelle constitution, proclamée le 5 mai 1791, avait obtenu l'approbation de la Prusse, de la Saxe et d’autres cours étrangères ; elle avait
été accueillie par les acclamations nationales. Mais l'opposition vaineue, joignant ses mécontentements égoistes aux ambitieux mécontentements de Catherine IT, avait, le 24 mai 17992, formé la confédération de Targovica, et bientôt après les armées de la czarine franchissaient les frontières.
Le courage de la Pologne acceptait la lutte. Stanislas-Auguste, investi du commandement suprême, des ressources et des pouvoirs nécessaires à la défense de l'État, institua l’ordre du Mérite militaire, et se fit rem= placer à la tête des troupes par son neveu, Joseph Poniatowski, en lui imposant le devoir, pénible pour son courage, de reculer devant les Russes.
Bientôt il adhère (25 aoùt) à la confédération de Targovica, se pliant à toutes les conditions, acceptant la ruine de la constitution, et même de son œuvre personnelle, l'ordre du Mérite militaire, dont les chevas liers durent restituer les brevets.
La création du duché de Varsovie ressuscita cette existence éphémère: L'ordre fut rétabli le 26 décembre 1807, et, sous la grande maitrise du roi de Saxe, Frédéric-Auguste, il eut ses jours de gloire.
Conservé par Alexandre de Russie, que la force et le congrès de Vienne avaient mis à la tête du royaume de Pologne, il subit, après la dernière insurrection, les destinées des autres ordres polonais. L'empereur Nicolas lui donna une forme nouvelle, le mit au troisième rang des ordres du royaume, le partagea en cinq classes, mais en décrétant qu'il n’y aurait plus de nouvelle distribution, et le condamnant ainsi à une lente extines tion.
Les insignes de la première classe se composent d'une plaque (pl. LXVIIE, n° 21) qui se porte sur la gauche de l'habit, et d'une décoration (n° 22) suspendue à un ruban passé de droite à gaucheen dessous de l'uniforme. Les chevaliers de la déuxième classe portent la même croix suspendue au cou. Les chevaliers:des troisième, quatrième et cinquième classe portent à la boutonnière, les premiers une croix en or émaillé, les seconds une croix d’or sans émail, et les derniers une croix d'argent (n° 25).