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ORDRE ROYAL MILITAIRE DE SAVOIE

Cet ordre a été fondé par un décret du roi Victor-Emmanuel, daté de Gênes, 14 août 1815 ; on ne l'accorde qu'aux militaires qui se sont distingués sur le champ de bataille ou ailleurs, par des actes de bravoure intelligente, et qui ont notoirement toujours suivi le chemin de l'honneur et du devoir.

Le roi, ou son héritier présomptif, est toujours chef ou grand maitre de cet ordre.

La décoration est une croix d'or ou d'argent, émaillée de rouge et

chargée d’une croix émaillée de blanc. Le revers n’est pas émaillé, et

montre le chiffre couronné du roi, V. E. La croix, reliée d’une guirlande en émail vert, et surmontée d’une couronne royale, se porte à un ruban bleu. (PI. LXXIE, n° 7.)

L'ordre se compose de quatre classes.

La première, ou celle des grands-croix, porte la décoration, d'un pouce et demi de diamètre, suspendue à un ruban de deux pouces et

. demi de largeur, passé en écharpe de droite à gauche, et, en outre, sur

la gauche de la poitrine, la plaque n° 6.

Sauf dans les grandes occasions, ils portent leur ruban sous habit.

Quand un grand-croix devient chevalier de l'Annonciade, il porte sa plaque au-dessous de celle de l'ordre suprème.

La deuxième classe, ou celle des commandeurs, porte la décoration, d'un pouce de diamètre, à un ruban large d’un pouce trois quarts, passé autour du cou.

La troisième classe, ou celle des chevaliers, porte la décoration, de

trois quarts de pouce de diamètre, à un ruban d'un pouce de large, orné d'une rosette, à la boutonnière.

La quatrième classe, qui est réservée aux soldats, porte à la boutonnière la décoration, d'argent, de trois quarts de pouce de diamètre, à um ruban d'un pouce de large, sans rosette.

L'ordre a trois fonctionnaires, un chancelier, un trésorier et un secrétaire. Les deux premiers doivent être commandeurs ; le troisième, chevalier. Ils recoivent annuellement : le chancelier 2000 re, le trésorier 4500, et le secrétaire 1800 d’appointements.

À l’ordre est attaché un héraut, qui jouit d’une rémunération annuelle de 800 lire.

À l'exception du prince royal, qui, lorsqu'il a assisté à une ou plusieurs campagnes, peut être reçu par le roi sans autre condition, nul ne peut être admis dans l'ordre s’il n’a rempli les formalités suivantes :

Les candidats doivent s'adresser directement, ou par la voie hiérarchique, à la chancellerie de la guerre, qui en fait part au secrétaire de l'ordre. Celui-ci soumet la pétition à un tribunal composé de deux mem» bres de chaque classe, lesquels sont toujours choisis parmi les chevaliers présents dans l'endroit où se trouve le grand maître. Sont exelus de ce tribunal, les parents ascendants ou descendants du pétitionnaire. Le plus ancien membre de la première classe, quel que soit son grade militaire, est toujours président du tribunal. La pétition doit faire connaître quels étaient les témoins des actions revendiquées, sur l’ordre de qui elles ont été entreprises, et si tous les individus présents étaient subordonnés on non au pétitionnaire. | |

Le tribunal examine la prise en considération, et envoie copie dela requête à celui qui dirigeait l'action, ainsi qu’à ceux qui y assistaient, à l'exception cependant des subordonnés du pétitionnaire, lorsque c'est lui qui à dirigé. Le commandant en chef, qui a transmis la pétition, en reçoit aussi une copie.

Pour peser la valeur de ces dépositions, le tribunal se rassemble de nouveau ; 1l juge si la demande est de nature à être soumise au grand maitre, et donne son opinion sur la classe dans laquelle le pétitionnaire pourrait entrer, vu la nature du service, d’après les règles suivantes &

Si l'action a été purement individuelle, alors on propose pour la quas trième classe. Lorsque le pétitionnaire a commandé un détachement, et

s'est distingué tant de sa personne que par les troupes sous ses ordres, pour la troisième ; s'il a commandé un régiment, une division ou une armée, alors on le présente pour la deuxième ou la première.

Lorsque le grand maitre, sur la présentation du tribunal, trouve bon de recevoir le pétitionnaire dans l’ordre, alors le chancelier est chargé de préparer le brevet et les insignes, et de donner avis au pétitionnaire et au ministre dont il dépend.

Le chevalier commis à cet effet décore le récipiendaire, en lui attachant les insignes, au côté, au cou ou sur l'habit, en présence de toutes

les troupes sous les armes, et de tous les commandants militaires qui se trouvent dans l'endroit. Auparavant, le chevalier lit à haute voix la formule du serment : Jurez de vivre et de mourir fidèle au roi et à l’honneur, de ne porter les armes pour aucune autre puissance, sans son consentement, de ne jamais appartenir à une secle ou société qui soût en opposition avec la fidélité que vous devez au rot, ou qui soit défendue par les lois.

Le récipiendaire mettra la main sur la poitrine et répondra à haute voix : Je le jure.

En le décorant, le chevalier se sert de la formule suivante : Au nom et par ordre du rot, je vous reçois au nombre des . . . . . de l’ordre royal militaire de Savoie, et vous décore de son emblème. Portez-le, au nom de Dieu, pour le service de Sa Majesté, pour la gloire de l’ordre, pour la défense de la couronne et de la patrie.

Le même chevalier remet en même temps le brevet que lui a transmis le chancelier. La nomination est mise à l’ordre du jour de tous les régiments, et publiée par la voie de la presse, ainsi que l’action qui à valu cet honneur.

Les chevaliers de la première classe jouissent des honneurs qui reviennent aux généraux. Les sentinelles présentent les armes aux membres de la seconde, et les portent devant ceux de la troisième et de la

quatrième.

Les chevaliers, lorsqu'ils ne sont pas officiers, jouissent d’une pension

viagère. Cette pension retourne à la veuve tant qu’elle reste en état de

veuvage. Si le défunt n’a pas laissé de veuve, la pension est dévolue aux enfants, jusqu'à ce que le plus jeune ait atteint l’âge de quinze ans.

Tous les membres de l'ordre ont le droit d’orner leurs armoiries de la

décoration. Les grands-croix entourent leur éeu du ruban, sur lequel est brodé trois fois le chiffre V. E., et auquel pend le bijou. Il en est de même pour les commandeurs, sauf que le ruban est moins large. Les croix de troisième et quatrième classe sont aussi suspendues au-dessous des armoiries, avec la seule différence que la première est en or, et l'autre en argent.

L’ancienneté dans l’ordre date de l'action qui a valu la décoration ; em as de parité, d’après le temps de service, mais non d’après le grade: C'est en suivant cette règle que les chevaliers prennent rang dans les cérémonies. |

Après la mort d'un membre appartenant à la communion catholique, il est dit une messe à laquelle, ainsi qu'à l'enterrement, doivent assister tous les chevaliers de sa classe et des classes inférieures, ainsi que les militaires convoqués par le secrétaire, et les commandants du corps auquel 1] appartient. La décoration est renvoyée au chancelier.

Lorsqu'un militaire au service d’une puissance alliée reçoit l'ordre, la décoration et le brevet lui sont envoyés directement par le chancelier:

Les militaires qui ne sont pas catholiques peuvent aussi prétendre à la décoration, pourvu qu'ils appartiennent à une Église chrétienne.

La fête annuelle de l'ordre est célébrée le jour de Saint-Amédée.

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