ORDRE CIVIL DE SAVOIE
Charles-Albert, roi de Sardaigne, etc.
L'histoire des siècles passés, l'expérience des temps modernes à démontré d'une manière incontestable que des récompenses spéciales; décernées aux différents genres de mérite, et distribuées avec une impars tiale justice, contribuent puissamment, par l'émulation qu’elles exeitent; à la gloire et à la prospérité des États, en dirigeant vers ce qui est utiles beau et grand, toutes les vertus et tous les talents.
Le roi Victor-Emmanuel, l’un de nos prédécesseurs, institua, en 181,
l'ordre militaire de Savoie, pour signaler par d’honorables distinctions le mérite éclatant dans la carrière des armes.
Nous avons pensé que nous devions, à son exemple et pour compléter son ouvrage, accorder aussi des marques d'honneur à ceux de nos sujets qui, engagés dans des carrières non moins utiles que celle des armes, sont devenus, par de longues études et de grands travaux, l’ornement de notre pays. Nous avons particulièrement en vue ceux qui, voués à l’enseignement publie, ont obtenu des succès auxquels nous attachons d’autant plus de prix que de la bonne éducation de la jeunesse dépend le bonheur des individus, des familles et de l'État.
Notre intention est que les récompenses que nous avons résolu d'établir en faveur du mérite civil ne soient accordées qu'après la discussion sévère des titres des postulants ; et nous avons résolu, à cet effet, de confier cet examen à ceux-là mêmes qui seront le plus intéressés à maintenir l'institution dans tout son lustre. Les décorations du nouvel ordre obtiendront une considération d'autant plus grande qu’elles ne seront portées que par des hommes d’un mérite reconnu, irréprochables dans leurs principes et leur conduite, et connus par leur attachement à notre personne autant que par leur dévouement à nos lois.
À ces causes, nous avons ordonné et ordonnons :
I. Nous créons, instituons et fondons à perpétuité l'ordre «vil de Savoie, dont nous nous déclarons chef et grand maitre, voulant qu'après nous la grande maîtrise soit dévolue à nos successeurs, héritiers de notre couronne.
IL. Il n'y aura dans l’ordre qu'une seule classe de chevaliers choisis parmi nos sujets ou les étrangers qui ont acquis dans nos États des titres d'admission.
IL. Ils seront décorés d’une croix d’or émaillée de bleu, chargée en cœur d’un écusson rond présentant d’un côté le chiffre du fondateur, et sur le revers ces mots : AL meriTo civile, 1851. (PI. LXIT, n° 8 et 9.)
IV. Cette croix sera suspendue, au côté gauche de Fhabit, par un ruban tiercé d’une bande bleue entre deux bandes blanches.