‹ Ordres de chevalerie et marques d'honneurChapitre 3 sur 272 · AVANT-PROPOS. HT · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. HT

mandant le respect de soi-même. Napoléon à toujours reconnu la haute nécessité de donner , par des marques distinetives et honorifiques, un aliment aux sentiments d'honneur, d’émulation et de grandeur d'âme. Cependant, en juillet 1791, on sait que l'assemblée constituante avait supprimé toute décoration, se réservant toutefois de statuer s'il y aurait une décoration nationale unique à décerner AUX VERTUS, AUX TALENTS, AUX SERVICES RENDUS À L'ÉTAT.

Sous le consulat, on distribua aux militaires, comme récompenses nationales, des fusils, des baguettes, des carabines, des sabres, des mousquetons d'honneur, etc.

Plus tard, Bonaparte, écoutant les critiques et les plaintes formulées en considération de ces classes d'honorables citoyens qui réclamaient aussi des récompenses, mürit dans sa pensée le plan de cette célèbre institution, nommée LéGion D'HONNEUR, afin d'éviter ce mot d'ORDRE qui eût rappelé l'ancien régime. Dans cette Légion et dans les Cohortes qui en devaient être les subdivisions, venaient se grouper, comme en un brillant faisceau, tous les genres, toutes les espèces de mérite; les talents, les vertus, les hauts faits y devant former une seule famille, unie par le double lien d’une gloire commune et d’une mème devise. Puis, dans un corps militaire, dans une légion et dans ses cohortes, quoi de plus naturel que des légionnaires et des officiers, des commandants et des grands-officiers? Cette vaste, noble et puissante institution monarchique fut acceptée dès l'an x de la république. Trois ans après. l'Empereur créa des grands cordons.

Sous la restauration, la Légion d'honneur devint un ordre dont la charte elle-mème garantissait l'existence.

Dans ces dernières années, on comptait environ 50,000 membres de la Légion d'honneur. Les services militaires y sont pour la plus grande part.

De toutes les recherches faites sur les décorations, sur les ordres et sur les marques d'honneur , il conste certainement qu'il est de l'intérèt de toute nation généreuse, de la gloire de toute couronne, d’user de son droit en appréciant et en récompensant dignement toutes les vertus, tous les genres de talent et de mérite, et de se rattacher ainsi tous les hommes éminents en différents genres. |

Il en coûte bien peu au trésor public, pour augmenter l’action de l'autorité royale, en créant un nouveau signe de distinction. Outre les

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décorations militaires, plusieurs pays en ont de spéciales pour le ervil : en Prusse, en Saxe et en Bavière, l’ordre du Mérite civil; dans les Pays- Bas, l'ordre du Lion néerlandais et de la Couronne de chêne; dans les Deux-Siciles, l'ordre du Mérite de François 1”; en Espagne, l'ordre de Charles IL; en Portugal, celui de la Conception; en Suède, l'ordre de l'Étoile polaire et celui de Gustave Wasa, etc., ete.

C'est surtout dans les gouvernements monarchiques, dont le principe est l'honneur, selon le plus savant publiciste français, que les signes de distinction peuvent être nombreux, pourvu qu'ils soient conférés avec cette sévérité et avec cette impartialité qui les feront rechercher ou accueillir avec reconnaissance, même des hommes d’une éminente et rare supériorité, doués du merite le plus haut et le plus incontestable, aussi célèbres par leurs vertus et par leurs qualités morales que par leurs talents et par leurs services.

Nous devons faire observer que cette édition des ORDRES DE CHEVALERIE est la plus complète qui ait paru. Aucune des éditions publiées en France ne contient les Ménarnces ni les Cosrumss; elles se bornent à reproduire les décorations des différents ordres. |

Nous ne nous sommes pas contenté de mettre à profit les travaux de nos devanciers; nous avons puisé aux sources originales et consulté les documents officiels, nous attachant ainsi, d'un côté, à éviter des erreurs depuis longtemps accréditées au sujet de certains ordres anciens, et de l'autre, à enregistrer avec soin les modifications les plus récentes, introduites dans les constitutions des ordres modernes.

Le récit rapide des événements les plus remarquables, auxquels les ordres de chevalerie ont été mêlés, entrait naturellement dans notre plan; nous avons Jugé ces événements avec impartialité et avec indépendance. Lorsque l'ordre n’a révélé son existence que par la distribution de quelques croix ou rubans, tantôt nous reproduisons les statuts en leur entier; tantôt nous nous bornons à en donner les dispositions principales et caractéristiques.

Une des qualités essentielles d’un recueil tel que le nôtre, c’est la parfaite exactitude des détails. Nous avons mis tous nos soins à ne pas rester sous ce rapport au-dessous de notre tâche.

Quant à l'exécution de cet ouvrage, sous le rapport de l'art, le public S'apercevra facilement des soins nombreux que nous y avons apportés.

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