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ORDRE DE DANNEBROG

Albert, troisième évêque de Riga, avait établi en Livonie les chevahers porte-glaives. Une partie des indigènes avait accepté la foi et le joug de leurs nouveaux maîtres; mais les Esthoniens résistaient encore et me-

naçaient la colonie chrétienne, qui invoqua les secours de Waldemar II. roi de Danemarck. Les païens ; grossis des Russes, vinrent à la rencontre des Danois, qui, rompus, prenaient la fuite, après avoir perdu leur étendard, quand, à la vue d’un drapeau tombé du ciel, ils se rallient, reviennent à la charge avec une confiance pleine d’audace, et rem- ‘portent la victoire. La bannière céleste, rouge, chargée d'une croix blanche, devint l’oriflamme des Danois, et, pour consacrer la mémoire de cet événement et récompenser ses guerriers, Waldemar institua l'ordre de Dannebrog.

Assurément ce roi pouvait mériter un miracle aussi bien que Clovis, et l'histoire accorde à tous deux la même créance; mais 1l n’y a rien d'invraisemblable à faire remonter à cette époque (1219) la création de cet ordre, dont la distribution est fort incertaine, et qui, dans tous les cas, fut condamné à l'oubli par la réforme.

Quatre siècles plus tard , quand le peuple danois, préférant aux tyrannies de la noblesse le despotisme d’un seul, sacrifia ses libertés au trône; quand la succession de la couronne, assurée à la maison d'Oldenbourg, ravit à l'aristocratie le privilége délire les rois, Schumacher devenu comte de Griffenfeld, pour consoler les grands de la perte de leurs prérogatives, institua les titres nobiliaires; et, pour satisfaire les prétentions de la moyenne noblesse, projeta de renouveler l'ordre de Dannebrog, dont le rétablissement inaugura le règne de Chrétien V (12 octobre 1671). Les statuts ne furent pourtant publiés que vingt-deux ans plus tard, le 1" octobre 1693; et ils demeurèrent en vigueur jusqu'en 1808, Alors, par décret du 28 juin, le roi Frédéric VI lui donna son organisation actuelle.

L'ordre est accessible à tous les Danois, quel que soit leur état et leur âge, pourvu qu'ils aient bien mérité du pays par des services distingués, civils ou militaires. Le nombre des membres est illimité, et ils sont partagés en quatre classes. On entre dans l'ordre par les grades inférieurs, sauf les exceptions permises au roi.

Les grands commandeurs sont membres du chapitre; 1ls prennent rang après les feld-maréchaux et les amiraux, et reçoivent les honneurs militaires de lieutenant général. Ce grade, distribué avec beaucoup de réserve, est la marque d’une faveur particulière du roi.

Les grands-croix reçoivent les honneurs militaires de général-major

et sont les premiers de la seconde classe dans l'échelle générale des rangs. Tous ceux qui, au temps de sa réorganisation, étaient membres de l'ordre ont été rangés dans cette classe.

Les commandeurs reçoivent les honneurs d’officier d'état-major, et les chevaliers ceux d’officier subalterne. Aucun rang particulier n'est attribué à ces deux classes, mais ils ont la préséance parmi leurs égaux.

La décoration (planche XX, n°9), est une longue croix pattée d'or, émaillée de blanc, à bords rouges, surmontée du chiffre couronné du roi, et portant à chaque coin une couronne royale. A la face, au centre, est un W couronné (Waldemar), et aux extrémités les mots : Gun oc Kowcex (Dieu et le roi). Au revers, le millésime de la fondation, du renouvellement et de la réforme : 1219, 1671, 1808. Le ruban est blanc liséré de rouge.

Les chevaliers de Dannebrog de première classe se nor:inent grands commandeurs, et ont le titre d'excellence; ils portent en siftoir la eroix (pl. XX, n°8) garnie de diamants, et la plaque (pl. XIX, n° 4) sur le côté gauche de lhabit.

Les chevaliers de deuxième classe sont appelés grands-croix, et portent la décoration (pl. XX, n°9) à un large ruban blanc bordé de rouge, en écharpe de droite à gauche; ils portent aussi la plaque des grands commandeurs sur le côté gauche. Lorsqu'ils sont ecclésiastiques ou chevaliers de l'Éléphant, ils portent la croix en sautoir. |

La croix de troisième classe est celle des commandeurs qui portent au cou celle représentée planche XX, n° 9, et la plaque n° 5, planche XIX.

Les membres de la quatrième classe portent la même décoration sans plaque.

Celui qui est admis dans l’ordre de l'Éléphant conserve la décoration de sa classe.

On peut considérer comme formant une cinquième classe les xommes pu DanNEBROG : ce sont les personnes auxquelles on n’a pas reconnu des ütres suffisants pour être admis dans l’ordre, mais qui ont mérité une distinction. Les sentinelles leur portent les armes ; ils ont le pas sur leurs pairs, et entrent aux assemblées de l'ordre. Leur décoration est la même que celle des chevaliers, mais en argent (pl. XX, n° 10); et le roi, les

membres capitulaires et les chevaliers de l'Éléphant, ont l'obligation de la porter.

Danemark, planche

Dinamarca, Figura 2.

Le 15 avril, anniversaire de Chrétien V, est la fête particulière de l'ordre, qui se célèbre au château de Rosenbourg. Alors , et dans les” autres solennités, les membres des deux premières classes revêtent un costume qui consiste en un long manteau de velours rose, avec fourrure blanche; culottes, bas et souliers blancs; chapeau noir, garni de plumes blanches et rouges; la décoration pendue au collier, dont les anneaux représentent alternativement le chiffre C. 5. couronné, le W couronné, et la croix de l'ordre. (PI. XIX, n° 6.)

La devise est : Pretat et Justitiæ.

On a proposé diverses étymologies du mot DaneBrog : la plus probable est BRoG, ancien mot danois qui signifie : drap, tissu, drapeau; ce serait donc le drapeau des Danois, l'étendard royal de Danemarck.

MÉDAILLES ET MARQUES D'HONNEUR

[. — Après la bataille de Copenhague (2 avril 48014), plus honorable pour les Danois que pour les Anglais, bien que la tyrannie de l'Angleterre ait triomphé, le roi fit frapper une médaille d'honneur pour les combattants qui s'étaient signalés par leur bravoure et leur dévouement. D'or pour les officiers, d'argent pour les autres, elle se porte à un ruban rouge dans lequel est tissée la croix de Dannebrog, et montre d’un côté un lion sur la proue d’un navire de guerre antique, tenant d’une patte les armes de Danemarck, et de l'autre une massue, avec l'inscription : 2 avril; de l'autre côté, les insignes royaux, couronne, sceptre et glaive, avec l'inscription: Le roi et la patrie reconnaissante. En exergue, on lit le nom et le grade du décoré. Cette décoration n'était que temporaire: elle ne se rencontre presque plus.

IT. — Un décret du 29 janvier 1804, rendu par le roi Chrétien VIT, fonda une médaille pour récompenser les ouvriers des chantiers royaux, et les encourager à veiller à la conservation de la flotte. ( PI. XX, n° 7.) Un second décret, du 4 septembre 1814, étendit la destination de cette médaille aux sous-officiers de l'artillerie, aux matelots, aux employés à la confection des modèles, aux inspecteurs des machines à feu, des bas-

d6 HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.

sins, ete. Les artificiers, mariniers, canonniers de première classe, charpentiers, maîtres ouvriers et sous-officiers d'ouvriers, ne peuvent obtenir cette décoration qu'après vingt-cinq ans de service; les cordiers, menuisiers, ete., qu'après trente ans. Une conduite toujours irréprochable est de rigueur.

[IT — Un ordre royal, du 25 août 1817, institua :

1° Une médaille en bronze (pl. XX, n° 12) en faveur des sous-officiers et musiciens du même rang, qui, après huit ans de service et de bonne conduite, prennent un ee engagement de huit années. Elle se porte à une chaine dorée.

2° Une croix aussi en bronze, n°11, pour un troisième engagement de huit années; elle se porte à la même chaine, au-dessus de la première.

IV. — Mévaue ne Ménre, frappée en 1771 par ordre du roi Chrétien VIT, en or ou en argent. On voit d’un côté l'effigie du rot, et au revers, deux cornes d'abondance, entourées d’une couronne de laurier et de chêne, avec l'inscription : Pro meritis. Elle n'est pas destinée à être portée. |

V. — Médaille instituée par le même roi, en 1795, pour récompenser les services rendus à l'industrie, et les vertus civiques qui influent sur le bien-être général. Elle montre d'un côté le portrait du roi, et de l'autre l'inscription : Fortient (mérite), dans une couronne de chêne. Elle n’est pas non plus destinée à être portée.

VI. — Médaille pour les nobles actions. Fondée en 17953, sur la proposition du collège des finances. D'un côté se trouve le portrait du roi régnant et de l’autre les mots : For aedel daad.

VIE — Médaille récompensant toutes les belles actions. En 1819, le roi, Sur la proposition du collége des finances, trouva bon de la décerner particulièrement aux personnes qui se dévouent pour sauver les noyés. Elle ne diffère de la précédente que par le revers, qui renferme, dans une guirlande de fleurs aquatiques, me à : Of Farens Ivaelg fremblomster Pris og Lon.

Le décret qui institua cette médaille porte que le nom des individus qui la recevront y sera gravé; de même que sur les médailles Pro meritis, Fortient, et For aedel daad. |

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