ORDRE MILITAIRE DE SAINT-FERDINAND
La première création de cet ordre remonte à l’année 1811. Bien que l'éducation politique des cortès se ressentit beaucoup des temps et des lieux où elle s'était faite, cette assemblée avait entendu la voix du siècle. Elle avait aboli le privilége réservé à la noblesse de peupler les écoles militaires et d'occuper les rangs supérieurs de l'armée. L'inégalité qui avait présidé à la fondation des anciens ordres les entourait d'impopularité, autant que le mauvais emploi de leurs richesses et la nullité de leurs services; et déjà l'abolition en avait été provoquée, quand, pour obéir à l'esprit d'égalité, pour bien assortir le prix que méritaient tous les dévouements, tous les héroïsmes enfantés par l'amour de l’indépendance, pour mettre une digue à la prodigalité et à l’'avidité des grades et distinctions décernés par les généraux et les Juntes locales , les cortès s'occupèrent d’un projet de récompenses militaires. L'ordre, proposé sous le nom de Mérite Militaire, reçut, dès les premiers jours de la discussion , celui d'ordre de Saint-Ferdinand.
Accessible à tout Espagnol de l’armée ou de la flotte, il accordait une grand'eroix aux généraux, aux officiers une croix d'or, et aux soldats et sous-officiers une croix d'argent, qu'ils échangeaient contre celle d'or aussitôt qu'ils gagnaient l’épaulette.
L’admission était difficile : il fallait des actions distinguées, prouvées par des témoignages oraux et écrits, et soumis à l'examen d'une commission. Cette action était spécifiée dans le brevet, et la décoration était remise par le chef commandant en présence des troupes sous les armes, après lecture publique du brevet. A la décoration étaient attachés certains droits honorifiques; et même, si on la méritait plus d’une fois, on pouvait espérer des récompenses pécuniaires mais viagères. Le roi
Ferdinand VIT, qui trompa toutes les espérances, ne voulait rien laisser subsister de l’œuvre des cortès. Dès les premiers jours de sa rentrée dans la Péninsule, il s'empara de l'ordre de Saint-Ferdinand. Une ordonnance du 10 juillet 1815 en arrêta l’organisation définitive.
Le roi, chef et souverain grand maître, nomme les chevaliers, qui se partagent en cinq classes : |
La première, composée des officiers jusqu’au grade de colonel;
La seconde, des mêmes officiers qui se sont distingués par des actions héroiques ; |
La troisième, des officiers généraux ;
La quatrième, des mêmes quand ils se sont signalés par une action d'éclat;
La cinquième, des officiers généraux qui, ayant commandé en chef, ont rempli leurs devoirs d'une manière éminemment distinguée. Ceux-ci portent le titre de grand-croix et d'excellence. Il est défendu de solliciter son admission dans cette classe.
Les sous-officiers et soldats qui ont fait des actions équivalentes à celles que l’on exige des officiers sont admis à la suite.
Les chevaliers qui se font remarquer par de nouvelles actions d'éclat obtiennent des pensions :
Un général de division 15,000 réaux ; Un général de brigade 12,000
Un colonel ou autre chef de corps 10,000 Un capitaine 6,000
Un officier subalterne 4,000
Un sous-officier 1,095
Un soldat 150
Pour une troisième action d'éclat, la pension devient réversible à la veuve, ou, si le titulaire n’est pas marié, à son père.
L'officier, qui passe du grade de colonel à celui de général de brigade, conserve la croix de sa classe, jusqu’à ce qu'il se soit rendu digne d’une nouvelle récompense.
Ceux qui sont admis dans la première ou la troisième classe peuvent recevoir un, deux ou trois brevets, qui spécifient chacun l'acte qui Pa valu. Un quatrième brevet équivaut à une action d'éclat, et donne droit à la seconde ou quatrième classe.