ODON DE SAINT-AMAND
Odon de Saint-Amand , chevalier français, né d’une famille distinguée , fut donné pour successeur à Philippe de Naplouse. En 1172, il eut le chagrin de voir aposlasier le Templier
TEMPLIERS
Métier ou Milon , frère du prince d’Arménie. Vers le même temps , Gautier du Mônil , chevalier du même ordre , massacra le député du prince des assassins, ce qui occasionna de fâcheuses altercations. L’an 1177, Sainl-Amand se trouva avec quatre-vingts de ses chevaliers à la bataille de Ramlah contre Saladin. Les chrétiens la gagnèrent; le sultan eut sa revanche l’année suivante.
Tandis que les Templiers sont occupés h construire un fort près de Panéas , il vient les attaquer. Le roi Beaudoin vole inutilement à leur secours. Les Francs sont battus. Le grandmaître et plusieurs de ses chevaliers sont pris dans la mêlée. On envoya les plus distingués à Damas, les autres furent sciés par le milieu du corps sur le champ de bataille. On proposa à Saint-Amand un échange de sa personne contre un émir, prisonnier de l’ordre. Il eut la générosité de le refuser. « Je ne veux point, dit-il, autoriser par mon exemple la lâcheté de ceux de mes religieux qui se laisseraient prendre , dans la vue d’être rachetés. Un Templier doit vaincre ou mourir, et ne peut donner pour sa rançon que son poignard ou sa ceinture (1). » Il mourut dans les fers après quelques mois de captivité, c’est-à-dire en 1179.
ALAN ou ARNAUD DE TOROGE [De Turri-Rubra).
Alan de Toroge, après avoir rempli les premières places de l’ordre en deçà des mers , fut élu pour succéder au grandmaître Saint-Amand. L’an 1180, Alan et le grand-maître des Hospitaliers signèrent , par contrainte , une paix déshonorante avec Saladin. Ils s’embarquèrent l’un et l’autre, en
(1) C’était Une coutume établie chez cet ordre de ne point racheter ceuv qui se rendaient prisonnieis de guerre et de les regarder comme morts.
<184, avec le patriarche Héraclius pour aller chercher du secours en Occident. Ayant abordé sur les côtes d’Italie, ils se rendirent à Vérone, où le pape était en conférence avec l’empereur. Alan mourut en cette ville et non pas à Paris , comme quelques-uns l’ont prétendu.
TERRIC [Terriens).
Terric ou Thierry, dont le pays et la famille sont inconnus, fut élevé à la dignité de grand-maître après la mort d’Alan de Toroge.
L’an 1187, de concert avec le grand-maître de l’Hôpital , il attaqua le prince Afdhal , fils de Saladin , au retour d’une course qu’il avait faite sur les terres des Francs. La partie n’était pas égale. Cinq cents chrétiens combattirent contre cinq mille musulmans. Presque tous les chevaliers périrent dans le combat , après avoir fait des prodiges de valeur. On admira surtout la bravoure de Jacquelin de Maillé, que les musulmans prirent pour saint Georges , patron des armées chrétiennes.
Cette action est du 1er mai. Le 5 juillet suivant se donna la fameuse bataille de la Tibériade qui dura trois jours.
Les Templiers descendirent les premiers dans la plaine , et chargèrent les Infidèles avec leur valeur ordinaire ; ils poussèrent d’abord et culbutèrent tout ce qui se présenta devant eux. Jamais , disent les historiens , ces braves guerriers n’avaient fait paraître tant de courage et d’intrépidité. Mais le traître Raymond , comte de Tripoli , qui commandait le corps qui les devait soutenir les abandonna lâchement et s’enfuit de concert avec Saladin qui le laissa échapper. Les Templiers, demeurés seuls , furent accablés par la multitude des ennemis , et tous furent tués ou demeurèrent prisonniers. Le reste de l’armée se relira en désordre; Saladin la poursuivit et l'écrasa; çç fut moins un combat qu’une boucherie.
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Saladin fit dire aux chevaliers prisonniers de guerre qu’il leur accorderait la vie s’ils consentaient à renier Jésus-Christ ; mais ces intrépides guerriers repoussèrent cette proposition avec horreur : ils furent tous égorgés. Le grand-maître seul fut réservé.
La perte de cette bataille fut suivie de celle de toutes les places de la Syrie et de Jérusalem elle-même qui , quatrevingt-huit ans après la conquête qu’en avaient faite les premiers croisés , tomba au pouvoir de Saladin.
Quelques mois après cet évènement, Terric obtint sa liberté ; mais obligé par le serment qu’il avait fait à Saladin de ne jamais porter les armes contre lui , il donna sa démission , se regardant comme incapable par cet engagement de continuer à gouverner l’ordre.
GÉRARD DE RIDERFORT.
Gérard de Riderfort ou de Béderfort (il y avait en Flandre et en Angleterre plusieurs familles de l’un et de l’autre nom), successeur du grand-maître Terric , commanda le corps de réserve à la bataille qui se donna, le 4 octobre 1189, contre Saladin. L’aile droite des ennemis fut culbutée au premier choc ; mais tandis que les Francs s’amusent au pillage , Saladin revient sur eux et en eût fait un horrible carnage sans la brave résistance des Templiers. Le grand-maître périt dans l’action avec plusieurs des siens, heureux , dit un contemporain , de terminer tant de beaux exploits par une mort aussi glorieuse !
L’histoire ne parle point des autres actions où ce grand capitaine se signala. Corneille Zanfiiel place la mort de Riderfort dans une autre circonstance. Ce fut , selon cet historien , au siège d’Acre (1191) qu’il fut tué. Après sa mort, le magistère vaqua pendant dix-huit mois. Durant cette vacance , le roi d’Angleterre s’étant rendu maître de l’île de Chypre l’engagea aux Templiers pour vingt-cinq mille marcs d’argent.
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