ROBERT DE SABLÉ
Robert de Sablé ou de Sabloil fut élu grand-maître du Temple après l’arrivée du roi d’Angleterre en Palestine. Il avait commandé la flotte qui avait amené ce prince , et s’était fait Templier k son arrivée devant Acre. Les grands exploits où il s’était distingué en Espagne, en Sicile et ailleurs, lui tinrent lieu de probation. A peine eut-il été admis , qu’il se vit à la tête de l’ordre. L’an 1191 , les Templiers, sous la conduite du roi d’Angleterre, gagnèrent, au mois de juillet, une bataille contre Saladin dans la plaine d’Arsoph. A la faveur de cette victoire , ils se trouvèrent en étal de réparer les places maritimes , objet auquel ils donnèrent tous leurs soins.
L’an 1192 , le grand-maître remit au roi d’Angleterre l’île de Chypre , sur les difficultés que l’ordre éprouvait k conserver ce dépôt.
Les deux ordres du Temple et de l’Hôpital furent battus en Espagne par le Miratnolin d’Afrique , en 1 1 94. Deux ans après au plus tard (1 196), Robert de Sablé finit ses jours. Au commencement de son magistère ou sur la fin du précédent , on vit naître en Palestine un nouvel ordre militaire, celui des chevaliers Teutoniques , qui subsiste encore de nos jours dans le nord.
GILBERT HORAL OU IIÉRAIL.
Gilbert Horal, précepteur de France, était pourvu du magistère en 1 196. L’an 1197, les chevaliers de Palestine refusèrent de joindre leurs armes à celles des Impériaux contre les musulmans. L’honneur et la religion du serment furent cause
TEMPLIERS
de ce refus. Ils avaient signé et juré la trêve conclue par le roi d’Angleterre avec l’ennemi. L’an 1199, grande querelle entre les Templiers et les Hospitaliers. On en vint aux mains. Terric , ci-devant grand-maître du Temple , et Villeplane , son confrère , furent députés au pape Innocent III sur ce démêlé. Le pape , après avoir blâmé les deux partis , renvoya l’affaire aux évêques d’Orient qui condamnèrent les Templiers. On ignore l’année de la mort du grand-maître Horal ; mais il ne passa pas l’année 1 201 .
PHILIPPE DU PLESSIEZ.
Philippe du Plessiez, né d’une famille illustre d’Anjou, était en possession du magistère, selon Ducange, en 1 201 . Lamême année , le roi d’Arménie enleva aux Templiers le fort Gaston , situé dans ses Etats. L’an 1202, le grand-maître fit déployer le Beausiant pour obliger ce prince à restituer laplace. On convint ensuite d’une suspension d’armes jusqu’à l’arrivée des légats ; celle convention était l’effet d’une impuissance réciproque. Le roi, dans l’intervalle, chassa tous les Templiers de son royaume et fit saisir tous les biens qu’ils y possédaient. Ce démêlé fut terminé en 1213 à l’avantage de l’ordre.
L’an 1208, lettre du pape Innocent III aux Templiers sur leur désobéissance envers les évêques et même les légats. Les grandes richesses de l’ordre avaient produit cet esprit d’indocilité. Elles augmentèrent dans la suite et ne rendirent pas ces chevaliers plus souples.
En 1210, le roi d’Aragon fit donation aux Templiers du fort d’Azuda et de la ville de Tortose.
En 1213, fameuse victoire d’Ubéda, remportée sur les Maures d’Espagne. Entre les Templiers qui s’y distinguèrent , on remarque Gomez Ramirez , précepteur de Castille , qu’on a fait mal à propos grand-maître de l’ordre.
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TEMPLIERS
L’an 1217, prise d’Alcazar et autre bataille gagnée sur les Maures. On fut redevable, en partie , de ces avantages à la valeur des chevaliers. Du Plessiez mourut cette année.