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LE GÉNÉRAL BERNARD

La Restauration le nomma grand- officier de la Légiond’Honneur et lui conserva ses fondions au conseil d’Etat (1), où il ne cessa jusqu’à la fin de rendre des services signalés à son pays.

Il mourut, à Paris, le 20 octobre 1824. Sa fille avait épousé le général comte Dupont.

Le général BERNAUD.

Bernard (Ignace-Blesmont) , né à Sonillac, près de Saint- Côme, le 3 juillet 1768, maréchal-de-camp honoraire en retraite , officier de la Légion-d’Honneur et chevalier de Saint-Louis , mort en janvier 1843.

Le général Bernard avait complété à Bordeaux des études accompagnées de brillants succès , et se destinait à l’état ecclésiastique quand vint la Révolution de 89. Il adopta avec ferveur les opinions royalistes , fut un des fauteurs de l’insurrection de Lapanouse, le 21 mars 1793, et, deux mois après, seconda vaillamment Charrié dans ses éphémères succès de Chanac (2). Par sa participation à ces troubles, Bernard encourut la peine capitale , et n’y échappa qu’en allant rejoindre , en Piémont, le 2e bataillon de l’Aveyron. Le général Tarayre , alors capitaine , devint son protecteur et son ami.

Bernard fit les compagnes d’Italie et d’Egypte , y conquit ses premiers grades , et , devenu aide-de-camp du général La Grange, il n’a cessé depuis de faire partie du corps d’état-

(1) Il fut attaché au comité des finances bd service ordinaire, par ordonnance royale du 1" mai 1817.

(2) Le combat de Chanac où les royalistes , commandés par Charrié , battirent et mirent en fuite les troupes révolutionnaires, eut lieu le 30 mai 1793.

LE MAJOR BESSODES.

major. Eu égard à ses nombreuses campagnes (4), au courage et k la capacité dont il avait fréquemment donné des preuves, l’avancement de cet officier fut peu rapide.

Son grade de chef de bataillon d’état-major ne datait que du 28 juin 1814. 1! était alors olîicier de la Légion-d’Honneur. Il fut nommé colonel le 9 janvier 1831. Enfin, après quarante ans de services , il revint à Saint-Cûme, son pays natal, et retrouva dans le foyer domestique ce calme heureux , si nécessaire au déclin de la vie , et cette considération qui est la plus douce récompense du mérite.

« La douceur de ses mœurs , dit son biographe , la délicatesse de ses sentiments , son indulgente bonté , non moins que l’élégance de ses manières et le charme de sa conversation avaient fait de sa modeste habitation le rendez-vous de tout ce qui pouvait apprécier ses éminentes qualités. »

Le général Bernard est mort dans les bras de la religion.

Le major

BESSODES.

Le major Bessodes , officier de la Légion-d’Honueur, chevalier de Saint-Louis, né k Gagnac , canton de Laissac, le 10 juillet 1763 , retraité en 1817, mort le 18 janvier 1822.

Entré avant la Révolution dans le régiment de royal- Navarre (cavalerie), sans autre appui que son mérite et sa bravoure, il fut l’enfant de ses œuvres, et ne dut qu’a sa bonne conduite l’avancement lent et successif qui le porta de grade en grade k celui de major (lieutenant-colonel) de cavalerie , et lui mérita la récompense des braves.

(1) Ses états de services portent :

De 1804, à l’armée du Nord;

De 1806 et 1807, à la grande armée ;

De 1808, 1809 et 1810, en Espagne;

De 1812 et 1813, avec la grande armée. — Cinq blessures.

LE GÉNÉRAL BÉTEILLE.

Le général BÉTEILLE.

Béleiile, Alexis (I), naquit au foubourg Saint-Cyrice de Rodez , le 7 août 1763.

A l’âge de dix-neuf ans et après avoir terminé ses études , il s’enrôla dans le régiment de Berry (chevau-légers), et rentra dans ses foyers le 28 septembre 1787.

Il resta dans le sein de sa famille jusqu’au 23 janvier 1792, époque à laquelle il reprit du service comme lieutenant dans le 2e bataillon de l’Aveyron , qui devint plus tard d’abord 36', puis 83e demi-brigade, et enfin, 83e régiment d’infanterie de ligne. Ce grade lui fut conféré par l’élection , chaque bataillon ayant eu le droit de se choisir ses officiers.

Le 28 juin de la même année , il fut promu au grade de capitaine. Ce fut en celte qualité qu’il fit les campagnes d’Italie , prit part au siège de Toulon et se trouva à l’assaut de la montagne de Pharaon. Il passa deux ans sur les Alpes, sans solde , exposé aux intempéries de l’hiver et en butte à toute sorte de privations.

Pendant ce temps , il y avait journellement des attaques de poste dans lesquelles il déploya beaucoup de fermeté et de courage. Il combattit à la bataille de Louano. Le général Bonaparte étant venu prendre le commandement de l’armée, les opérations militaires eurent les plus brillants résultats.

Béteille assista à la bataille de Mondovi , aux deux batailles de Ilivoli et à la conquête du Tyrol italien jusqu’au dessus de Trente. Il fut fait prisonnier dans la vallée de LaVis, au combat de la Piaça. Chargé de garder une position , il s’y défendit vigoureusement ; mais attaqué par des forces supé-

(1) Cet article a été fourni par M. le lieuteuaut-général Tarayre , compagnon d'armes du général Béteille.

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rieures , il dut céder au nombre, après avoir perdu une partie de ses soldats.

Rentré dans l’armée française , à la suite d’un échange de prisonniers qui eut lieu après le traité de Campo-Formio , il rejoignit la 85e demi-brigade et partit avec elle pour l’Egypte.

11 se trouva à la bataille de Chebreis , k la bataille des Pyramides , au combat de Salagé , k la bataille d’Héliopoiis et k celle de Canopes. Sa belle conduite dans cette dernière affaire lui valut le grade de chef de bataillon.

C’est k cette époque que !e général Menou lui donna le commandement du fort du Marabout, poste important qui laissait une communication des Arabes avec Alexandrie , assiégée par les Anglais.

On donna au commandant Béteille quelques marins, quelques artilleurs, une centaine de fantassins et trois ou quatre officiers.

Ce groupe de braves alla prendre possession du Marabout , s’y fortifia le mieux qu’il put, puis attendit l’ennemi. Celui-ci ne tarda pas k paraître. L’attaque fut vive , la défense opiniâtre. A la fin de la journée , un officier Anglais fut envoyé pour engager les Français k se rendre , la défense du fort étant évidemment désespérée.

Le commandant Béteille fit approcher l’officier anglais, lui montra les murs du fort intacts , après quoi il lui demanda si ksa place il capitulerait. — Non, répondit le parlementaire. — Je ne capitulerai donc pas , répliqua le commandant Béteille.

Le lendemain , l’attaque et la défense recommencèrent de plus belle. Au bout de la journée, il se présente encore un parlementaire pour sommer la garnison de se rendre.

Le commandant Béteille se présente , montre k l’officier anglais sont fort encore debout, lui répète la question de la veille : — A ma place , vous rendriez-vous ? — Non. — Ni moi non plus , répartit Béteille.

Le lendemain , nouveau combat , et ce misérable fort que le général Menou avait cru pouvoir résister tout au plus vingt-quatre heures , se défendit pendant huit jours consécutifs.

Au bout de ce temps , le fort , incessamment battu parles

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bâtiments anglais , s’écroula en partie et ensevelit sous ses décombres les vivres et les munitions. Pas une batterie qui ne fût démontée. Tous les artilleurs étaient morts ou blessés.

Une nouvelle sommation de se rendre ayant, été faite par l’officier commandant les forces britanniques , le commandant Béteille ouvrit cette fois l’oreille. Il convoqua un conseil de guerre qui délibéra qu’il y avait lieu de capituler. Cela se passait le 3 fructidor an IX. Le même jour, la capitulation fut signée. La garnison obtint la faveur de sortir du Marabout avec les honneurs de la guerre. Il fut convenu qu’elle serait transportée en France sur un vaisseau anglais, et qu’elle ne pourrait servir qu’après avoir été échangée. *

Le commandant Béteille eut à se louer des procédés de l’officier anglais , sous lequel il fit une très-agréable traversée et visita les principaux ports anglais de la Méditerranée.

Il arriva au port de Marseille le jour où la 85* demibrigade , partie près de deux mois après la capitulation du Marabout , y débarquait elle-même , à la suite des revers qui nous chassèrent d’Egypte.

La défense du Marabout fut signalée au ministre de la guerre par la lettre suivante que lui écrivit le général Menou, lettre qui est un titre de gloire pour le général Béteille :

« Mon cher général , je ne saurais trop recommander à votre intérêt le brave Béteille , chef de bataillon à la suite de la 80e demi-brigade. C’est lui qui a défendu , avec une intrépidité au-dessus de tout éloge, le fort du Marabout , contre les Anglo-Turcs qui l’attaquaient avec une immense quantité de bouches à feu. L’île et le fort ont été réduits en poudre. La tour avait été jetée à bas par les bombes. U y a peu d'exemples d’une défense aussi vigoureuse. Si tout le monde avait fait son devoir comme Béteille, nous serions encore en Egypte. Cet officier est plein de moralité , de modestie et d’instruction : je ne puis trop vous le recommander. »

Le commandant Béteille fut nommé , le 9 ventôse an X , chef d’escadron de la 11e légion de gendarmerie.

Le 5 janvier 1810 , il fut envoyé en Espagne, k la tête du 4e escadron de ce corps. Il s’y comporta à sa manière ,

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c’est-à-dire en brave, et fut nommé, un an après, colonel de la première légion.

L’année suivante , fut livrée en Espagne , près de Burgos, la bataille de Villadrigo contre les Anglais. Le colonel Béteille y prit une part des plus honorables , à la tète de sa légion.

Neuf escadrons anglais étaient aux prises avec cinq escadrons français qui , pris à ('improviste , combattaient en désespérés , lorsque parut le colonel Béteille , qui se jeta sur le flanc droit de l’ennemi , à la tête de ses deux escadrons, le défit et le chassa jusqu’à Villadrigo. Le colonel Béteille reçut dans cette affaire douze blessures presque toutes graves, et fut tellement abîmé qu’il resta pour mort sur le champ de bataille. Des soldats traînèrent son corps pour s’emparer de ses bottes et l’abandonnèrent. Un maréchal des-logis nommé Lefèvre , qui était à sa recherche parmi les morts , le reconnut. Ayant reconnu en lui quelque reste de chaleur vitale , il le fit emporter, et peu à peu Béteille revint à la vie. On jugera de la gravité de ses blessures quand on saura qu’une partie de son cerveau avait été mise à nu.

Le colonel Béteille rentra en France et passa quelque temps à Rodez. Dès qu’il fut guéri de ses blessures, il reprit le commandement de sa légion, qui fut appelée à Paris en 1813.

L’Empereur passait successivement en revue tous les corps de cette importante garnison. Le colonel Béteille attendait impatiemment son tour qui n’arrivait jamais. Enfin , sa légion reçut ordre de se préparer pour le 25 février.

L’Empereur fit au colonel et à sa troupe le plus bienveillant accueil. Quelque temps après, les journaux (1) annonçaient que Napoléon , pour prouver la satisfaction que lui avait fait éprouver la conduite de la 1re légion de gendarmerie contre les Anglais , avait décidé que tous les sous-ofliciers seraient nommés sous-lieutenants ; les sous-lieutenants lieutenants , et ceux-ci capitaines. Les deux chefs d’escadron furent nommés colonels , plus de quatre-vingts croix d’honneur furent distribuées ; tous les officiers reçurent des dola-

(1) Bulletin de l'administration de l’Aveyron du 6 mors 1813.

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