PHYSIQUE ET MÉTÉOROLOGIE
Manière de déterminer par approximation, à la fin de septembre , le nombre de jours de pluie du mois d’octobre suivant (Annales de V Agriculture , 1823).
Notes sur le même sujet (Ibid., 1837).
Mémoire en réponse à des questions relatives à l’influence météorologique du département de l’Aveyron ( Feuille villageoise).
Essai sur le son (Annales de la Société Linné enne , 1826).
Mémoire sur les divers états atmosphériques de l’Eau (Annales de V Agriculture , 1846).
Observations barométriques et tliermométriques quotidiennes , avec d’excellents instruments , continuées pendant près de quarante années.
À celte longue nomenclature il faudrait ajouter une quantité à peu près égale de travaux manuscrits inédits.
M. Girou de Buzareingucs a fondé le comice agricole de Sévérac, un des plus anciens qui soit en France ; les Statuts qu’il lui a donnés ont servi de modèle à plusieurs de ces institutions agricoles.
Nommé membre du Conseil général de l’Aveyron au commencement du règne de Louis-Philippe , il cessa d’en faire partie lorsque le nombre des membres de celle assemblée fut réduit.
Sous la présidence du prince Louis-Napoléon , il cul la satisfaction d’apprendre combien son nom était honoré dans la science ; en 1850, l’ordre se raffermissait déjà et la fête du 4 mai fut célébrée dans cet esprit. On érigea, sur la place de la Concorde, quatre arcs de triomphe dédiés aux sciences , aux lettres , aux arts et à l’agriculture ; le nom de M. Girou
GIROU DE BUZAREINGUES.
de Buzareingues se trouva du très-petit nombre des auteurs vivants qui furent inscrits au milieu des plus grandes illustrations de la France.
Doué d’un naturel ferme et bienveillant, esprit droit, intelligence d’élite , sévère pour lui , indulgent pour les autres ; de mœurs pures , inflexible dans son devoir, M. Girou de Buzareingues ne permit jamais qu’on attaquât en sa présence un de ses amis absent, et son noble cœur était blessé par la médisance, dont il ne toléra jamais l’usage autour de lui. Constant dans toutes ses affections, on a vu que sa tendresse pour ses enfants avait été le stimulant qui l’avait poussé vers l’étude; c’est pour eux qu’il écrivit ses plus importants ouvrages. Sa Philosophie physiologique , politique et morale , travail remarquable par son style et sa haute portée , n’était point destiné à être publié. Il écrivit sur l’éducation pour ses petits-enfants , et pour eux il publia , presque à 80 ans , un volume sur la morale. Plusieurs fois il fut porté pour être membre résidant de l’Académie des sciences , et il approcha fort près du but ; on opposait à sa candidature la non résidence à Paris. Une année de séjour dans cette ville eût suffi pour lever toute objection ; mais il aurait fallu passer ce temps sans voir sa mère, âgée et souffrante; il ne voulut pas y consentir.
Doué d’une grande pénétration et d’une force d’attention incroyable , il aimait à approfondir les problèmes difficiles et se trouvait porté vers les idées abstraites. Il écrivait souvent entouré de personnes qui causaient sans être distrait par leur conversation de ses pensées les plus sérieuses. Pendant la veille, le repos lui était inconnu : il fallait que son esprit ou son corps travaillât. Naturellement grave , il aimait de voir autour de lui l’expression de la gaîté. Peu d’hommes ont écrit d’une manière aussi sérieuse sur un aussi grand nombre de sujets. Son style concis ne dit jamais un mot de trop pour rendre sa pensée ; aussi le lecteur n’est pas toujours dispensé d’attention s’il veut le suivre.
Ayant vécu entièrement isolé , privé de toute communication avec le monde savant , tous ses écrits , qui ont été composés dans la solitude , portent l’empreinte d’un grand esprit de méditation et de profonde investigation.
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Novateur hardi , on l’a vu créer à l’observation des routes nouvelles et aborder avec succès des sujets que l’on croyait inaccessibles. Dans sa modeste simplicité, cette laborieuse existence était presque ignorée de ses voisins, taudis qu’au loin ses ouvrages étaient traduits dans plusieurs langues étrangères. Sa méthode d’observation révolutionnait le monde médical, en créant la méthode numérique aujourd’hui généralement adoptée.
Ses travaux de physiologie et d’anatomie végétale , accompagnés d’observations microscopiques et de planches d’une grande finesse, dessinées par lui-même, passionnaient les botanistes , et ses doctrines de physiologie animale retentissaient plus ou moins dans toutes les chaires de physiologie de l’Europe. Ici , on reconnaissait en lui un agronome habile; là, un botaniste éminent; ailleurs, un physiologiste ou un métaphysicien de premier ordre , et son nom devenait de plus en plus vénéré dans le monde savant , tandis que sa réputation d’homme de bien et de citoyen intègre se répandait autour de lui. Aussi, lorsque, aux dernières élections pour la députation, il recommanda son fils Louis à ses compatriotes, son appel fut entendu, et celui qui portait son nom obtint 25,000 suffrages.
Enfin , M. Girou de Buzareingues a terminé sa longue carrière avec la sérénité de l’homme de bien , entouré de ceux qu’il a tant aimés, sans éprouver une douleur et sans proférer une plainte. On peut dire qu’il est mort comme il a vécu (IJ.
(Extrait du journal /’ Aigle).
Le colonel GRANDSAIGNES.
Grandsaignes (Etienne-IIippolyte-Gilles de), général de brigade , chevalier de la Légion-d’Honneur, né à Millau en 1 776,
(1) M. Jules Durai a publié , sur ce savant compatriote , une biographie fort détaillée , Paris, 1858, chez Ennuyer, rue du lîoulevarddes-Batignoles, 7, 155 p. in-8\
LE COLONEL GRANDSAIGNES.
d’une famille dont plusieurs membres s’étaient distingués dans les armes.
En 1792, Grandsaignes , qui était alors élève à l’école royale militaire d’Effiat, partit avec un détachement de gardes nationaux de la ville de Riom , pour s’opposer à une insurrection qui venait d’éclater dans le département de la Lozère. A son retour, il fut licencié et entra peu de temps après en qualité de volontaire dans les canonniers du bataillon du Tarn Le Vengeur. Il se distingua pendant la dernière campagne des Pyrénées et a l’armée des côtes de l’Océan. Le 11 octobre 1798, il fit partie de l’expédition d’Irlande, sortie de l’île d’Aix , et déploya une rare intrépidité dans le combat naval que la division Savary soutint contre la division anglaise. Ayant été promu au grade de chef de bataillon , en récompense de sa conduite glorieuse à l’armée de l’ouest et pendant l’expédition des côtes d’Egypte sur l’escadre du contre-amiral Gantheaume , cet officier fut nommé aide-de-carap du général Bonnet ; il s’embarqua avec lui pour Saint-Domingue où il signala sa valeur dans diverses actions, et notamment à l’attaque du bourg de Bombarde , où il fut dangereusement blessé. Quoique celte position fût défendue par 1 ,300 hommes d’infanterie et quatre pièces de campagne , le brave Grandsaignes , qui n’avait à ses ordres que cent soixante hommes , tourna la position avec habileté , escalada les retranchements à la faveur de la nuit , passa la garnison au fil de l’épée et rejoignit la division Bonnet, de laquelle il avait été détaché , amenant avec lui l’artillerie ennemie. Le succès de cet assaut sauva la ville du Mole dont les noirs étaient sur le point de s’emparer. A la prise du fort de la Paix , ce chef de bataillon , qui commandait la troisième brigade de la division Bonnet , entra le premier dans le petit fort ; son exemple donna l’élan à la troupe , qui emporta la position à la baïonnette. Cette affaire fit élever Grandsaignes au grade d’adjudant-commandant, et bientôt après à celui de colonel du 110e régiment d’infanterie de ligne.
De retour en France , il fut employé en 1805 et en 180G à l’armée d’Italie, comme chef d’état-major des grenadiers réunis ; il passa ensuite en Portugal où il fit les campagnes de
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1 807 et 1 808 , en qualité de premier aide-de-camp du maréchal Junot, duc d’Abrantès , et se distingua à la bataille de Vimeiro , où , à la tête d’un faible détachement de cavalerie, il chargea un escadron ennemi , le culbuta et le fit périr sous les coups de sabre de ses soldats. A cette même bataille , le général Junot avait couru quelques dangers au commencement de l’action , en se portant trop avant pour rallier l’infanterie ; il allait être enveloppé par la cavalerie ennemie , lorsque son premier aide-de-camp , le colonel Grandsaignes , accourut avec quelques officiers et quelques cavaliers d’ordonnance et parvint à le dégager.
En 1809 , l’Espagne et l’Allemagne devinrent alternativement le théâtre où brilla la valeur de Grandsaignes ; mais elle ne se montra nulle part avec plus d’éclat qu’au siège de Sarragosse, où il mérita les éloges de toute l’armée. Les campagnes de 1 81 0 , 1 81 1 et 1 81 2 dans la Péninsule ne firent qu’ajouter à sa réputation militaire.
Au combat de Celada , près de Burgos , le 10 mai 1812 , il rendit les services les plus signalés ; on le vit dans plusieurs charges successives , à la tète de cinquante cavaliers , culbuter l’ennemi et lui faire un grand nombre de prisonniers. Cependant l’ardeur de combattre Payant entraîné trop loin , il fut entouré par 1 ,500 soldats de l’armée de Mina ; il se défendit longtemps et fit des efforts incroyables pour réussir à se frayer un passage. Quarante-sept hommes de son escorte furent tués à ses côtés ; debout au milieu des cadavres de ses guerriers , il portait encore des coups mortels et ne semblait leur survivre que pour les venger. Mais l’heure fatale du héros était sonnée ! Ce bras si redoutable à l’ennemi se leva pour la dernière fois. Une balle frappa au cœur celui à qui l’amour de la gloire avait fait affronter tant de dangers ; il périt à 36 ans et le jour même où il devait se rendre en Allemagne pour poursuivre sa belle carrière militaire , en qualité de général de brigade , grade que sa bravoure et ses services lui avaient fait donner par l’empereur.
( Extrait des fastes de la gloire, t. I. Victoires et conquêtes, vol. 18).
LE COLONEL HIGONET.
Le colonel HIGONET.
Higonet (Joseph), colonel du 108e régiment de ligne, commandeur de la Légion-d’Honneur, né le 1er janvier 1772, à Saint-Geniez , dans les rangs de la bourgeoisie , reçut une bonne éducation, et, après avoir terminé ses études au collège Sainte-Barbe, à Paris, rentra dans ses foyers au moment où l’enthousiasme révolutionnaire , électrisant les masses , créait des milliers de défenseurs à la patrie. Higonet s’engagea comme volontaire dans le 2e bataillon de l’Aveyron au mois de juillet 1792, et dut à son instruction et à ses avantages physiques le grade de capitaine qui lui fut donné presque au début. Il justifia noblement cette faveur.
Successivement attaché à la 56e et à la 85e demi-brigades , il combattit avec ces corps en 1792 et 1793 sur le Rhin , se trouva au siège de Toulon (19 décembre 1793), et y reçut un coup de feu , fit ensuite toutes les campagnes d’Italie où dans maintes occasions il déploya le plus brillant courage.
On cite entre autres la bataille de Rivoli (14 janvier 1797), où le capitaine Higonet se précipita , à la tète de sa compagnie , sur l’ennemi qui pressait l’avant-garde de l’armée française , lui fit cinquante prisonniers et lui enleva trois pièces de canon.
Mais bientôt , le général Bonaparte , faisant voile vers l'Egypte , va tenter contre la puissance ottomane une de ces luttes gigantesques que l’Europe . depuis les Croisades , n’avait plus osé renouveler.
Le capitaine Higonet fut au nombre des hommes d’élite qui l’accompagnèrent ; et les blessures qu’il reçut à Alexan.