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EVRARD DES BARRES

Evrard des Barres fut élu , par le chapitre de son ordre , pour succéder à Robert le Bourguignon. Il était Français et précepteur ou maître particulier de son ordre en France , dès l’an 1143.

En 1148, Evrard, à la tête des siens, alla au-devant de Louis-le-Jeune , qui venait au secours de la Palestine. Il le joignit en Pamphylie. Louis avait besoin de ce renfort. Son armée, battue au mois de janvier et continuellement harcelée dans un labyrinthe de défdés qu’elle ne connaissait pas , courut risque d’être anéantie par les Turcs. Evrard la tira de tous ces dangers et lui servit de guide pour continuer sa route. Durant le séjour que le roi Louis fit en Syrie, les Templiers lui rendirent d’autres services importants. Les lettres qu’il écrivit de ce pays à Suger, son ministre, en font foi. Dans une de celles-ci , Evrard est expressément nommé grand maître du Temple.

En 1149 , Evrard accompagna le roi de France à son retour. Etant venu k Clairvaux, il y embrassa la vie monastique, envoya son abdication en Palestine, et persévéra dans sa nouvelle vocation , malgré les instances que lui firent les Templiers pour l’engager k revenir.

TEMPLIERS

BERNARD DE TREMELAY.

Bernard de Trémelay , chevalier de la première noblesse de Bugey , fut substitué, sur la fin de 1149, au grand maître des Barres. L’an 1 150 il marcha, à la tête de ses chevaliers , sous les ordres du roi Beaudoin, pour s’opposer aux progrès de Noradin. S’étant présentés devant le château de Harenc , ils furent obligés de se retirer après quelques jours d’attaque. En 1152, les chevaliers des deux ordres, secondés par les habitants de Jérusalem , repoussèrent les Musulmans qui s’étaient avancés jusqu’au mont des Olives. Ils se rendirent , en 1153, au siège d’Ascalon. Cette place , après une longue résistance , capitula le 12 août de la même année , selon Pagi. Mais l’empressement des Templiers à vouloir y entrer par une brèche faite au hasard leur coûta cher. De quarante qu’ils étaient, il n’en échappa aucun , pas même le grand-maître , à qui on trancha la tête comme aux autres.

BERTRAND DE BLANQUEFORT.

Bertrand de Blanquefort succéda dans le magistère à Bernard de Trémelay. Il était fils de Godefroy , seigneur de Blan. queforten Guienne (1). Le 19 juin 1156, surpris dans un défilé par Noradin , il fut fait prisonnier avec quatre-vingt-

(1) C’est celte maison de Blanquefort qui se confondit au commencement du xv* siècle avec celle de Roquefeuil.

templiers.

sept des siens. Enflé de ce succès, le sultan alla faire le siège du château de Panéas ; mais les Templiers , conduits par le roi Beaudoin , l’obligèrent à le lever. Trois ans après, Bertrand recouvra la liberté avec ses compagnons prisonniers et six mille autres captifs , par les soins de l’empereur de Constantinople. Il mourut en 1168 avec la réputation d’un religieux édifiant et d’un capitaine très versé dans le métier de la guerre.

Sous le magistère de Bertrand vivait André de Montbard , oncle maternel de saint Bernard , que l’abbé Geoffroy qualifie maître du Temple et regarde comme le plus ferme appui du royaume de Jérusalem , dans la vie de ce saint.

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