‹ Ordres équestresChapitre 93 sur 126 · Madame Evrard, comédie-vaudeville · texte numérisé non relu

Madame Evrard, comédie-vaudeville

6. Monsieur Bonhomme , vaudeville en 3 actes, 9 février 1836. Barba, éditeur.

En tout , 67 pièces.

Eugène Planard a laissé quelques autres écrits :

Almédan ou le Monde renversé, imité d’une ancienne chronique, Paris, Papinot , 1825, 3 vol. in-1 2.

Discours prononcé à la séance publique de la Société académique des Enfants d’Apollon , le jeudi 4 mai 1826, 85e année de sa fondation , Paris , Plassan , 1526 , in-8°, 24 p.

Des articles dans les Ephémërides , publiées par une Société de gens de lettres , 1 836 , 1 3 vol. in-8°.

Discours prononcé sur la tombe d’Hérold , le 21 janvier 1833 (journaux du temps).

Il a paru dans un journal de Seine-et-Oise , après 1848, des extraits de mémoires de M. Planard. Ces mémoires n’ont pas été retrouvés après sa mort.

Le général PftESTAT.

J’ai souvent entendu dire : « La nature impressionnable » des habitants de Villefranche les rend propres aux beaux- » arts ; les sciences et le génie militaire leur sont incompati- » blés. » Rien de plus faux que celle assertion. En passant en revue les hommes d’élite de mon pays , je n’en ai pas trouvé un seul qui se soit fait un nom dans les arts; tandis que les sciences nous présentent un astronome distingué , Borellv , un jeune savant qui nous promet de beaux travaux, Adrien Lafon , et les armes Gautier, Claude Polier, le maréchal de Belle-Isle, le capitaine Treille, ennobli pour ses exploits , et le général de brigade Preslat, dont nous allons donner la biographie.

Prestat, Jean-Charles, naquit à Villefranche-de-Rouergue le 21 octobre 1760 , du mariage de François Preslat, pharmacien, et de Charlotte Féral. Il était l’aîné de dix-sept enfants. Son éducation fut confiée à son oncle Féral , curé de Villeneuve-d’Aveyron. Dès son enfance il avait manifesté un penchant très vif pour la profession des armes ; aussi , le 1er novembre 1779, s’engagea-t-il dans le régiment de Forez, devenu le 14e régiment d’infanterie. 11 y obtint rapidement les premiers grades. Le 13 octobre 1786 , il se relira, par congé de grâce , à Sédan , où il contracta mariage avec une demoiselle Wyrïc , et où il fut , pendant six ans, employé au bureau du service militaire de celte place. Mais quand les armées autrichiennes vinrent menacer nos frontières , il s’arracha aux douceurs de la famille , et il vola à la défense de la patrie avec le grade de capitaine de la garde nationale que les Sédanais lui offrirent le 25 juillet 1789. Le 16 mai 1792 , il fut acclamé par eux chef de bataillon.

C’est avec ce grade qu’il partit pour l’armée le 10 octobre

suivant , à la tête de quatre compagnies de chasseurs volontaires. Le 23 mai 1793 , il fut nommé chef du 16e bataillon d’infanterie légère.

Au début de la campagne de 92 il donna, dans les moments les plus dangereux , des preuves d’un courage si intrépide , que le pouvoir exécutif l’éleva , le 8 pluviôse an II , au grade de général de brigade , et l’employa , en celle qualité , dans les villes de Rocroi , Mariembourg, Philippeville , Givet, Charlemont , W.ézières, Sédan, Verdun et Montmédy. Preslat pourvut à la défense de ces places et s’attira l’estime de leurs habitants. Il servit successivement sous les ordres des généraux Augereau , Barbou , Béginot , Charbonnier, Desjardins , Ernouff , Hélie , Jourdan . Loison , Marceau , Mayer, Moreau , de Rocroi et Sionville , qui rendirent un éclatant témoignage de son zèle et de son intelligence.

C’est surtout sur le champ de bataille qu’il mérita les plus grands éloges. « De tous les traits d’héroïsme qui ont signalé » la trop courte carrière du général Prestat , nous n’en cite- » rons que deux. Le premier concerne la levée du blocus de » Manbeuge par les Autrichiens , qui avaient non-seulement » investi cette place , mais aussi le camp dans lequel les » Français s’étaient retranchés. L’ennemi avait sous les murs » de celle ville un fort parc d’artillerie et une redoute qui en » défendait l’approche. Pendant que Jourdan gagnait la ba- » taille de Walignies , le 16 octobre 1793, Prestat, alors co- » lonel , conçut le projet d’enlever la redoute et d’enclouer » l’artillerie , et en fixa l’exécution à la nuit suivante. Il de- » manda quarante hommes déterminés; quatre cents se pré- » sentèrent. Ces braves , commandés par Prestat , prirent la » redoute , sabrèrent les artilleurs et enclouèrent toutes les » pièces du parc autrichien. Le lendemain, au point du jour, » l’armée ennemie évacua ses positions , et la ville fut déli- » vrée. Ce fait d’armes lui valut son grade de général de bri- » gade. Le second est plus merveilleux encore. A la prise de » Namur, le 16 juillet 1794 , étant accompagué de deux offi- » ciers , Vallabrègue , son aide-camp, et Lebreton, adjoint » à l’état-major, il s’introduisit dans la place en escaladant les » fortifications , désarma onze postes de troupes autrichiçn-

» nés, et reçut sur le rempart même les clefs de la ville, » dans laquelle nos troupes entrèrent immédiatement (1). »

Comment un fait si glorieux a-t-il été oublié dans l’ouvrage qui a pour titre : Victoires et conquêtes des Français depuis J792 ? Les auteurs de cet ouvrage avaient cependant reçu un certificat qui ne leur permettait pas de garder le silence. Voici ce que porte cette pièce ;

« Nous soussignés, officiers municipaux de la ville de Na- » mur, déclarons que , lors de la reddition de notre ville aux » troupes de la République française , nous en avons remis » les clefs , sur le parapet du rempart, au général Preslat, » qui , étant accompagné des citoyens Vallabrègue , son ai- » de-camp , et Lebreton , adjoint à l’état-major, s’étaient in- » traduits dans la place en escaladant les fortifications , et , » aidés ensuite des patriotes namurois , ont , après avoir dé- » sarmé les troupes impériales , fait débarricader les portes, » et les ont ouvertes à leurs troupes qui étaient dans l’ave- » nue de Bruxelles ; ce que nous attestons en faveur de la » vérité.

» Namur, 6 thermidor an II.

» Signé Wasseige , Azonde , Rivort , Simon » et Petitjean , officiers municipaux. »

A Fleuras , il rallia les troupes qui fuyaient devant l’ennemi , fit reprendre l'offensive à ses soldats auxquels il inspira le courage qui l’animait , et il assura la victoire. Et cependant le livre des Victoires et conquêtes s’est tu sur la grande part qui revient à Prestat dans cette bataille de Fleuras du 8 messidor; il s’esrtu sur le compte de ce général , dont le sang-froid , la valeur et les sages manœuvres contribuèrent tant au succès des journées des 18 et 19 du môme mois. Un fait qui se rapporte à ces journées mérite d’être consigné ici. « Prestat , chargé de reconnaître la position de » l’ennemi , longeait , avec quelques officiers de son étal- » major, un mur au bout duquel il se trouva en face d’une

(1) Lêpihe, Correspondant de l'Académie de Uheitni. — Eloge du général Prestat.

» patrouille anlrichienne qui fit une décharge qui ne tua heu- » reusement personne ; mais quelques officiers furent bles- » ses , et Prestat reçut trois balles dans son chapeau , qui en » firent sortir par le trou la coiffe en soie blanche , ce qui fit » dire à ses compagnons : Vive notre général à la cocarde » blanche (1) ! ». Il comprit alors qn’il venait d’échapper k un grand danger. Il est d’autres faits d’armes que , par modestie , Prestat ne révélait pas. Quel que soit néanmoins le silence dans lequel il lui a plu de s’enfermer, quelle qu’ait été la partialité des Victoires et conquêtes k son égard, il est des certificats qui rendent témoignage de sa bravoure , de ses talents militaires , de ce qu’il a fait k la bataille de Fleurus et dans les journées des 1 8 et 19 messidor. Laissons parler les généraux Mayer et Loison :

« Le général de brigade Prestat , attaché à notre division ■» depuis le 28 prairial an II (16 juin 1794), n’a cessé de se » distinguer par son zèle , sa bravoure et son' courage vrai- » ment héroïque; il a, dans toutes les occasions, montré la » plus grande intelligence et développé des talents militaires » peu communs. Dans la journée du 8 messidor, k Fleurus , » où il commandait la droite de la division, il a bravé les plus » grands dangers pour soutenir et encourager les troupes » qu’il commandait; il s’est comporté en général déterminé k » vaincre ou k mourir. L’on doit k son sang-froid , k sa va- » leur et k ses sages manœuvres une partie des brillants suc- » cès des journées des 18 et 19 du même mois (6 et 7 juillet » 1794). »

Peu de temps après il fut chargé , par le général en chef Réné Moreau , de dissiper des rassemblements qui se formaient dans les environs de Baslogne. Il n’eut qu’a se montrer pour tout calmer. Par les ordres du même général, « il » prit le commandement de l’avant-garde du corps d’armée » chargé d’investir Luxembourg ; il fit avec habileté la re- » connaissance des abords de celte place, indiqua toutes les

(1) Lépine , correspondant de l’Académie do Rheitn;. — Eloge du général Prestat.

» positions que l’armée devait occuper, et contribua ainsi à » la reddition de celte importante forteresse (I). »

La réorganisation de l’armée en l’an V , l’arrêta au milieu de sa carrière; il fut renvoyé dans ses foyers à Sédan , avec un traitement de réforme.

« Rappelé au service par le général Béginot , le 8 août » 1799 , il prit le commandement du bataillon auxiliaire des » Ardennes , qu’il conduisit à l’armée Franco-Balave. Ce » bataillon ayant été incorporé dans la 29e demi-brigade d’in- » fanterie légère, il en quitta le commandement pour pren- » dre, d’après les ordres du général de division Barbou, » celui de la 21e demi-brigade , qu’il conserva jusqu’au 1" » frimaire an IX, époque à laquelle le général Augereau l’in- » vestil du gouvernement de Francfort (2). »

Dans son poste il sut allier la prudence à la fermeté. Aussi, en le quittant , emporta-t-il les regrets des magistrats et des habitants de Francfort.

Rentré à Sédan , où il reçut définitivement sa retraite , il s’abandonna aux douces joies de la famille , plein de tendresse pour sa femme et pour ses enfants. Napoléon , pour rémunérer ses services , ajouta à sa pension l’entrepôt de tabac .de Saint-Omer que Prestat conserva jusqu’en 1816. Dans sa retraite , il fut un homme de bien , donnant l’exemple de toutes les vertus domestiques.

Il finit ses jours à Sédan , le 15 mai 1843, âgé de 83 ans.

Au début de cette biographie nous avons dit que le général Prestat était l’aine de 17 enfants. Six de ses frères suivirent comme lui la carrière militaire ; cinq moururent au champ d’honneur : 1° François , capitaine , tué à Valmy ; 2° Louis , quartier-maître , tué en Hollande ; 3° Emmanuel , capitaine , tué au siège de Landrecies ; 4° Joseph , capitaine , mort de la peste en Egypte ; 5° Cyprien , capitaine , tué au camp d’Embleteuse ; le sixième, Jean-Baptiste , chirurgien-major, mourut â Villefranche. Deux de ses neveux sont morts en Russie

(1) Lépine , de.

(2) Idem.

452 l’adjudant-général prompt.

en 1812, sous les drapeaux. C’étaienl deux fils de sa sœur

Charlotte qui avait épousé Pourtier.

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