ARCHITECTE
Oui, pour éterniser sa puissante pensée. Pour consacrer les pas d'une race passée
L'homme sème des monuments; L'histoire de la terre est écrite en ruines, Et des peuples divers les vagues origines
Ont des débris pour fondements.
Ces monuments vainqueurs qui traversent les âges Sont des siècles passés les éloquentes pages;
Le tems ne pourra les ternir j Nous devinons leur gloire en voyant leur puissance, Envain le morne oubli sous son linceul immense
Nous dispute leur souvenir.
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Nous venons demander à ces pierres muettes, De ces âges lointains sublimes interprètes,
Le mot des générations, Car lorsque tout s'éteint, seule encor, la ruine Du haut des tems passés, comme un phare domine
Sur l'océan des nations.
Ainsi, la liberté, la gloire, l'esclavage Divinisent leur tems, ou flétrissent leur âge
Sur les feuillets de l'avenir.
L'œuvre de l'homme même explique son histoire, Et ces restes épars, comme un lambeau de gloire,
Trahissent un grand souvenir.
La mousse ronge envain les hautes colonnades Qui ceignaient de Memphis les superbes arcades;
La gloire surgit du néant !
Et ces temples brisés, ces oeuvres colossales, Portent sur leurs frontons les puissantes annales
Que laissait un peuple géant.
Rome, en lançant au loin son aigle impériale, Semait des arcs vainqueurs sur la terre vassale
Pour fêter un jour glorieux; Sublimes monuments sculptés par la victoire, Feuillets encor debout de cette grande histoire.