‹ Ore mesteChapitre 25 sur 88 · RONDE · texte numérisé non relu

RONDE

Hélas ! a vos rondes joyeuses Je n'enchaînerai plus mes pas, Et bientôt à vos voix rieuses, Seule, je ne répondrai pas.

Chantez, chantez douces compagnes, Le ciel sourit à vos amours; Egayez l'écho des montagnes Car il est pour vous d'heureux jours.

Alors, sous la croix solitaire Qu'un ange protège au hameau , D'une larme et d'une prière Venez consoler mon tombeau.

Chantez, chantez douces compagnes, Le ciel sourit a vos amours, Egayez l'écho des montagnes Car il est pour vous d'heureux jours.

Saint, saint est le Dieu qui marche devant nous; Que bénit soit son nom au ciel et sur la terre ; Gloire au nom éternel qu'on ne dit qu'a genoux. Et que l'impie apprend par un coup de tonnerre.

Gloire à vous seul. Seigneur, vos enfants dispersés Ont élevé vers vous le cri de leur détresse, Pendant qu'à leur douleur des hommes insensés Insultaient par l'aspect d'une impure allégresse.

Gloire a vous! vous avez confondu les méchants, Et foudroyant l'athée orgueilleux et tranquille, Vous l'avez balayé comme l'herbe des champs, Il n'était devant vous qu'une paille fragile.

Gloire à vous seul, Seigneur! dans votre temple saint, Vous rappelez encor nos tribus fugitives, Notre cœur dans l'exil, ô Dieu, ne s'est pas plaint, Seul, vous aviez l'encens de nos harpes captives.

Gloire a vous, gloire a vous! que ce cri solennel Des quatre points du globe a la fois se réponde : Gloire a vous! ce mot seul Seigneur, est immortel, Et seul il planera sur les débris du monde.

Les astres passeront, et les soleils éteints, Comme un flambeau brisé rouleront dans l'espace, Et pour s'anéantir, oui, l'un par l'autre atteints Au chaos primitif ils céderont leur place 5

Mais vous vivrez toujours, mon Dieu! l'éternité, N'est-elle pas aussi votre premier ouvrage? Le nom furtif du tems fut par l'homme inventé, Le passé , l'avenir, pour vous ont le même âge !

L'homme qui n'a qu'un jour, s'amuse a le compter, 11 le divise en siècle, en année , en seconde , Et ce tems fugitif qu'il ne peut arrêter Dans son cours vagabond l'emporte comme Tonde.

Heureux qui mit en vous, Seigneur, son seul espoir! Vous ne trahirez pas son attente suprême, Mais vous lui préparez le banquet, où le soir, Un père réunit tous les enfants qu'il aime.

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