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LE RUINES ROMAINES

Polve d'eroi non è la polve tua?

Silvio Pellico.

Qu'il est doux, quand du soir la lumière tremblante Verse les longs reflets de sa clarté mourante

Sur ces murs écroulés, Qu'il est doux de s'asseoir sur ces débris antiques, Abandonnant son âme aux rêves héroïques

De ces tems écoulés.

Ici Rome a régné .... du haut du Capitole Jetant aux nations sa puissante parole ,

Elle les mit aux fers; Puis, comme l'Océan, lançant au loin son onde, De ses flots débordés elle envahit le monde

Et couvrit l'univers.

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Rien ne put contenir cette vaste puissance, La terre se courba sous cet empire immense ;

La trace de ses pas Sur ce globe vieilli semble encor imprimée , Et le bruit éclatant qu'a fait sa renommée

Dans les airs ne meurt pas.

Le siècle qui s'éteint la transmet à l'autre âge, Lui laissant ce grand nom ainsi qu'un héritage

Par la gloire immortel; Et partout où nos pas suivent notre pensée Nous foulons les débris de sa splendeur passée , Monument éternel.

Non, jamais ici bas la puissance de l'homme

D'un nom plus colossal que le grand nom de Rome

N'étonna l'avenir ! Ce nom du monde entier enveloppa l'histoire, Et semble résumer douze siècles de gloire

Dans un seul souvenir!

Soit que la république, en merveilles féconde, Par un sublime instinct envahisse le monde

Sous son vol triomphal; Soit que César vainqueur, éclatant de prestiges, Fasse de l'univers, muet à ses prodiges,

Son globe impérial.

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Toujours, c'est toujours Rome, immense et colossale. Agitant sur son front la palme triomphale.

Reine des tems passés, Sa gloire encor debout couronne sa ruine, Et par son nom pompeux, altière, elle domine

Les siècles effacés!

Le tems balaya sa puissance Et, d'un souffle toujours vainqueur Détruisit cet empire immense; Mais des débris de sa splendeur La terre partout est semée, Et sur la cendre inanimée, Qu'ici même foulent mes pas, Je heurte un vestige de gloire; Le globe est son livre d'histoire Que le tems ne détruira pas.

Maintenant elle dort, gisant sur sa poussière. Dans un vaste cercueil se plongea Rome entière.

Son aigle audacieux, Dont la serre étreignait la terre palpitante, Laissa tomber la foudre, et son aile impuissante

N'envahit plus les cieux !

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Echo de sa splendeur, la lyre du poète Evoquant son grand nom, sur sa cendre muette

Jelle un funèbre accord; Aucun cri ne répond a celte voix plaintive , Et l'ombre du passé s'enveloppe craintive

Dans son linceul de mort!

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