‹ Ore mesteChapitre 61 sur 88 · ÏAMBES · texte numérisé non relu

ÏAMBES

Parce que le malheur a plongé sur sa vie

Comme un vautour cruel , Voulez vous, quand je vois que la haine et l'envia

L'abreuvent de leur fiel, Que je joigne ma voix a ces clameurs impures

Qui montent contre lui ?

Qu'à vos propos menteurs et qu'à vos impostures Je prête mon appui !

Oui, pour mieux l'accabler, vous vous disiez, infâmes Dans votre lâcheté :

« Incapable de mal, elle croira nos trames

ce L'œuvre de vérité ; (c Nous guiderons son bras comme un fusil docile

« Qui lire où nous visons , « Et qui donne la mort, émissaire servile « Du mal que nous faisons. »

Eh quoi! vous l'aviez cru? mais d'un regard superbe

Je vous ai terrassés , Et comme un ver rampant qui se traîne sous l'herbe

Mon pied vous a poussés; Allez, versez au loin ce venin qui vous ronge,

Et ne m'approchez pas; Jusqu'au fond de vos cœurs comme en un puils je plonge,

Car vous êtes bien bas ; J'y vois des passions petites et mesquines,

En vous tout est mauvais :

Le sol aride et nud produit l'herbe aux épines

Qui ne fleurit jamais, Et vous êtes pareils a cette terre ingrate

Qu'a maudit le Seigneur, Car jamais rien de pur ne germe ni n'éclate

Au fond de votre coeur.

La boue, au lieu de sang, en vos veines circule; Comme un hideux serpent

Vous bavez le venin, poison infect, qui brûle,

Vous marchez en rampant ; Mais moi, je vous connais, je dévoile vos trames

Et vos propos menteurs, Vous qui ne craignez pas de trafiquer des âmes,

Vils calomniateurs, Vous, qui sur la verlu, cette idole sacrée,

Osez porter la main, Qui la couvrez de fange, et puis défigurée

Nous la montrez soudain; Vous, qui flétrissez tout sous votre impure haleine,

Qui soufflez le poison, Et qui traînez le mal, comme un forçat sa chaîne

Au fond de sa prison; Qui ne croyez à rien de tout ce qu'on révère,

Qui reniez la foi, Qui voyez un calcul dans la vertu sévère,

Et qui dites: Pourquoi?

Vous qui mesurez tout a votre âme impudique ,

Et nous jetez l'affront, Menteurs, qui blasphémez la plus sainte relique,

Le rire sur le front, Allez, portez au loin votre rage impuissante ,

Elle échoue à mes pies :

L'écueil repousse ainsi la vague frémissante

Dont ses lianes sont mouillés.

La vertu dans vos mains est un glaive perfide ,

Vous tuez en son nom; Vous la faites servir votre instinct homicide ,

Perle dans le limon ; Vous proclamez ses droits en la souillant de fange ,

Oh vous êtes méchants!

Et vous insulteriez l'auréole d'un ange

Dans vos mauvais penchants: Tout ce qui touche au ciel fait ombre sur la terre,

Tout rayon de clarté , Dans le même moment qu'il verse la lumière ,

Répand l'obscurité.

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