‹ Ore mesteChapitre 77 sur 88 · A MON COUSIN · texte numérisé non relu

A MON COUSIN

LE CHEVALIER BISCARRA,

PREMIER PEINTRE DU ROI, Sur son tableau de Saint Joseph mourant.

Oui, c'est lk le Sauveur et sa céleste Mère! Un ange, ô Biscarra ! dut t'entrouvrir le ciel , Et tu fus y chercher pour l'ardente prière Les modèles divins de ton groupe immortel.

Car le regard humain n'atteint pas ta pensée; L'Esprit Saint la couva sous ses ailes de feu, Et vers toi, palpitante, elle s'est élancée Empreinte et chaude encor des étreintes de Dieu!

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Tes pinceaux transparents, inondés de lumière , Ont puisé dans l'Eden cet éclatant rayon; Ce jour semble plus pur que le jour de la terre , C'est le nouveau soleil de la sainte Sion.

Oui, c'est là le Sauveur , tel que la foi le rêve, Quand au bruit de ses pas tressaille le Jourdain , Quand le paralytique a sa voix se relève, Et quand l'aveugle y voit au toucher de sa main.

Oui, c'esl-ià le Sauveur; l'enveloppe mortelle Ainsi qu'un clair tissu laisse entrevoir le Dieu; De la divinité la splendeur éternelle À travers ce beau corps semble jeter du feu.

Vers le juste mourant Jésus ému s'incline; Oh! quelle majesté dans sa douleur de fils! Qu'il est pieux et grand, lorsque sa voix divine A son terrestre Père ouvre le paradis!

Sur les traits de Joseph brille un sublime calme , L'espérance et la foi se peignent dans ses yeux; De ses saintes vertus près d'obtenir la palme, On le voit plein d'amour s'élancer vers les cieux.

AU CHEVALIER BISCARRA 2!)i)

0 céleste Marie! angélique figure Dont le seul Raphaël rêvait les traits si doux; Chaste mère du Christ , ô Vierge sainte et pure Que les anges enlr'eux ne nomment qu'à genoux!

Blanche Vierge, bénie entre toutes les femmes. Dont rien n'osa souiller le calme virginal; Être divin, formé par le parfum des âmes, Et qui semble réel à force d'idéal.

Blanche Vierge qu'au ciel on adore en silence, Ah! laissas-tu PEden à la voix d'un mortel? Viens-tu, pour consoler et bénir l'innocence, A nos regards charmés te poser sur l'autel?

La forme et la couleur, ces sœurs harmonieuses, Répandent leurs trésors sous les hardis pinceaux ; Variant, Biscarra, tes teintes radieuses, Tu sais trouver encor des chefs-d'œuvre nouveaux.

Pour créer, prodiguant ton âme a ta palette, Tu sais donner la vie à tes divins tableaux; Et le génie en toi, comme un puissant athlète, Terrasse sous ses pieds tes impuissants rivaux.

500 AU CHEVALIER MSGARRA

L'art antique dans toi plaça son sanctuaire , Tu le fis remonter aux jours de sa splendeur; Elevant jusqu'à Dieu Ion oeuvre de la terre , Tu lui rendis encor sa native grandeur.

Poursuis , ô Biscarra ! ta brillante carrière! La gloire a sur ton front secoué son flambeau; Oui, d'un fils tel que toi, Nice doit être fière; N'est-ce pas sur ce sol que flotta ton berceau?

Accepte par ma voix les vœux de ta patrie; La gloire sèmera des palmes sous tes pas, Mais dis-toi quelques fois d'une voix attendrie: « On m'applaudit ici, mais on m'aime là-bas.»

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