‹ Ore mesteChapitre 76 sur 88 · DES PSAUMES 50 ET · texte numérisé non relu

DES PSAUMES 50 ET

Miserere mei Deus , De profondis Clamavi ad te, Domine.

Oui, Seigneur, du fond de l'abîme, Vers toi se sont tournés mes yeux; Je t'appelle , et mon cri sublime Comme une flèche monte aux cieux.

Laisse désarmer ta colère, Car plus prompte que le tonnerre Ta vengeance peut me briser:

Devant toi , mon esprit superbe Est bien moins que ce ver sous l'herbe Qu'en marchant je viens d'écraser.

(1) L'auteur se propose de publier une traduction libre de» psaumes.

Si tu n'as pas pitié de nos crimes sans nombre ;

Si d'absinthe et de fiel tu ne me laves pas,

Si ton esprit me laisse, à travers mon jour sombre

Je m'agiterai comme une ombre

Dans la nuit du trépas.

Car je ne suis qu'un grain de sable Que le vent chasse devant toi , Seulement il n'est pas coupable Et j'ai mis en oubli ta loi.

Oui, de toutes les créatures Nous sommes, hélas! les moins pures Aux yeux du Seigneur irrité; L'homme, son plus parfait ouvrage.

Lui — qu'un Dieu fit à son image, N'est qu'un esclave révolté.

L'instinct des animaux les guide et les éclaire, Ils ne cherchent jamais d'en dépraver les sens, Et nous, notre raison, rebelle et téméraire,

Osa dans le sentier contraire

Jeter nos pas errants.

La raison enfanta le doute , Ce germe éternel de la mort.

Et l'homme égaré sur sa route Ne sut plus distinguer le port.

Seigneur, si ta voix éternelle Pour le sauver ne le rappelle , Si tu n'as pas pitié de lui, 11 va de naufrage en naufrage Echouer, brisé, sur la plage, Sans pouvoir trouver un appui.

Seigneur, a ta bonté mesure sa faiblesse! Miséricorde, ô Dieu, pour nos crimes divers! Dépose, à nos accents, ta foudre vengeresse,

Ecoute ce cri de détresse,

Qui remplit l'univers.

Mais si de ta sphère sublime Sur moi s'abaissent tes regards , Je me lèverai de l'abîme Invulnérable a tous les dards.

L'âme que ton pardon allège Devient plus blanche que la neige Qui couvre le front du Liban, Elle tressaille d'allégresse', Et dans un hymne de tendresse S'exhale son pieux élan.

Pardonne-nous, Seigneur, pour montrer à l'impie Que le Dieu d'Israël est le seul juste et bon ; Que, s'il doit éviter ta colère assoupie,

Par le repentir il expie

Son offense à ton nom.

Hélas! brisé par ma souffrance, Mes os se sèchent sous ma peau; Mon corps, frappé par ta vengeance, Est semblable au ver du tombeau; Seigneur, Seigneur, quand je t'implore, Vers moi laisse tomber encore Une parole de pardon, Et mon âme guérie et forte Dans la ferveur qui la transporte Aux siècles apprendra ton nom.

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