LE RETOUR
Que Dieu prit en pitié ton abandon austère
Et dans les traits de ton enfant Voulut te rendre encor le regard de son père, 32
Son souris fier et triomphant.
C'est là de ton époux la jeune et fraîche image;
Sur la tombe, ô ma pauvre sœur, Ainsi, quand le rosier, est brisé par l'orage ,
Croît une solitaire fleur.
Sur ton sein maternel ta blanche jeune fille
Ainsi , s'épanouit au jour ; Que ton cœur h son cœur tienne lieu de famille ,
Qu'elle vive de ton amour.
De tes bras caressants entoure l'orpheline ,
Calme pour elle ta douleur, Qu'en te voyant, sourire, elle iguore, Euphrosine
Et tes peines et son malheur.
Formes cette âme enfant à ton âme sublime ,
Si grande et si douce à la fois; Pour chanter la vertu sur ton luth magnanime,
Guides son innocente voix.
Toi, dont l'esprit d'un homme à la trempe stoïque
Ne respire que la vertu, Et dont l'âme de femme, et sensible et pudique,
Ange du malheur abattu, Ne vit que pour le bien, et chemine étrangère
Aux viles trames des méchants,