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ans à peine, dans la barraque de M. Albus et il connaissait tous les professionnels du caleçon, ne
se gênant pas, quand il revenait, beaucoup plus tard, en vacances à Toulouse, pour jeter bas encore la jaquette et recueillir les bravos dus à l'amateur. Il était très lier de sa force et de son adresse à un
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CHÈRE BEAUTÉ! FLEUR DE MES JOURS, O BELLE PAULE! (p. l34).
OR FA. 141
bleuie par la lune courant autour des roues, un gazouillement de voix joyeuses et un gros bruit d'éclats de rire emplissant les voitures, on traversa le faubourg Saint-Michel où de belles filles brunes en cheveux regardaient curieusement, avec un sourire aux lèvres, et on arriva, en quelques tours de roues aux allées Lafayette.
Dans une sorte de hallo fait des illuminations des baraques et des boutiques, la longue promenade, droite comme une fusée, s'en allait jusqu'à Péblouissement de manèges en plein vent tournant furieusement à l'extrémité, à l'entrée du petit pont. Là des chevaux de bois s'étageaient dans un étincellement de clinquant et évoluaient sous la fouaillée musicale d'orchestrions impitoyables devant lesquels une poupée en bois battait la mesure.
Jusque-là c'était un vacarme à peu près continu et violemment cacophonique. Devant de longs étalages des marchandes au foulard tapageur, au cou scintillant de verroteries et de faux bijoux, aux doigts couverts de bagues, faisaient l'article ; des moricauds au fez rouge allongeaient en baragoui-
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OkFA. 143
des gorilles et qui, debout, enveloppe ses genoux calleux de ses mains monstrueuses.
Et ce n'était pas tout, ce soir-là. Une affiche rédigée par M. Albus lui-même, élève du célèbre Rossignol Rollin dont la littératureathlétiqueamusa le monde entier, il y a quelque trente ans, annonçait une lutte entre ours et entre ours et amateurs!
Ce genre de combats entre hommes et bêtes est fréquent dans le midi, l'ours étant soigneusement muselé et retenu par une chaîne de force dont les piquants lui arderaient au cou, en cas de révolte : moyennant quoi, l'énorme plantigrade, aux griffes émoussées par l'usure du chemin, consent à simuler, tant debout qu'à terre, toutes les attitudes des lutteurs, donnant, à la fois, une impression comique et une appréhension terrible. Car il semble qu'il pût facilement étouffer son adversaire entre ses lourdes pattes velues.
Quand le cortège nuptial, dénué maintenant de toute officialité, arriva devant le théâtre artistique de M. Albus, il s'en fallut de fort peu que
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— < .s trompe peut- Albus!
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croyaient à une plaisanterie riaient aux larmes.
Mais Jean Rouvière parlait très sérieusement. Une
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lit honorable pour elles-mêmes.
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projet peu conforme un décorum matrimonial.
— Et avec qui voulez vous lutter, monsieur Jean ? demanda M. .'•
— Avec le géant de Montastruc... Non! il est trop laid ! avec l'ours !
Et il désignait l'ours enchaîné à un coin de la
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parade et que gardait un homme dont les cheveux, embroussaillés et rabattus, dissimulaient absolument le visage et qui d'ailleurs semblait se tenir dans l'ombre volontairement.
— Décidément tu es fou ! supplia Pierre
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Quelle folie '. pensaient-^ rlus ou mo.ns,
sauf la jolie Paille, possédée a ce point par celu.
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qu'elle aimait, que tout lui parut admirable et sublime, et sauf aussi la belle Marthe Castex qui trouvait qu'un bel homme ne saurait jamais se trop montrer aux demoiselles.
A la grande curiosité du public, la lutte entre l'ours et l'amateur fut annoncée.
L'ours entra debout sur ses pattes de derrière, dodelinant sournoisement de sa lourde tête, avec
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put luiter. Inc fois au linuarn
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L'homri chatrw i lu»
en faire sernïr la morsure, gnant, et se dressa, n
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silence entourait les combattants et un peu d'angoisse haletait déjà dans les poitrines, le combat
semblant devoir être sérieux et les épaules de
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Jean se marbrant sanguinolentes sous les ongles de so n ad versai re 1 esq uels
prenaient quelque longueur en se contractant.
L'ours, visiblement impatienté de la résistance,
fil entendre un grognement formidable et prépara
une formidable attaque. L'homme tira sur la chaîne
temps, la n *'• 9U; '
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En même temps, l'homme qui avait ten slevait et Pierre '
une stupeur épouvantée, Sam Q "
— Pan !
Un coup de feu partit de l'enceinte et, Jean qui avaitsaisi, d'u --é. l'ours aux naseaux.
LA POPULATION FAISAIT UN VERITABLE TRIOMPHE A UN MODESTE TROUPIER (P. 156).
dégageant ainsi un instant sa tête sentit mollir l'étreinte qui le menaçait, la bète, atteinte d'une balle à la nuque, se renversant en arrière, les pattes
soudain desserrées d'autour les épaules par an raidissement douloureux.
Une minute encore et le monstre se roulait, agonisant, sur le sable, tandis que Jean se jetait à genoux en une instinctive prière comme nous en avons souvent aux lèvres, nous les païens de là-bas. Déjà Paule éperdue le tenait dans ses bras, Pierre l'étreignait avec des sanglots de joie, tous se pressaient autour de lui.
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de Jean et de Paule eut lieu à midi, à grand va.a'
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Marthe Castex avec Pitonnet dont le courage avait enthousiasmé la romanesque Toulousaine. Et Pierre Nolac ? il continue de rêver des chefsd'œuvre dans son atelier fleuri de l'Embouchure. Et les aimables Dastier ? Ils continuent à vivre, heureux et bienfaisants, dans leur beau nid des « Moines », dominant la Garonne et festonnant de vignes le sonore chemin.
CORBEIL. — I lIPItl.lIRIt I lî ÉD. CRETE.
Unirtriité d'Ottovo
Tht Librory Univtrofy of Ottowo