CHAPITRE VIII
PHALERiE PECTORALES DES BARBARES.
« Les phalerag {(pdlapoc) », dit un archéologue érudit, « étaient des plaques rondes d'or, d'argent ou d'autres métaux, sur lesquelles était gravée ou ciselée quelque figure en relief, la tête d'un dieu, l'image d'un roi, d'un empereur, ou un emblème quelconque. Des pendants en forme de croissants ou de larmes y étaient souvent attachés. Les personnes de distinction en portaient sur la poitrine, comme ornement; c'était pour les soldats une décoration militaire que décernaient leurs chefs, et parfois, elles servaient à des harnais de luxe pour les chevaux. » Tite-Live nous apprend en effet,
VRICII FlERl IVSSIT AMEN - NORDOALAVS ET RHILINDIS ORDENARVNT FABRICARE -
VNDIHO ET ELLO FEGERVNT. De Lasteyuie, loc.cit., p. 30.— V. Anastase; ^. Greg. m, 195. <• Contulil dona diversarum specierum, id est gabathas aureas duas, alias saxiscas numéro quinque. » S. I.eow, 527, « Gabathas saxiscas. » 531, « Très quidem (gabathas) filopares — et unam interrasilem (ciselée,
fouillée), quœ est saxisca. » 551, «• In ecclesia sancti Pétri dextram saxi-
scam unam. » Gregor. iv, 471, d Etsanct8RMarise,quod vocatur Prsesepe trans Tiberim . . obtulit très gabathas saxiscas. » JSicol. i, 581, « Obtulit vero in jam dicta diaconia (S. Mariœ in Cosmedin) gabatham saxiscam de argento purissimo unam deauratam, quae libras duas et uncias quatuor. )» t. ii. éd. Migne. En 1126, Nicolas, abbé du Mont-Cassin, ayant appelé à son secours Robert, prince de Capoue, lui offrit diverses objets provenant du trésor du monastère, entre autres « calicem magnum saxonicum, quem Theodoricus, Saxonum rex , beato Benedicto olim transmiserat. » Petrus Diaconus, Chron, Casin.^ 1. iv, c. 90, Il y a ici une erreur vraisemblable : aucun roi saxon n'a porté le nom de Théodoric. Le don ne peut s'attribuer aux Théodoric de race gothique, ils étaient ariens, ni auxThierri de France, on ne les aurait pas confondus avec un Saxon ; restent donc Théodoric, roi d'Aus- (rasie (511-531), et Théodoric, duc de Bourgogne, vaincu par les Saxons en 792.
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que la noblesse romaine quitta ses ^j/ta/er^ lorsque le greffier Cneius Flavius, petit-fils d'afFrancLi, eut été revêtu de l'édilité curule : « Tantumque Flavii comitia indignitatis liabuerunt, ut plerique nobilium annulos aureos et plialeras deponerent. » Suétone remarque que les cavaliers cappadociens et les coureurs de Néron étaient ornés àephalerœ: « Armillata pbalerataque Mnzacum turba, atque-cursorum. » hes phalerœ militaires sont mentionnées par Silius Italiens ; après la prise de Carthage, les soldats s'en parent pour assister aux sacrifices que Scipion va offrir aux dieux :
Phaleris hic pectora fulgot ; Hic torque aurato circuinrlat peclora colla.
Marins nommé consul, dans un discours adressé aux citoyens romains avant de partir pour l'Afrique, compte les phalerœ parmi les récompenses militaires que sa valeur lui a fait obtenir : « Non possum fidei caussa, imagines, neque triumphos, aut consulatus majorum meorum, ostentare ; at si res postulet, hastas, vexillum, phaleras, alia militaria doua, prseterea cicatrices advorso corpore ^ . »
Suivant Florus, Tarquin-l'Ancien aurait importé les phalerœ d'Etrurie à Rome: « Neque pace Tarquinius (priscus) quam bello promptior ; duodecim namque Tuscise populos frequentibus armis subegit. Indefasces, trabeas curules, annuli, pbalerae, paludamenta, prsetexta... omnia denique décora et insignia quibus imperii dignitas eminet. » L'assertion de l'historien est confirmée par Virgile qui retrace l'historique des p/ialcrœ du Rutule Rhamnès :
1 RiCH, Dict. des antiq. rom. et grecques^ p. 480. — Hist. Rom. y ix, 46.— Nero^ XXX. — Bell. Punie. ^ xv, 275. — Sallcste, Bell. Jugurth., lxxxv.