‹ Orfèvrere mérovingienneChapitre 17 sur 26 · PHALER.E PECTORALES DES BARBARES · texte numérisé non relu

PHALER.E PECTORALES DES BARBARES

Euryalus phaleras Rliamnetis, et aurea bullis Cingula, Tiburti Reraulo ditissimus olim Quœ mittil dona, liospitio qiuim jangeret absens, Cœdicus; ille suomoriens dat habere nepoti; Post mortem belJo Rululi pugnaque potiti.

M. Hermann Weiss a publié une figure étrusque portant un collier d'où pendent trois phalerde. Cet ornement paraît avoir été aussi à l'usage des femmes ; la statue coucliée d'une dame étrusque, gravée dans l'ouvrage de l'auteur précité, montre, outre deux colliers, une énorme chaîne en torsade, rehaussée d'un médaillon qui descend jusqu'à la ceinture : Liberia Felicia, grande prêtresse de Cybèle, a sur la poitrine une tête d'homme barbu^ retenue par un cordon. Bien que médaillon et tête soient uniques, ils me semblent l'un et l'autre trop grands pour être de simples bullœ ; ils doivent se ranger dans la catégorie des phalerœ ^ .

' Epit. deGeslis Rom., i, 5. — Eneid., ix, 359. — Kostumkunde, p. 982, fig. 405 ; p. 983, fig. 408 : in-8«, Stuttgart. — Pigwori, Oriy. Patavina, pl I, fig. 10; ap. Gkœvius, Thes. antiq. t. vi. L'ornement de Liberia Felicia est peut-être un orbis ; quant à celui de la dame étrusque, y verra-t-on un fermoir ordinaire, fibula, nodus ? Je ne le pense pas ; car bien que jusqu'ici aucun auteur ancien n'ait désigné par le mot phalerœ les médaillons ou hullœ à l'usage des femmes, je n'ai pas rencontré davantage le terme spécial qui devait s'appliquer à ces objets de parure : au contraire, monile signifiant à la fois collier de femme et collier de cheval, pourquoi le sens de phalerœ, qui s'applique déjà à une marque honorifique et aux pièces d'un harnachement équestre, ne s'étendrait-il pas aussi loin que celui de monile J Le célèbre collier d'argent, trouvé à Rome et passé de la collection de M. le duc de Blacas au Cabinet des antiques de Vienne est formé d'un rang de phalerœ, d'où pendent des croissants et des poires. L'expression phalerœ, je le sais, est toujours usitée au pluriel, mais si l'ensemble qu'elle représente, réduit à un seul objet, ne prend pas de nom particulier, cela prouve simplement qu'il n'en changeait pas alors. (V. Rich, loc. cit. ; Auneth, loc. cit. : V. encore E. Q. Ni%co^ii^Letteraint. ad una ant. supelletile d'argento scop. in Roma, p, 17 et pl. xxiv ; in-4o, Rome, 1825.

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Les phalerœ militaires ont été retrouvées sur le bas-relief d'une tombe qui porte l'inscription : Quintus Publius Festus. CENTUR. LEG. XI. Egalement sur une autre figure de centurion romain. Les deux officiers sont représentés en grand costume, le cep de vigne {oitis) h la main. Ces décorations, toutes circulaires et affectant des proportions relativement considérables, consistent en colliers ou bracelets, soit formés de fils roulés en spirale {torques}^ soit massifs [dextralé)^ en têtes d'hommes et de lions, en aigles et en chevaux. Elles sont fixées à un système de larges courroies, probablement en cuir, disposées comme un gril pardessus la cuirasse, depuis le cou jusqu'à la ceinture. Une troisième figure d'officier romain offre deux torques régulièrement superposés à un masque en médaillon, placé au centre de la poitrine où il est maintenu par trois courroies mises en pairie (Y) ' . Ce médaillon unique rappelle l'ajustement de la dame étrusque et de la prêtresse de Cybèle.

Les empereurs romains, qui réunissaient en leur personne les trois pouvoirs, religieux, civil et militaire, durent aussi se parer des phalerœ. La numismatique fournit quelques exemples de cette décoration , mais ils sont bien difficiles à constater authentiquement. Un bronze de Constance Chlore représente ce prince en habit consulaire, couronne radiée et sceptre ; un grand médaillon chargé d'un X apparaît sur sa poitrine. Les médailles de divers empereurs tels que Yalentinien P% Marcien, Léon-le-Grand , Julius Nepos, Zénon, Basiliscus, Justin-le-Thrace, Constantin Pogonat et d'autres encore montrent des poitrines striées de filets de perles se coupant à angles droits et encadrant des espèces de croissants ;

' RiCH. loc. cit., p. 137, 480 et 660. H. Weiss, loc. cit., p. 1093, fig. 462, a, h.

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