‹ Organes génito-urinaires de l'hommeChapitre 18 sur 103 · I. — Lavages de l'urèthre · texte numérisé non relu

I. — Lavages de l'urèthre

Les lavages de l'urèthre peuvent être faits avec la seringue seule, avec la sonde et la seringue, avec un appareil spécial dilatant Turèthre pendant le lavage, ou avec un appareil à douche, n'utilisant, dans ce dernier cas, pour faire pénétrer le liquide, que l'action de la pesanteur.

Lavages avec la seringue. — Avec la seringue, on lave d'abord le méat et la fosse naviculaire. Entr'ouvrant le méat avec les doigts de la main gauche, on projette avec la droite le jet violent d'une seringue dans la fosse naviculaire, de manière à entraîner au dehors, sans risque de les refouler, les saletés qui s'y trouvent. Adaptant au méat la canule arrondie, qui sert à ces lavages, on fait ensuite le lavage de l'urèthre à canal ouvert; puis, fermant le canal avec le pouce et l'index gauches, on pousse dans ce canal fermé avec la seringue tenue de la droite le liquide jusqu'à ce qu'on sente avec le médius gauche appliqué sur la face inférieure de la verge que l'urèthre est distendu ; on laisse alors le liquide s'écouler et on recommence à plusieurs reprises la même manœuvre ; on lave ainsi parfaitement l'urèthre antérieur, mais on s'expose à voir du liquide franchir la région membraneuse et pénétrer dans l'urèthre postérieur (Vifi^, 54).

Lavages avec la sonde et la seringue. — Avec la sonde et la seringue on lave à volonté l'urèthre antérieur ou l'urèthre postérieur. On prend pour cela une sonde en caoutchouc rouge ou une béquille de faible coudure et de calibre moyen, de manière que le liquide puisse facilement refluer entre la sonde et les parois du canal ; on l'introduit jusque dans la région bulbaire,

* On n'a m«>mc pas la ccrtiliidc d't'vitcr ainsi la pénélnilion clans l'urèthre postérieur. Pendant que le méat est tenu fermé, un spasme des muscles de la veru^e peut jse produire, comprimer hrusqueiimt l'urèllire et projeter le liquide en arrière, inoculant les p.irlies profondes du canal et la vessie.

LAVAGES ^^^^^^^^ ^g

Lavages avec im dilatate^r-inigatem** — Le lavage de Furèthre dilaté,

FiG, 5ô. — Dilalateur-Iavcur droïi (arèllire anlérieur). très employé en Allemagne dans le trailement de ruréthrite chronique, est le

FiG. 56, — DilaLiteur-laveur combe (yrMhre [>i>sléncur).

plus communément pratiqué avec les dilatateurs-laveurs de Konmann. L'un de ces dilatateurs-laveurs est droit pour Turèthre antérieur (fig. 55); l'autre, courbe, sert k dilater et à laver à la fois rurôthre antérieur et le postérieur (fig. 56). Les quatre tiges du dilatateur en s* écartant déplissent la muqueuse urélhrale et commencent le détachement des masses muco-purulentes, qui sortent des lacunes uréthrales et qu'entraîne alors leau du lavage. Cette eau pénètre par Ta ne des deux canules latérales situées près du cadran» traverse un tube creux formant Taxe de l'instrument et sort par quatre petites ouvertures situées à Textrémité. Elle baigne l'urèthre et ressort par deux larges oritices qui la conduisent dans un deuxième tube se terminant k une deuxième canule opposée à la première. Pour éviter Tissue de Feau par le méat, rinstrument porte près de son manche une sorte de cupule qu*on fixe sur le gland à laide d'une vis*

Ces lavages avec dilatation sont répétés tous les 8 jours en moyenne, et môme, s'il n*y a pas d'irritationj tous les 5 à 6 jours.

Lavages sans sonde — Les lavages de rurètbre avec l'appareil à douche ont été pratiqués d'abord par Vandenabeelc et par Lavaux; actuellement ils sont d'usage courant dans tous les services de voies urinaires. Pour lee pratiquer, on peut se servir d'un bock ordinaire pendu

vin* ortii*. — irAUTiuAXX.

FiG. 57, — Appareil pour bvage Bans sonde iKJiijlal Lnriboisi^rt".

;^<) INJECTIONS, LAVAGES, LNSTILLATIONS

à un clou OU d'un appareil spécial qui permet d'élever le bock à la hauteur désirée ; le point important est d avoir une canule de verre à gros bec conique percé d'un orifice de 2 millimètres de diamètre. Cette canule permet, quand elle est introduite dans le méat, d'exercer sur lui une pression qui assure la fermeture du canal. Il suffit, pour cela, que la main gauche repousse le gland sur la canule, dont il coilTe l'extrémité. La solution, que l'on injecte,

FiG. 58. — Canule pour lavages sans sonde.

doit être à une température de 38^ environ, le bocal à l'^jSO environ au-dessus de la région membraneuse du malade.

Après avoir fait uriner le malade, on le met à cheval sur un bidet ou bien on le fait coucher avec un bidet entre les jambes. On nettoie le gland et le

Fie. 5cj. — Lavage de lurèthre sans sonde.

(Le coltct i\v la canule est ^rni d'un disque de caoutchouc protégeant la main contre les éclaboussurcs du liciuide injecté, lorsqu'on retire la canule.)

prépuce, et, si le malade est pusillanime, on injecte avec une petite seringue

LAVAGES 5l

une dizaine de centimètres cubes d'une solution de cocaïne à 1 p. 100 dans l'urèthre antérieur.

La main droite tenant la canule et le tube de caoutchouc auquel elle est adaptée, on commence par laver Furèthre antérieur à canal ouvert avec un demi-litre de liquide qu'on injecte par coups successifs. Pour laver l'urèthre postérieur, on maintient la canule entre le méat qu'elle ferme et on laisse le liquide pénétrer lentement dans Turèthre, engageant le malade à ne pas se contracter, à respirer librement, à pousser légèrement comme s'il voulait uriner. Si Ton constate que l'urèthre se distend et que le liquide ne coule pas, on presse immédiatement sur le tube de caoutchouc pour arrêter l'arrivée du liquide et éviter au malade une tension douloureuse ; on Tengage à se laisser aller et bientôt on a la sensation que le liquide pénètre dans la vessie; on le laisse filtrer lentement jusqu'à ce que survienne une envie d'uriner, ce qui nécessite, suivant les cas, une quantité très variable de liquide. On laisse le malade pisser à ce moment, interrompant le jet de temps en temps en pin- FiG. 60. — Disque de çant le méat, de façon à amener, pendant l'évacuation caoutchouc pou- j^ ]g^ vessie, des distensions successives du canal qui vant s adapter sur i,..ij, ,1

le collet de la ca- font pénétrer le liquide dans les cryptes de la muqueuse.

nule à injection. Qn recommence une ou plusieurs fois le lavage, de manière à faire passer dans les deux urèthres environ un demi-litre de liquide.

La petite opération terminée, on place sur le méat un tampon d'ouate hydrophile et Ton recommande au malade d'attendre deux heures avant d'uriner, la première miction étant quelquefois un peu douloureuse.

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