‹ Organes génito-urinaires de l'hommeChapitre 56 sur 103 · ACCIDENTS ET RÉSULTATS DE LA NÉPHRECTOMIE · texte numérisé non relu

ACCIDENTS ET RÉSULTATS DE LA NÉPHRECTOMIE

côlon, ascendant ou descendant; les blessures du duodénum sont infiniment plus rares; Schede en a publié un cas après une néphrectomie droite.

Toutes les fois que Ton constate une lésion de Tintestin, il faut immédiatement en faire la suture; malheureusement,comme ces plaies siègent générale inent sur la face postérieure deTintestin, en un point dépourvu de séreuse, la tendance à la cicatrisation est minime et la fistule stercorale fréquente. Quelquefois même, il n'y a pas ouverture de la cavité intestinale,mais simplement destruction plus ou moins étendue de la tunique musculaire; la perforation et une fistule stercorale secondaire se font au bout de quelques jours (Depage).

Hémorragie. — Elle est quelquefois inévitable dans certaines interventions,pour rupture du rein par exemple. L'artère rénale ou une de ses grosses divisions a été déchirée, et Ton opère pour un véritable anévrysme diffus. Dans ce cas-là, il ne faut pas perdre de temps, mais aller vite au bile du rein, prendre le pédicule entre les doigts, mettre sur lui une pince d'attente, le lier, puis enlever le rein.

Une hémorragie peut survenir pendant le décollement d'un rein adhérent, dans un cancer encéphaloide très vasculaire par exemple. Inutile de chercher à tamponner, le sang continue à couler malgré le tampon. Sans hésiter il faut achever rapidement le décollement du rein, ne pas s'occuper de l'hémorragie et aller au pédicule. Dès qu'on l'a saisi, Thémorragie s'arrête; les adhérences, qui recevaient la plus grande partie de leur irrigation vasculaire des vaisseaux du rein, ne saignent plus dès que le pédicule rénal est pincé.

Enfin rhémorragîe peut résulter d'une faute opératoire. Elle est généralement fort grave et peut tenir, soit à la lésion d'un organe voisin (foie, rate), soit plus souvent à celle de gros vaisseaux. Cette lésion des gros vaisseaux résulte exceptionnellement d'une déchirure des vaisseaux du hile àla suite d'une traction violente sur le rein, plus souvent d'une déchirure de la veine rénale à son abouchement dans la veine cave, ou de l'ouverture de la paroi dégénérée de cette veine cave pendant le décollement du rein.

En pareil cas, Schede, von Zôge Manteuiïel ont fait la suture latérale de la veine cave ; Kûster a laissé une pince à demeure pendant 24 heures ; Lûcke, Lindner ont fait un tamponnement serré ; Héresco, nous-méme, la ligature du tronc de la veine. Tous ces procédés ont donné des guérisons.

Immédiatement après la néphrectomie, les accidents les plus à redouter sont les accidents de choc et ceux i* insuffisance rénale (oligurie,anurie, etc.). La longue durée de la narcose, le mauvais état du rein opposé et la perte de sang au cours dé l'opération sont autant de causes prédisposant à ces deux accidents.

Ces complications, de même que les pleurésies^ les péritoniies ou les cellu^ lites secondaires, ne présentent rien de particulier au point de vue thérapeutique.

276 NÉPHRECTOMIE

Si secondairement il persiste une fistule^ entretenue par la présence de masses scléreuses de périnéphrite ancienne, par un moignon urétéral infecté, par la présence d'une soie septique, il est indiqué de faire secondairement l'ablation de ces parties malades ou tout au moins de curetter le trajet, ce qui suffit souvent pour en amener Toblitératiou. Mais il ne faut pas se liàter d'intervenir de nouveau, un grand nombre de ces fistules guérissant spontanément au bout de plusieurs mois.

Résultats de la néphrectomie. — Les résultats de la néphrectomie ont été bien étudiés par Schmieden^ qui a réuni 1.118 néphrec ternies. Laissant de côté quelques néphrectomies par la voie vaginale ou par la voie sacrée, dans des cas de reins ectopiés, et quelques faits publiés sans détails suffisants, il trouve :

72*2 néphrectomies lombaires 165 morts = 22,9 p. 100

365 — abdominales 131 — = 33,2 —

Cette mortalité, qui correspond à une mortalité globale, est en réalité très réduite aujourd'hui, car, si l'on divise les faits en trois séries correepondant à trois périodes décennales, on voit que la mortalité s'abaisse peu à peu :

Période Voie lombaire Voie abdominale

Première 43,9 55,0

Deuxième 26,9 48,1

Troisième 17,0 19,4

Les causes de la mort ont été les suivantes :

Voie Voie Voie

lombaire abdominale en bloc

Maladies du deuxième rein (anurie, urémie). . . 45 11 56

Collapsus, choc 49 42 91

Mort pendant l'opération 1 1 2

Épuisement, suppuration, dégénérescence amylolde. 5 8 13

Péritonite 27 3 30

Septicémie, pyémie 4 11 15

Hémorragie primitive ou secondaire 6 2 8

Généralisation rapide de la maladie 2 11 13

Absence ou atrophie congénitale de l'autre rein . . 4 3 7

Maladies intercurrentes 9 19 28

Inconnues » » 38

Si l'on classe les résultats d'après la maladie qui a provoqué l'intervention, on trouve * :

* ScHMiEDEN, Die Erfolgc der Nierenchirurgie. Deutsche Zeitschr. f. Chir,, Leipzig, 1902, t. LXll, p. 2o5.

* Au relevé de Schmieden, qui précise en même temps les lésions ayant conduit à la néphrectomie, nous pouvons ajouter 3 cas de néphrectomie pour une lésion très rarement observée, un anévrysme de Vartère rénale (Albert, Hahn, Keen), tous trois terminés par la guérison (Keen, Nephrectomy for a large anevrysm of the right rénal arlcr>'. Philad, med, J., 5 mai 1900).

Page 1