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APPLICATIONS A CERTAINES INTERVENTIONS

par exemple, enfin de désinfecter Turèthre antérieur avec une solution saturée diacide borique. Entr'ouvrant légèrement le méat avec une seringue à fort jet, on balaie la fosse naviculaire. Ce nettoyage de Tentrée du canal fait, on lave sa partie antérieure en y injectant, à petits coups, le contenu d'une seringue, laissant le liquide ressortir librement, faisant ce qu'on appelle une injection à canal ouvert ; pour nettoyer les parties plus profondes de Turèthre antérieur, on fait une série d*injections à canal fermé (fig. 12). Maintenant avec le pouce et l'index le méat appliqué sur la canule de la seringue, pendant que le médius, appliqué sur la face inférieure du canal, apprécie Tétat de sa réplétion, on pousse du liquide jusqu'à ce que le canal soit tendu. Dès que le médius constate la réplétion, on lâche les doigts et on laisse ressortir le liquide.

Quand le malade est infecté^ il faut, tout en prenant les mêmes soins préalables, en y adjoignant même Temploi d'antiseptiques internes (borate de soude, acide benzoîque, salol, urotropine, etc.) ; pousser la désinfection plus loin, se rappelant que le plus souvent les accidents sont dus à la projection dans l'urèthre d'une urine vésicale infectée et cherchant par conséquent à désinfecter aussi complètement que possible le réservoir urinaire, où pullulent les agents infectieux. On lavera donc avec soin la vessie toutes les fois qu*elle sera infectée.

§ 3. — Applications à certaines interventions.

Telles sont les indications générales de l'antisepsie des malades : chaque intervention en a de particulières. La plus petite faute de technique a, dans certains cas, une gravité toute spéciale.

Nous signalerons à cet^égard le cathétérismeévacuateurdans les réieniions avec grande distension. Aucun fait ne peut montrer Timportance de l'asepsie mieux que l'observation de pareils cas. En 1885, lorsque j'étais interne du professeur Guyon, j'étais arrivé à cette conviction qu'un prostatique porteur d'une rétention aseptique avec grande distension était voué à une mort certaine dans les six semaines qui suivaient le premier cathétérisme. On attribuait les accidents aune évacuation trop brusque de l'appareil urinaire, à un afflux sanguin a vacuo; on réinjectait de l'acide borique après avoir évacué l'urine. Rien n'y faisait; les malades, qui avaient au début une urine claire, la voyaient se troubler, la fièvre apparaissait et ils succombaient dans un délai assez court.

Aujourd'hui, avec les précautions d'asepsie et d'antisepsie que nous prenons, nous ne voyons plus ces accidents, mais il faut pour cela veiller au moindre détail ; une infection même légère est des plus dangereuses lorsqu'il existe un état congestif de V appareil urinaire. Or cet état congestif existe dans

les rétentions, qui à elles seules peuvent déterminer des hémorragies, comme nous Tavons signalé dès 1888 à la Société anatomique.

Le cathétérisme évacuateur devra donc être pratiqué aseptiquement en prenant les mêmes précautions que pour une grande intervention. C'est dire que pendant les premiers jours de l'évacuation d*une grande distension, le chirurgien ne doit confier à personne le soin de faire le cathétérisme.

Plus tard, lorsque la vessie aura été complètement vidée, lorsqu'un cathétérisme strictement aseptique aura été fait pendant plusieurs jours consécutifs, que les phénomènes congestifs auront complètement disparu, le danger sera moindre. Certes une faute commise contre l'asepsie sera suivie d'accidents, mais rinfection sera alors purement vésicale, elle n'entraînera pas la mort à bref délai, comme ces infections, consécutives aux premiers cathétérismes qui frappent d'emblée tout l'appareil urinaire. C'est ce qui explique comment de vieux prostatiques, se sondant régulièrement sans grandes précautions, ne présentent comme accidents que des phénomènes d'inflammation vésicale.

Le cathétérisme est, de môme, particulièrement dangereux chez les malades hémaiuriques , chez ceux qui viennent d'avoir une colique néphrétique^ parce que, dans ces cas, il existe, comme dans les rétentions, un état congestif de tout l'appareil urinaire.

Après Vurélhrolomie interne^ il faut, par la sonde à demeure, faire des lavages de la vessie, répétés toutes les trois à quatre heures, pour diminuer la septicité du milieu vésical.

Lorsqu'on a une litholrilie à pratiquer, il est de même nécessaire de désinfecter le milieu vésical, faisant avant, pendant et après l'opération des lavages vésicaux, n'hésitant même pas, si la vessie est très infectée, à faire pendant les jours qui précèdent l'opération des instillations de nitrate d'argent.

Enfin, après un examen cysioscopiquej il est prudent de faire un lavage avec une solution de nitrate d'argent pour assurer le nettoyage de la vessie.

Pour les plaies^ un premier point est essentiel ; assurer le libre écoulement des liquides, car, si le contact d une urine septique est souvent sans grand inconvénient, il n'en est pas de même de sa pénétration dans les tissus, pénétration qui aurait lieu fatalement si l'urine projetée ne trouvait pas une libre issue au dehors. L'antiseptique le meilleur pour ces plaies, souvent baignées par l'urine, nous semble l'iodoforme, qui, peu soluble, adhérant aux tissus, conserve mieux que tout autre agent son pouvoir désinfectant.

C'est par l'observation minutieuse de toutes ces précautions qu'on est arrivé à améliorer dans des proportions considérables le pronostic des interventions pratiquées sur l'appareil urinaire ; aussi nous a-t-il paru nécessaire de nous arrêter, au début de ce volume, sur ce que présentent de spécial l'asepsie et l'antisepsie en chirurgie urinaire.

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