AUTOPLASTIE DE LA VERGE
Indications. — L^amputation du pénis est généralement pratiquée pour des lésions épithéliomateuses et doit toujours être accompagnée de Tablation des ganglions inguinaux.
Lorsqu'on se trouve en présence d'un cancer diffus de la verge ou d'un épithélioma du canal de Turéthrey il faut faire l'amputation totale. L'émasculation totale convient aux cas de cancers ayant envahi non seulement toute ou presque toute la verge, mais encore les racines des corps caverneux, les enveloppes des bourses, les testicules eux-mêmes, les cordons spermatiques.
§ 7. — Autoplastle de la verge.
Des destructions, même très étendues, de la peau du pénis se réparent souvent sans opération, surtout s'il reste un peu de peau à la racine de la verge et au prépuce. Il y a cependant des cas où l'intervention est indiquée, lorsqu'il y a perte totale du tégument du pénis, surtout si la perte de la peau 8*étend au scrotum et à la région pubienne. Ces lésions peuvent en effet être suivies non seulement d'un raccourcissement énorme du pénis par suite de la rétraction du tissu cicatriciel, mais encore de douleurs au moment des érections et de troubles considérables dans le coït.
FiG. 349 et 35o. — Autoplastie de la verge (Reich).
Quand le prépuce est conservé on peut, à l'exemple de Dittel, le dédoubler, aire glisser son feuillet externe sur la verge et obtenir ainsi un revêtement convenable.
Quand le prépuce manque, il faut chercher de la peau dans les régions voi-
sines, ou, comme Bobroff, pratiquer des greiïes de Thiersch. La peau de la partie supérieure de la cuisse, employée par Rappeler, est mauvaise, celle de la paroi abdominale, utilisée par Sorgo et Sprengler, médiocre.
Le mieux est d'employer, quand elle est conservée, la peau du scrotum, ainsi que l'avait déjà conseillé Dieffenbach.
Dans les pertes de substances partielles on peut se contenter cTun lambeau scroial pédicule. Lorsque les corps caverneux sont complètement dénudés, il vaut mieux, si c'est possible, tailler un lambeau en forme de pont; il résiste aux érections et prend plus facilement qu'un lambeau pédicule.
Après avivement du dos et des flancs de la verge dénudée, on fait à la partie inférieure du scrotum une incision horizontale, longue de 9 centimètres envi-
FiG. 35i. — Autoplaslic de la verge.
Dans le premier lemps, Bessel IIagen fait passer la verge sous un pont de peau aa' aux dépens de la paroi abdominale antérieure.
b6', taillé
ron (66, fig. 349); on libère l'anneau cicatriciel de la racine de la verge, puis, immédiatement au-dessous de celle-ci, on pratique une incision transversale moins large que l'inférieure. On décolle le pont de peau intermédiaire aux deux incisions et Ton glisse au-dessous le pénis dénudé ; quelques points de suture fixent en haut la racine de la verge à l'incision supérieure ; d'autres réunissent l'incision inférieure à la base du gland. Il suffit, vers le vingtième jour, quand le lambeau a pris, d'inciser à droite