‹ Organisation de l'industrie [microform]Chapitre 5 sur 26 · PR KF ACE · texte numérisé non relu

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l’extension de la consommation des choses (1). Le producteur doit donc accorder autant d’attention au degré de civilisation matérielle et intellectuelle de ses concitoyens ou de ses clients-consommateurs, pour se guider dans ses entreprises, qu’il en apporte dans la partie technique de ses opérations elles-mêmes.

La seconde proposition qui, dans cet ouvrage, m’ait semblé digne d’une étude approfondie, est due à M. Hermann. Cet auteur affirme que les relations qui s’établissent d’homme à homme font partie constituante de la richesse et du capital des individus aussi bien que des nations. Ce principe, qui élucide et complète le précédent, n’en est réellement que la conséquence (2). Il nous fait reconnaître la valeur économique de la famille et celle des liens nationaux. Loin d’abaisser les plus géné-

II est clair qu’en tant que notion elle appartient àM. Rossi; mais en t int que déünition, M. Bastiat doit bien en avoir tout l’honneur, et un grand honneur; car un principe n’est acquis et ne procrée de corollaires que lorsqu’il est nettement expliqué, défini, autant dire, bien conçu. Il y a là toute la distance d’une force utilisable à une force appropriée, et ce n’est pas peu de chose. E. T.

(1) En appliquant à celte seconde propriété de la valeur la belle définition de M. Bastiat, elle se complète ainsi, et en même temps devient plus lucide : La qualité de valeur ne s’applique à une chose qu’autant que f" elle répond à un besoin humain; 2" elle est possédée par quelqu’un (car autrement elle ne pourrait donner lieu à aucun service). L’amplitude de celle qualité résulte -!" du nombre des similaires; 2" du degré de la civilisation actuelle. Au moyen de ces quatre éléments de la valeur en qualité et en quantité, on peut répondre à toutes les objections que soulèvent les exemples tels que ceux du diamant ou de la terre ; j’aurai sans doute l’occasion d’y revenir plus loin.

(2) Puisque la richesse d’un homme ou d'un peuple se mesure à la quantité de valeur appropriée par lui, elle est nécessairement en proportion du nombre et de l’importance des services qu’il peut échanger; les relations sociales (association, clientèle, etc.), tendant à accroître ce nombre et celte importance des services, contribuent donc à augmenter la richesse dans tous les cas. E. T.

PRÉFACE

peux sentiments au niveau d’un calcul sordide, il eleve, au contraire, la science au-dessus de la sphère étroite des combinaisons matérielles, et l’entraîne vers les hautes régions de ces spéculations qui embrassent les plus nobles attributs de l’humanité. Ce n’est que sur ce terrain que se peuvent concilier les différends qui font aujourd’hui de la vie sociale un problème si difficile

à résoudre.

.l’espère n’avoir en rien forcé la justesse de cette idée nouvelle et opportune, en l’appliquant aux résultats généraux de l’association, lorsque j’ai entrepris de lui assigner sa véritable valeur, si faussement appréciée par les philanthropes les plus ardents. — L’effet de l’association est de donner et de garantir à la fois à ceux qui s’y livrent leur pleine liberté individuelle; elle est donc à peu près à la liberté ce qu’est le capital au revenu, la cause à l’effet. Le but, c’est la liberté individuelle d’agir, et de jouir du fruit de ses actes; l’association n’est que le moyen efficace d’y parvenir, et sur cet argument vient se baser la réfutation des doctrines de Fourier et d’Owen, qui prescrivent le sacrifice de toute liberté individuelle, en vue de la création d’une association profitable. Ceci n’est réellement pas autre chose que la méthode adoptée par les conquérants, les despotes, les centralisateurs, en un mot; ils ne veulent souffrir d’autre union que celle de la forme qu’ils imposent et dont ils tiennent le levier (I). 11 n’est même pas nécessaire de recourir aux

(1) l.es dangers que nous ont fait, que nous font encore courir en France riinmiiience de Fapplicalion des utopies communistes, et au nombre de celles-là il faut hardiment compter toutes les doctrines qui SC basent sur l’association forcée aux dépens de la liberté individuelle; les dangers non moins grands peut-être d’une réaction aveugle, feront reconnaître au lecteur français toute la fécondité, toute la richesse de ce principe nouveau et fondamental qui découle de la définition de l’association, par M. Ranfield, et que la modestie de l’auteur lui fait

PRÉFACE

exemples que l’histoire de tous les temps et de tous les peuples offrirait en foule, pour apercevoir que le progrès naturel de la société mène à l’abolition graduelle des formes oppressives et à l'indépendance complète en ce qui concerne les distinctions extérieures ; qu’en mémo

nommer une application delà proposition de M. Hermann. Ses conséquences en politique sont de la plus haute importance. Si on réfléchit que le faisceau de l’association volontaire reconnaît pour force de cohésion rinlérél commun, (jui fait le plus grand intérêt de chacun; que cet intérêt commun, au point de vue do l'accroissement do la richesse, c'est-à-dire du triple développement matériel, moral et intellectuel de l’homme et de la société, u’est pas autre chose que la liberté effective (individuelle cl collective à la fois) elle-même; que cet inlérêt commun,au point de vue de sa propre conscrvalion et de sa multiplication incessanie, constiîue le principe d'autorité: on reconnaîtra ridenlitc réelle et profonde de ces trois termes: intérêt commun, liberté, autorité; dont aucun ne peut exister sans Taulre, dont chacun implique l’aulre. Ou y verra comme une spiritualisation de celle double et unique force matérielle d’allraclion et de répulsion à la fois, qui constitue les corps physiques et qui est la loi divine. On comprendra dès lors raberralion de ceux qui croient que le principe d’autorité est un correctif, une limite au principe de liberté; que l’exercice simultané de ces deux principes en provoque la collision et la restriction mutuelle; lorsqu’au contraire chacun d’eux n’est qu’une émanation de l’aulre, qu’ils se développent ensemble et réciproquement au prolU du progrès humain; qu’enfiii le dépositaire du principe d’autorité, quel qu’il soit, ne peut se soustraire à la promotion du principe de liberté, sous peine de ruiner tôt ou lard sa puissance.

I.es socialistes, qui prônent l’assoeiation forcée, et la plupart de nos hommes d’Élal, qui croient comballre au nom de Tordre en supprimant la libf rlé ou protéger le travail en étouffant les échanges, sont donc aussi bien les uns que les autres des révolutionnaires insensés, des deslrnclcurs de la société et de la civilisation.

Les conséquences que je lire ici de la définition de l’association pa M. Hanfield me permellenl de dire pourquoi j’attache une importance aussi grande aux définitions en général. On ne définit que ce qu'on connaît; on n'enseigne que ce que Ton a pu définir. L’expression exacte d'une vérité est donc le critérium de la science; c’est un jalon certain jeté dans la voie du progrès. Si Ton allaehait à Tacception propre des mots et des expressions qu’on emploie loute la valeur qu'elle possède, il y aurait, eu politique surtout, bien moins de dissoniimenis ci(r les choses ipTils expriment. K. T.

PRÉFACE

tciii[)s, la tendance à la conformité, à l’égalité intellectuelle se fait jour dans la même proportion où diminue la pression des contraintes sociales extérieures. C’est de là (jue naissent dans les républiques les sentiments énergi(|ues du patriotisme le plus pur , de là que provient, chez tous les hommes, cette louable ambition d’arriver à un degré d’égalité effective, où tous soient libres au même point d’exercer leurs facultés et de jouir des fruits de leur travail.

Il n’y a de nouveau ici, dans la classilication des besoins humains, forme sous laquelle se présente l’élément delà nécessité dans la science économique, que l’importance que je lui ai attribuée, et la place que je lui ai donnée ; c’est ce que prouveront de nombreux renvois aux ouvrages dcïs anciens auteurs, (’ette classilication nous fournit la véritable échelle de progression de l’industrie; elle jette un nouveau jour sur des questions importantes et encore discutées; la connaissance de cette classification établit la limite positive de la faculté par laquelle l’homme se livre à l’évaluation des choses, et permet ainsi de donner une direction normale à son activité, tout en fournissant à la science des données exactes pour les calculs économiques.

Il naît de l’essence même de la classification que j’ai développée une conséquence heureuse : c’est que d’uii côté, tandis qu’elle met en évidence les besoins les plus inférieurs de l’homme, ceux qu’il partage avec la brute, de l’autre, elle ne reconnaît point de bornes à l'élévation qu’il peut atteindre en ce sens, et ne fixe aux aspirations de l’esprit humain d’autre limite que l’infini. 11 ne faut pas se méprendre sur rim[»ortance(|irime telle gradation des besoins de riiomme ajoute aux préceptes de MM. Rossi et Hermami. Les vérités hardies que ces écrivains ont avancées ne penvenl se eoneilier avec la

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