‹ Organisation de l'industrie [microform]Chapitre 7 sur 26 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

PRINCIPES célir£RA.EX.

1 . Je n’ai pas ici l’intention de retracer complètement les principes que l’économie politique enseigne ; je me propose seulement de présenter des considérations opportunes, sur quelques points qui intéressent directement les phénomènes de la production et delà consommation générale, et à l’égard desquels je crois urgent de modifier, en s’en écartant, les vues émises par nombre d’écrivains anglais. Si les principes auxquels je vais m’attacher n’étaient point établis d’une manière satisfaisante , on chercherait infructueusement à analyser avec certitude les ressources de la production ou les besoins de la consommation. Quelques propositions émises par des auteurs étrangers semblent’ mieux nous conduire aux bases économiques réelles de l’industrie productrice que ne l’ont fait nos propres autorités, et je désire attirer l’attention du lecteur d’une manière toute spéciale sur les ouvrages de ces écrivains.

Il est singulier qu’on emploie aujourd’hui le terme complexe Économie politique pour exprimer précisément la même idée que les Grecs rendaient par l’expression plus simple olxovopa. Dans l’antiquité, l’activité entière

du citoyen s’absorbait dans l’idée de l’État, et aucun intérêt individuel ne pouvait être considéré comme distinct. L’histoire des temps modernes constate parmi les éléments constitutifs de l’État, l’introduction de considérations multiples qui, en rendant l’idée plus compliquée qu elle ne l’était pour les anciens, ouvrent une sphère plus vaste a l’activité des individus.

Les relations morales ou matérielles d’un citoyen avec d’autres États que celui dont il fait partie, sont de nos temps reconnues (1), et n’inspirent pas aux hommes d’État modernes une moindre sollicitude que celle qu ils attachent aux relations du citoyen avec sa patrie. Que cette extension de l’activité individuelle et l’élargissement qui en résulte dans les considérations économiques, tendent à effacer en partie l’influence des distinctions de nationalité, cela peut être déjà prouvé par la substitution que nous avons faite du terme « Économie

politique » à l’expression plus simple employée par les Grecs.

Le mot grec vdjxo; rend presque exactement notre mot règle. Si o^xovo(x^a peut être traduit par la règle de la maison, notre terme Économie politique indique la règle ménagère d un État. C’est ainsi que les Allemands traduisent par des mots composés Stantshaushallung, Staatswirthschaft, notre expression Économie politique.

Le mot règle imprime l’idée de la mise en ordre de quelque chose pour parvenir à son organisation. Il est essentiel de bien se fixer sur l’interprétation de ce mot règle lorsqu’on se livre à des spéculations économiques, surtout parce que, dans le langage ordinaire, son syno-

(1) Voyez J. B. Say, Cours complet, Paris d84Ü. 1. dO, page d34.

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nyme Économie possède une signification différente, ^

celle d’épargner ou de s’abstenir. Mais toute l’impor- J:

tance attachée à l’épargne doit prouver à l’économiste, |

et je le dis hardiment, que l’abstinence elle-même i

forme une partie de cette réglementation qui, soit dans 1

l’aménagement privé, soit dans celui des États, conduit j

à la richesse, à la dignité ou au pouvoir (1). Dans le |

cours de cet ouvrage j’emploierai les termes économie I

et économiser dans leur acception propre de règle et de "

régler. -

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