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Ceux-ci doivent, la première année, passer dans les quatre ateliers, et la deuxième année, dans un seul, choisi suivant leurs aptitudes’. Ceux qui se montrent particulièrement doués sont dirigés sur les écoles techniques de contremaîtres ou d'ingénieurs, et les autres sont envoyés dans les ateliers pour leur apprentissage professionnel dans le métier auquel ils seront trouvés le plus aptes.

Un certain nombre de grands établissements industriels ont créé des écoles de préapprentissage suivant des conceptions assez voisines.

Au Creusot, les jeunes gens font une année de préapprentissage, au cours de laquelle ils achèvent de recevoir leur enseignement général, et sont préparés à leur entrée dans Patelier d'apprentissage.

« Il existe actuellement deux sections de préapprentissage : une section élémentaire, où peuvent entrer les enfants qui n’ont pu être admis au concours d'admission à l’école spéciale et qui, à quatorze ans révolus, entreront dans un atelier d'apprentissage ; une section supérieure de préapprentissage, où sont admis des élèves des deux premières années d’école spéciale qui n’ont pu être admis au cours supérieur et qui sont destinés à devenir des ouvriers professionnels ?. »

De même, les usines de Saint-Jacques de Montluçon, de la Compagnie des forges de Châtillon-Commentry et Neuvesmaisons, ont organisé une école de préapprentissage. On y reçoit des jeunes gens entre treize «et quatorze ans, sans examen d'entrée, car on juge qu’un exa-

1. Celles-ci sont déterminées à la fois d’après la réussite d'atelier, et les constatations de l'examen médico-physiologique et psychotechnique, pratiqué sur tous les élèves.

2. J. Pluyette, L'enseignement professionnel dans les industries métallurgiques, mécaniques, électriques et industries annexes, p. 211-212.

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men pourrait éliminer des enfants qui ne se sont pas trouvés jusqu'alors dans des conditions favorables à leur développement physique, intellectuel ou moral. La durée du préapprentissage est de un an et l’enseignement est gratuit. Il comprend :

1° L'éducation sociale, qui développe rigoureusement la discipline ;

2° L'éducation physique, qui comporte des exercices physiques, jardinage et travaux manuels, et, parmi ces derniers, surtout de menus travaux d'installation et d’entretien utiles à l’ouvrier dans son ménage ;

3° 1/éducation intellectuelle : presque toutes les matières enseignées à l’école primaire sont reprises, mais dans un esprit plus utilitaire et selon des méthodes plus rapides.

L'expérience a montré que les enseignements habituellement considérés comme accessoires renforcent considérablement la valeur professionnelle de l’apprenti *.

La plus importante école de préapprentissage de ce type est celle de l'institut Emile Metz ?.

Les apprentis sont admis à quatorze ou quinze ans. L'enseignement, donné gratuitement, s'adresse aux futurs tourneurs, serruriers, électriciens, forgerons, modeleurs et mouleurs. Il dure trois ans en principe, et quatre pour les électriciens. Un contrat d'apprentissage est conclu entre l’usine et les parents, dès l’entrée de l’apprenti à l'institut. Chaque apprenti touche un salaire. L’enseigne-

1. Des programmes détaillés ont été établis, comprenant les matières suivantes : langue française, écriture, arithmétique, géométrie, leçons de choses, hygiène, dessin, instruction civique, solfège et chant, connaissances usuelles. Revue mensuelle des questions sociales, ouvrières et fiscales, aoûtseptembre 1923, p. 113.

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ment théorique est donné à l’école ‘ et les travaux pratiques sont effectués soit à l'atelier d'apprentissage, soit à l’usine même ?.

« Les progrès des apprentis sont suivis de très près pendant toute la durée du cours ; ce n’est qu'après six à douze mois d'apprentissage que les élèves choisissent définitivement leur profession future. L'enseignement donné par l'institut est assez général ; mais on s'efforce, au moyen d'examens périodiques et de rapports établis régulièrement par le personnel enseignant, de déterminer exactement quelle «est la spécialité professionnelle qui correspond le mieux aux aptitudes de chaque apprenti. Ce contrôle continuel du travail et des aptitudes des élèves permet de tenir largement compte de certaines qualités très importantes qu’il est difficile d’apprécier avant l'apprentissage : l'adaptation au travail et l’énergie morale *. »

Les écoles de préapprentissage ne peuvent distribuer leur enseignement qu’à un nombre très limité d'enfants #. C’est pourquoi on à songé à créer des classes de préapprentissage *. M. Kula, le champion du préapprentissage en France, a demandé la création dans toute école pri-

l'ACTASUDrA MD RDA 2. Avant l’admission,on procède à un examen théorique, médical et anthropométrique, à l’aide des méthodes modernes d’investigations : instruments de précision, tests, etc.

3. R. 1. T., janvier 1923. L'orientation professionnelle à l'Institut Emile- Meiz, p. 134.

4. Les plus nombreuses, celles de la Chambre de commerce de Paris, accueillent chaque année deux mille élèves se destinant à soixante-dix professions différentes. ;

». Cf, supra, p. ©6 les dispositions de la loi de 1882.

maire d’une classe de travail manuel occupant deux heures par jour les élèves de dernière année.

Cette classe, parfaitement organisée, fonctionne dans certaines écoles depuis plusieurs années. Mais, du fait qu'elle est facultative et dénommée classe de préapprentissage, le recrutement des élèves en est très difficile.

« Il faut battre le rappel dans toutes les écoles d’un quartier pour pouvoir constituer une classe, et si on examine la qualité du recrutement, on constate que cette classe de préappprentissage ne comprend presque exclusivement que des élèves que l'instruction a rebutés.

» Tous les autres élèves la fuient comme une classe inférieure.

» Il faut la remplacer par une classe dite d'initiation manuelle, obligatoire *. »

M. Kula demande que le certificat d'études primaires comporte une épreuve de travail manuel, éliminatoire au même titre que l'orthographe, et que l'éducation ménagère des filles, qui fonctionne parfaitement dans les écoles primaires d'Alsace et de Lorraine, soit étendue à l’ensemble du territoire ?.

Une initiative très heureuse a été prise par l’Office d'orientation professionnelle de Tarbes qui a réuni, dans un Jocal pouvant contenir une vingtaine d'élèves, l’outillage nécessaire pour l'exercice d’une dizaine de professions différentes.

On fait appel à des spécialistes bénévoles qui, le dimanche matin, donnent une leçon de travail pratique *.

1. Allocution de M. Kula à l'assemblée générale extraordinaire de la Société pédagogique des directeurs et directrices d'écoles publiques, le jeudi 30-novembrenS22 ZuONP.iévrier 1993;"p' 17:

2. La C. G. T. réunie en congrès a adopté plusieurs vœux en faveur du préapprentissage; cf. R. I. T., mars 1926, p. 382.

3. Notamment pour l'imprimerie, la sculpture sur bois, l'électricité, la ferblanterie, le jardinage. etc

Des maîtres de l’enseignement ou des chefs d’entreprises font, le mercredi soir, des causeries sur un sujet technique avec projections fixes ou animées. Des visites d'usines ont lieu le jeudi ; des cours de dessin industriel et des exercices manuels sont pratiqués les autres jours de la semaine, Le tout a lieu en dehors des heures de classe.

Les élèves appartiennent aux cours supérieurs ou COMplémentaires et sont admis par roulement. Ils exécutent successivement tous les exercices qui sont toujours en rapport avec le programme scolaire *.

Dans les écoles professionnelles de l'Etat français, les élèves ne peuvent choisir l’une des sections professionnelles de l’école qu'après avoir fait un stage plus ou moins long dans les différents ateliers. Il en est de même à l’Université du travail de Charleroi, où les enfants, qui entrent à treize ou quatorze ans dans les écoles professionnelles, font une année d’études préparatoires, qui leur donne une formation scientifique sérieuse et les initie au travail professionnel du bois et du fer ?.

L'Italie a pris une mesure plus énergique, en organisant le travail à demi-temps par une loi du 31 octobre 1923 entrée en application le 14 juillet 1925.

Dans la période correspondant à l’âge de douze à qua-

1. Marin, L'orientation professionnelle el le placement des apprentis dans les Hautes-Pyrénées. Le but. Les moyens, p. 15.

Les dépenses sont couvertes par une subvention de la ville et par la taxe d'apprentissage.

2. Ces études révélatrices des dispositions et des goûts sont complétées à Charleroi par un examen sérieux des aptitudes physiques. De plus un service anthropométrique suit le développement des enfants durant leur scolarité, et permet d'éloigner de certaines professions, des sujets faibles et peu résistants. Mile Clément, thèse citée.

Cette conception de la nécessité d’une culture professionnelle d’ensémble correspond aux principes les plus modernes du « Système Bat'a ». A Zlin..

(Tchécoslovaquie) tout le monde commence par faire le tour complet des ateliers, y compris les représentants de commerce.

torze ans, l'enfant va obligatoirement à l’école professionnelle préparatoire où de préapprentissage ; c’est une école du premier degré avec horaire diurne !.

Dans la période allant de quatorze à dix-huit ans, a lieu le travail d'apprentissage proprement dit, pour la préparation aux professions manuelles qualifiées ? ou le travail pour la préparation des maîtres ayant des fonctions directrices *. Comme pour le premier degré, l’horaire est diurne et complet (huit heures).

En outre, des écoles à horaire réduit offrent à ceux qui sont dans l’impossibilité de fréquenter les écoles dans la journée le moyen de compléter leur instruction et de se perfectionner dans la technique du travail *.

La Suisse a créé des ateliers de préapprentissage pour anormaux, spécialement pour la jeunesse vicieuse *.

L'Australie possède des écoles prévocationnelles où les enfants demeurent trois ans. Le Portugal attache la plus grande importance au préapprentissage. Enfin, l'Europe centrale ‘, les Etats-Unis’, etc., ont tenté quelques réalisations dans ce sens.

1. L'enfant a déjà été initié au travail manuel dans les deux dernières années de l’école primaire élémentaire (dix à douze ans).

2. Ecole d'apprentissage masculine ou féminine ou école du deuxième degré.

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