TRAITEMENT DES MALADES CHEZ LES MEDECINS PRATICIENS
La collaboration des praticiens est nécessaire pour mener à bien la lutte contre la syphilis.
Nous nous sommes déjà occupés de ce que doit être cette collaboration au point de vue général, nous avons de mème parlé du besoin qu'il y a de préparer les médecins à la lutte, en leur permettant d'acquérir au cours de leur scolarité, les notions fondamentales sur la clinique et la thérapeutique des maladies vénériennes, et du desiderata de M. le Professeur JEANSELME, concernant les dispensaires dans les villes de Faculté ou d'Ecole de Médecine, qui doit être une vérilable école technique pour les praticiens.
Voyons maintenant les modalités de cette collaboration au point de vue administratif.
Depuis longtemps, les médecins ont le droit d'envoyer au dispensaire les malades dont les moyens d'existence ne leur permettent pas de suivre en ville un traitement, en général long et coûteux. Mais il y à des malades qu, tout en n'ayant pas les moyens de se faire soigner en
ville, ne peuvent ou ne veulent pas fréquenter les dispen-
EAN et
saires. Ces malades, il est nécessaire de les aider à se faire soigner chez le médecin de leur choix.
D'après M. Cavaizrow, les médecins doivent classer les vénériens en différentes catégories
1° Les malades riches, qui n’ont besoin d'être aidés en aucune façon ;
2° Les malades qu'il y a lieu d'aider un peu ;
3° Les malades qu'il y a lieu d'aider beaucoup, mais non inscrits à l'A. M. G. :
4° Les malades inscrits à l'A. M. G.
Les malades de la deuxième catégorie sont ceux qui, ayant les moyens de payer le médecin, ne peuvent pas payer les médicaments ; on les aide en les faisant bénéficier de la fourniture gratuite de ces médicaments. Les malades de la troisième et de la quatrième catégorie sont ceux qui ne peuvent payer, ni le médecin, ni les médicaments. Les premiers bénéficient, comme les précédents, de la fourniture gratuite des médicaments, le médecin étant honoré par l'Administration centrale. Les derniers,
ceux inscrits à l'A, M. G., restent soignés à son compte.
Quant au contrôle, il est assuré par une commission départementale, comprenant : un médecin délégué du préfet, le médecin-chef du centre antivénérien du chef
licu et un délégué du Syndicat.
Lorsque le service est limité à la fourniture des médicaments, il fonctionne aux frais du Ministère : mais s’il comprend en plus les soins médicaux, le Ministère ne fournit qu'une somme déterminée et il appartient au Con:
seil général de couvrir le supplément éventuel des frais,
TT
| = 60 tu
Dans le premier cas, le Ministère fournit :
1° les médicaments spécifiques
2° une indemniié au médecin chargé de contrôler le service ;
3° 1.000 francs de frais forfaitaires de fonctionnement :
4° Eventuellement une indemnité au pharmacien répartiteur.
Dans le second cas, il fournit, en plus, une indemnité forfaitaire annuelle variant de 5.000 à 20.000 francs, pour honoraires’ médicaux et médicaments spécifiques.
Dans certains services, le traitement gratuit n’est accordé aux malades qu'après avis conforme du médecin du dispensaire central.
Le pharmacien répartiteur, délégué par l'Association des Pharmacienñs de France, sert d’intermédiaire entre le praticien et l'Administration Centrale. Il centralise les demandes de médicaments et les transmet à l'Administration qui fait exécuter les commandes par les fabricants, Dans quelques départements, les médicaments sont délivrés non par un pharmacien, mais par un médecin, soit le médecin du dispensaire central, soit le médecin inspecteur d'hygiène.
Les spécialités antisyphilitiques délivrées par les fabri cants ne sont soumises à aucun contrôle, une importante réforme est en voie de réalisation avec la création d'un laboratoire central de contrôle, qui sera géré par l'Académie de Médecine. |
Des centres régionaux de distribution sont en voie d'organisation à Marseille, Nice, Besançon, Toulouse, etc.
Dans peu de temps, tous les praticiens seront appelés à
« collaborer avec l'administration et les dispensai ires,
vant un plan approuvé et par la Commission de prophylaxie des maladies vénériennes et par les syndicats médi-
Caux ».