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2° Etudier la sérologie, en faisant non seulement la réaction de Wassermann, classique, mais simultanément sur le même sérum, la réaction de Hecht et la réaction de Desmoulières. En effet, aucune de ces réactions n’a, à elle seule, une valeur absolue pour étayer un diagnostic sur le résultat positif ou négatif qu'elle nous donne.
La réaction de DESMOULIÈRES est la plus sensible, et quelques auteurs ont même prétendu qu'elle était trop sensible, mais sauf dans quelques cas particuliers (lépreux). M. le professeur GouceroT, lui accorde une grande valeur car, d’après les statistiques faites dans son service de l'hôpital Saint-Antoine, il résulte que « le W. Desmoulières est la plus sensible des réactions de W., mais qu'elle n'est pas trop sensible, car souvent le Desmoulières est négatif dans les syphilis latentes et les Desmoulières positifs deviennent négatifs sous l'influence du traitement, ce qui est la preuve que Île Desmoulières positif avait de la valeur chez ces malades » (1).
Comme on le voit, même la plus sensible des réaclions de Wasermann peut faire défaut dans certains Cas de syphilis latentes.
Parmi les réactions de floculation, celle qui paraîl la plus sensible est la réaction de SACHS-GEORGI.
En 1924 MM. SranOBINSKI et Weys arrivaient, après l'étude de 8oo sérums de syphilitiques au moyen de cette réaction à la conclusion suivante : « En ce qui concerne la sensibilité de la réaction de Sacus-GEORGI, nos derniè-
res recherches confirment l'opinion émise lors de notre
(1) GoucERorT. — La Syphiligraphie et la dermatologie en 1324 La Medecine, novembre 1924, p. 88.
premier travail : la réaction en question peut-être parfaitement négative, en pleine période secondaire floride. Elle ne répond donc pas à notre critère habituel de la sensibilité des réactions sérologiques exigeant une positivité de 100 % dans les cas de syphilis secondaire floride
non traités.
Aux autres périodes de la syphilis, la réaction de Sacus-GEort est aussi sensible que la réaction de dévia-
tion du complément », (1)
Nous devons signaler aussi la réaction du benjoin col-
loïdal, pour le liquide céphalo-rachidien.
Comme on peut se rendre compte, il n'y à pas une seule réaction capable de donner le maximum de certitude, et la prudence la plus élémentaire commande de se servir des unes et des autres, étant donné que « les réactions de floculation ont donné des réactions positives dans un certain nombre de cas de syphilis, alors que la réaction de B.-W. était négative et quoique celle-ci se soit dans l’ensemble montrée plus sensible. II est recommandé, par conséquent, de pratiquer concurremment la réaction de B.-W., et les réactions de floculation, cette combinaison ayant donné les meilleurs résultats » d'après
MurrErRMIL CH (2).
En résumé il faut suivre la règle que nous avons énon-
cée : « Autoriser le mariage quand par tous les moyens
(1) SraroBiNsky et WEvr. — Résultats de l'étude de 800 sérums au moyen de la réaction de Sachs-Georgi, Annales des Maladies vénériennes, n° 10, octobre 1924, p. 735.
(2) Gouceror. — La Syphiligraphie et la Dermatologie en 1924, « La Médecine ». Novembre 1924, p. 88.
d'investigation actuellement connus, le postulant ne présente plus aucun signe de la maladie ». |
Comme toutes les règles, celle-ci peut présenter des exceptions mais, en la suivant fidèlement, on aura le
maximum de sécurité, qu'on a le droit de demander dans cette matière.
On a vu des cas où le malade et le médecin agissant de bonne foi, ont considéré le mariage comme possible et on à vu survenir des catastrophes. Et nous disons de « bonne foi », car il ne faut pas oublier qu'il y a des malades qui cherchent à tromper leur médecin. Pour illustrer ceci, nous signalerons un cas rapporté par le docteur Marcel Pixarp dans « Bruxelles-Médical », en octobre 1924. « Un de nos maiades, écrit-il, qui venait de recevoir sa première série de 914 après accident primitif, reçut de son patron la proposition de devenir son gendre et associé, ce qui fut aussitôt accepté. Le futur beaupère n'y mettait qu'une condition : un examen chez un syphiligraphe distingué. Cette proposition fut acceptée aussi, mais avec beaucoup moins d'enthousiasme. L'examen clinique fut fort satisfaisant, et le syphiligraphe le complèta par une analyse sérologique classique et par la réaction de Desmoulières, dont on connaît la sensibilité. Tout fut parfait, et il reçut son autorisation médicale ».
« Nous conseillerons aux médecins ajoute-t-il de bien examiner, dans ce cas, les régions du pli du coude et des fesses, pour y relever des traces de piqures qui souvent sont le seul symptôme permettant de faire avouer une syphilis récente. »
Le certificat médical doit être refusé à tout malade
présentant des signes d'activité de Ja syphilis, et le meuccin doit faire tout son possible pour le dissuader du mariage. Si l'on ne peut arriver à ce résultat, il faudra l'engager à se soigner : lui faire comprendre « qu'il peut contaminer sa fenime par le coït, le baiser, l'usage des objets communs. Pas d'enfants jusqu'à nouvel ordre » ; tel est le conseil qu'avec Fournier, on doit donner à ce malade (1).
À l'heure actuelle, si le certificat prénuptial obliga toire, n’est pas encore rentré dans nos lois, il est à dési. rer qu'il entre dans nos coutumes. C’est aux parents que revient le devoir de demander l'établissement d'un certificat médical, comme condition nécessaire pour obtenir leur consentement. Mais nous revenons avec ceci, à la nécessité qu'il y a de faire l'éducation du public, faut faire comprendre que l'établissement d'un certifi. cal prénuptial est un gage de bonheur qu'on donne aux jeunes ménages. S'il pouvait se généraliser, on éviterait ainsi de très grands malheurs. Etant entré dans les coutumes, comme une formalité nécessaire et courante, on n'aurait plus la crainte des scandales de la dernière heure, qu'on à présenté comme un épouvantail qui éloignerail les jeunes gens du mariage.
Etant une coutume établie, sachant qu'il leur faudra un certificat pour se marier, avant d'engager leur parole,
les Jeunes gens (âcheraient de savoir s'ils ne trouve-
raient pas au dernier moment, un obstacle à la réalisa-
tion de leur mariage, dans l'existence d'une maladie véné-
Ë REE | (1) JranserME et Sezary. — Précis de syphilis et des maladies véné. riennes. J.-B. B., édit. Paris, 1995, p. 824.
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rienne. De cette façon, ne s'exposeraient à subir les conséquences d'une rupture que ceux qui l’auraient bien voulu, soit par négligence, soit par calcul.
Ceci n'éloignera pas les jeunes gens du mariage. Les personnes saines ne verront dans l'établissement de cette pièce, qu'une simple formalité.
En résumé, il est à désirer de voir se généraliser la coutume de l'établissement libre d’un certificat prénuptial, en attendant le jour où l’on trouvera une formule, pour le faire entrer dans les lois.
Lé certificat prénuptial obligatoire sera la plus sûre sauvegarde que, à ce point de vue, aura la société car, il sera demandé à toutes les personnes sans exception, et sans tenir compte des considérations sociales qui, Si dans quelques cas servent à sauver les apparences, cali sent dans beaucoup d'autres un vrai préjudice aux inté
rêts vilals de la société.