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Organisation du crédit et de la circulation, et solution du problème social sans impôt, sans emprunt, sans numéraire ... sans atteinte à la propriété

Il est prouvé que les doctrines socialistes sont impiiissanli s à secourir le Peuple dans la crise actuelle. L’utopie a besoi.i, pour s’appliquer, de sujets préparés, de capilaus accumulés, de crédits ouverts, d’une circulation établie, d’un état prospère. Elle abesoin do tout ce qui nous manque: elle est impuissante à créer ce (jui nous manque.

Il est prouvé que l’économie politique, doscriptire et routinière, est aussi .stérile que le socialisme dans la conjoncture présente. L’école qui a pour tout principe l’o/’/rc et la demande devait être about de moyens le jour où tout le monde demanderait, et où personne ne voudrait offrir.

Il est prouvé, enOn, que la dictature, les coups d'État, et fous les espédicns révolutionnaires sont impuissans contre la paralysie universelle, comme le moxa est sans action sur le cadavre.

Puisse notre nation ne jamais oublier celte grande expé-

A présent le champ est ouvert à d’autres idées , l’opinion les appelle, l’empire leur est assuré. Je n’hésite plus à proposer ce que l’élude spéculative de l’économie sociale m’indique de plus applicable à la situation où nous sommes ; il ne tiendra qu’à vous, citoyen lecteur, de voir lians ma proposition le spécimen de notre immortelle République.

Le travail est à bas, il faut le faire reprendre.

Le crédit est mort, il faut le ressusciter.

La circulation est arrêtée, il faut la rétablir.

Le débouché se ferme, il faut le rouvrir.

L'impôt ne suffit jamais, il faut supprimer l’impôt.

L’argent se cache, il faut nous passer de lui.

Ou plutôt, car it faut s’expliquer d’une manière absolue; car ce que nous devons faire aujourd'hui devra servir pour l’éter-

Doubler, tripler, augmenter à l’infini le travail, et par conséquent le produit ;

Donner au crédit une base si large, qu'aucune demande ne l’épuise ;

Créer un débouché qu'aucune production ne comble ;

Organiser une circulation pleine, régulière, qu’aucun accident ne trouble ;

Au lieu d'un impôt toujours croissant et toujours insufitsnnt, supprimer tout impôt;

Faire que toute marchandise devienne monnaie courante, et abolir la royauté de l'or;

Voilà, sans parler des conséquences politiques, pbilosopbi-

ques et morales, que nous aurons à déduire plus tard de ces prémisses, et pour me renfermer dans le cercle des intérêts matériels, ce que je propose de réaliser à l’instant même, et qui ne coûtera au Gouvernement provisoire que les frais de quelques décrets.

Mais je dois signaler auparavant quelques-uns des préjugés qui, par l’elfet d’une longue habitude, nous empêchent, en ce moment, d’apercevoir la véritable couse du mal, et de discerner le remède. Se mettre en garde contre l’erreur, c’est faire la moitié du chemin qui mène à la vérité.

Le premier de ces préjugés consiste a vouloir tout réformer par détail, au lieu d’attaquer la masse; à prendre les diflicultés les unes après les autres, et à les résoudre successivement par des moyens que le sens commun semble indiquer: tandis que les questions économiques, esscntiellemont contradictoires en elles-mêmes et entre elles, demandent à être résolues toutes à la fois, au moyen d’un principe supérieur, qui respecte tous les droits, ménage, améliore toutes les conditions, concilie tous les intérêts. Le Gouvernement provisoire l'a implicitement reconnu quand il a dit que la problème de l'organisation était COMPLEXE : mais il paraît iiue i’c.xpérience ne lui profite guère, puisqu'il persiste dans sa détestable route.

Un autre préjugé est celui qui, atlribuanl la cause du paupérisme à la mauvaise organisation du travail, conclut que le travail doit être organisé; que c'est là, sur cette partie de l’organisme social, le ru.v vail , qu'il faut appliquer le remède. Le Gouvernement provisoire s'esi fait le propagateur et le patron de cette idée.

On ne veut pas comprendre que travail est synonyme de liberté individuelle; que, sauf la justice de l’écliange, la liberté du travail doit être absolue ; que les gouvernemens n’existent que pour protéger le travail libre, non pour le réglementer et le restreindre. Quand vous parlez d’organiser le travail, c’est comme si vous proposiez de crever les yeux ù la lilierté.

Un troisième préjugé, conséquence du pi écédent, est celui qui, supprimant l’initiative individuelle, prétend tout obtenir par voie d’autorité. On peut dire que ce préjugé est la lèpre de l'esprit français. Nous demandons tout à l’État, nous voulons tout par l’État ; nous ne comprenons qu’une chose, c’est que l'État soit maître et nous salariés. — L'analogue de ce préjugé, dans l’ordre économique, est celui qui fait de l’or le moteur universel. L’or est pour nous le principe delà production, le nerf du commerce, la matière même du crédit, le roi du travail. C’est pour cela que nous courons tous après l’or comme après l'autorité. Le Gouvernement provisoire, en cela comme en tout le reste, s'est fait nra.re chef de fde dans cette funeste ornière des vieux préjugés.

11 n'appartient à l’Ltat, je ie répète, que de prononcer sur la justice des rapports éconnmâiucs, non de déterminer les manifestations de la liberté. Kneore. l’État n’a-t-il droit, même en matière de justice, que de faire respecter la volonté générale: il ne prend d’initiative que p-ar exception, ,1e dirai bientôt quelle peut être , dans les circonstances graves où nous sommes, la mesure de cette initiative.

Lu quatrième préjugé, enfin, le ]ilus déplorable de tous, est celui qui, sous prétexte d’iiarmonie et de fraternité, tend à détruire dans la société la divergence des opinions, l’opposition des intérêts, la lutte des passions, l’antagonisme des idées, la concurrence des travailleurs. Ce n’csl rien de moins que le mouvement et la vie qu’on veut rctraiiclier du corps social. Là est l’erreur fatale du communisme, dont le Gouvernement provisoire, par je ne sais quelle iidlucnce, .s’est fait l’organe bénévole.

Pas n’est besoin, cependant, d’un grand effort de réflexion pour concevoir que justice, union, accord, harmonie, fraternité même, supposent nécessairement deux termes ; et qu’à moins de tomber dans l’absurde système de l’identité absolue, c’est-à-dire du néant absolu, la contradiction est la loi fondamentale, non seulement de l.'i société, mais de l’imivers !

Telle est aussi la première lui ([ue je precUniie, (l'accord avec la religion et la philosophie : C'est la Contradiction , l'Antagonisme universel.

Mais, de même que la vie suppose la contradiction, la contradiction à son tour appelle la justice : de là la seconde loi de la création et de l'humanité, la pénétration mutuelle des élémens antagonistes, la nÉciPiiocrrÉ.

La RÉCIPROCITÉ, dans la création, est le principe de l’existence, Dans l'ordre social, la Réciprocité est le principe de la réalité sociale, la formule de la justice. Elle a pour base l'antagonisme éternel des idées, des opinions, des passions, des capacités, des tempéramens, des intérêts. Elle est la condition de l’amour même.

La Réciprocité est exprimée dans le précepte : Fais à autrui ce que tu veux que l'on te fasse; précepte que l’économie; politique a traduit dans sa formule célèbre ■ Les produits s’echangent contre des produits.

Or, le mal qui nous dévore provient de ce que la loi de réciprocité est méconnue, violée. Le remède est tout entier dans la promulgation de cotte loi. L’organisation de nos rapports mutuels et réciproques, voilà toute la science sociale.

Ce n’est donc pas une organisation du travail dont nous avons besoin en ce moment. L'organisation du travail est l’objet propre de la liberté indiriduelle. Qui bien fera, bien trouvera : l’Etat n'a rien de plus à dire, à cct égard, aux travailleurs. Ce dont nous avons besoin, ce que je réclame au nom des travailleurs, c’est la réciprocité. Injustice dans l'échange, o'est l'organisation du crédit.

Je propose donc, comme mesure préparatoire et transitoire :

UÉDÜCTTON DF. TOCS SALAIRES, TRUTEMEXS, UEVEMS, INTɬ RÊTS , DIVIDENDES, ETC. — PR0R0C..VT10N DE TOLTES

ÉCUl AN( LS, ULMliOLIlSLMENS, LOYERS ET EER.UAUES.

L Révocation des décrets relatifs à la réduction des hou-

res de travail, et à l’abolition des tâches et du marchandage...

Quel rapport, dira-t-on, entre ces décrets, dictés par les sentimens de la fraternité la plus pure, et le crédit ?

Vous le verrez bientôt. Je supplie les travailleurs mes frères de croire que je ne trahirai point leurs intérêts, et que si, dans cet instant terrible, je leur demande au nom de la République crédit d’une heure de travail, c’est que j’ai la ccrti • tnde de les rembourser avec usure de l’avance qu’ils me feront. Ce n’est point par des réductions et augmentations de l'espèce de celles que leur a concédées le Gouvernement provisoire que leur sort s’améliorera ; il ne peut au contraire qu’empirer.

Quant à la concurrence que se font entr’eux les ouvriers par le marchandage, elle est nécessaire pour le progrès de la richesse générale, et d’ailleurs sans péril pour les travailleurs. Ignorent - ils que la production en France est en arrière de soixante milliards ?

2. Réduction des salaires dans tous ateliers, manufactures, mines, fabriques, chantiers, comptoirs, magasins, administrations, fonctions publiques, etc., sans exception, dans la proportion ci-après ;

Sur les salaires de 75 cent, et au dessous, par jour, zéro

de75c. âlfr. 1/25

de 1 fr. à 1 fr. 50 1/22

de 1 fr. 50 à 2 fr. 1/20

de2fr. à2fr. 50 1/19

de2fr. 50à3 fr. 1/18

de.3fr. à3fr. 50 1/17

de3fr. 50à4 fr. 1/16

deifr. àSfr. 1/15

de5à7fr. 50 t/10

de7fr. SOàlOfr. 1/8

de 10 à 15 1/6

de 15 à 20 1/5

do 20 à 30 de 30 à 60 de (iO à 100 de 100 et au delà

Le maximum de tout Irailemeiil et salaire limité piovibuil eraeiit à 20,000 fr.

Les corps d’arts et métiers . les manufactures , fabriques, chantiers, mines, comptoirs, administrations, etc. , devront incessamment publier le tarif des salaires de leurs ouvriers et employés, de manière à faire ressortir la différence des sommes payées, par jour, par homme, par année, cl par établissement, avant et après la promulsalion du décret.

Le Gouvernement donnera roxcmple de cette mesure, en faisant connaître immédiatement le tarit des salaires et tiaitemens des salariés de l’état : ce tarif sera fourni re.qiei tivement par chaque administration.

Pour les professions et conditions qui par leur nature échapperaient ou se soumettraient dinîcilemcnt à une tarification, compensation sera faite pour elles par une augaicnlation de la personnelle ou de la patente.

L’agriculture est formellement exceptée de celle! rédurlion générale.

3. Réduction du tarif des greffiers, avoués, huissiers, no taires, commissaires-piiseurs, courtiers, etc. , de 2.3 p. 0,0.

.^1, Réduction des tarifs des compagnies do crochelcuis, modaires, porte faix ; des courses de postillons, modes de mariniers, etc., dans la proportion do l'échelle détaillée cidessus, art. 2,

5. Réduction du prêt de l'armée et de la solde des olliciers, d’après la même échelle de proportion, art. 2.

6. Réduction du ca.suel des curés aux frais de falirique, augmentés d un intérêt do 10 p. 0,0.

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