‹ Organisation du crédit et de la circulation, et solution du problème social sans impôt, sans emprunt, sans numéraire ... sans atteinte à la propriétéChapitre 2 sur 8 · Réduction des pensions, d’après l’échctle, art · texte numérisé non relu

Réduction des pensions, d’après l’échctle, art

Le maximum des pensions réduit à 2,400 fr.

8. Abolition de tout cumul d’emplois et traitcmens, lorsque la somme des salaires réunis dépassera 2,000 fr.

9. Réduction de l’intérêt de l’argent, à la Banque de France et dans ses comptoirs, à 3 p. 0/0, commission com- [)ri5c.

Pour les banques libres, le taux légal de l’intérêt sera de 4 p. 0,0. Le maximun de la commission, 1/8.

10. Réduction des intérêts de toute somme prêtée sur hypothèque, quelles que soient les clauses du contrat, à

11. Réduction de l’intérêt de la dette publique , de 1 pour le 5, 5,8 pour le 4 ; et 3,8 pour le 3.

12. Réduction de tous intérêts et dividendes, pour actions de canaux, chemins de fer, raines, et toutes compagnies anoiiy.-nes et en commandite, ensemble à 5 p. 0/0.

13. Réduction de la rente foncière, ou fermage, 25 p. 0,0 de la rente.

14. Réduction des loyers de maisons, logemens, chantiers, matériels de febrique, machines, fonds de commerce , cliente lie, etc. 25 p. 0,0.

15. Retenue sur tous salaires, traitemens, soldes et pensions:

Au-dessous de 3 fr. par jour. rien

deSfr. àOfr. une semaine

de 6 à 12 fr. 15 jours

de 12 à 2.5 fr. 20 jours

de 25 et au dessus. 1 mois.

Si la retenue, faite d’une seule fois, était onéreuse pour le salarié, elle pourra être répartie sur plusieurs semaines et

16. Prorogation do toutes échéances de commerce, factures, et lettres de voiture,

pour billets de 25 à .50 fr. S jours

de .50 à 100 15 —

de 100 à 500 1 mois

de .500 et au-dessus 40 jours.

17. Prorogation de paiement d’intérdts échus ou à échoir dans les trois mois qui suivront la promulgation du décret pour créances liypothécaires,

pour les paiemens au dessous de 100 fr. 1 mois

de 100 à 500 fr. 3 —

de 500 et au-dessus 6 —

18. Prorogation de remboursement des bons du trésor, et dépôts des caisses d’épargne :

pour les sommes de 50 fr. à 100 fr., 15 jours

de 100 à 500 fr., .W —

de 500 à 1,000 fr., 90 —

de 1,000 et nu delà, 0 mois.

19. Prorogation de paiement des rentiers do l’Etat et des créanciers de la dette tlottanlc , d’apres l'écliclle détaillée art. 17.

20. Prorogation de paiement pour loyers et fermages, des termes échus dans les trois mois de la promulgation du décret, d’après la répartition suivante.

Le paiement dos sommes dues sera reparti sur les mois qui suivront l'écliéanco du terme, pour une somme de .50 fr. et au dessous par moitié ;

de .50 à 100 fr. par tiers ;

de 100 à 300 fr. par quart ;

de .300 et au dessus par cinquième.

21. Prorogation de remboursement pour toutes dettes hypothécaires , obligations sous seing privé non susceptibles de protêt, échues dans les trois mois de la promulgation du décret :

pour les sommes de 100 fr. et au dessous, 3 mois ;

de 100 à ,500 fr. (j mois ;

de .500 à 2,000, 1 an ;

de 2,000 et au dessus, 2 ans.

22. Prorogation de tous baux et loyers, à la convenance des fermiers et locataires.

pour les baux et loyers qui n'excèdent pas 300 fr. 1 an — — au dessus de 300 fr. 2 ans.

Tontes conventions et stipulations, toutes obligations, marchés et contrats, quelles qu’en soient les conditions et clauses, sont réformés de droit, quant à la partie financière et aux conditions do paiement, d’après la teneur du décret.

OBSERVATIOXS.

La pensée générale de toutes ces réductions, prorogations et retenues , est facile à saisir. Elle consiste à procurer l’augmentation de la richesse générale par la réduction de tous les salaires, comme si la tendance de la société était celle-ci :

Faire travailler tout le mo/idc pour rien, afin que chacun jouisse de tout pour rien.

Ainsi, c’est en demandant à chaque citoyen d’abandonner une partie de son salaire ou revenu que nous augmenterons la somme de son bien-être. Ce système, d’une incomparable simplicité, est le renversement de toutes les idées reçues.

Le travailleur, trompé par les déclamations socialistes cl les fausses doctrines politiques, entraîné d’ailleurs par l'exemple du capitaliste et du bourgeois, cherche, sous prétexte d’instruction, le bonheur dans le repos. Il ne sait pas cette première vérité de l’économie sociale, que c’est en travaillant qu’il doit devenir savant.

Il demande de forts salaires, de gros profits, comme le rentier, comme le monopoleur et le propriétaire. Il ne sait pas que félévation des salaires est la cause même de la misère.

Comment le saurait-il, au surplus ?

D'un côté, les socialistes du Luxembourg nef entretiennent que de participation aux bénéfices, comme si, dans f économie générale de la société, il y avait d’autre bénéfice que celui résultant de la réciprocité du travail. D’autre part les économistes admis dans ce conciliabule , font observer que si les salaires venaient à baisser sur une partie du travail ua-

lioiial, ils baisseraient bientôt partout, ce qui ne ferait qu’empirer la situation du prolétariat: comme si baisse générale des salaires n’était pas synonyme de richesse générale!

Voilà comme le sophisme aveugle les masses, comme il fait mentir le Peuple, et avorter les révolutions.

La richesse n’a qu’une cause : la réciprocité du bon marché.

La misère en a deux : la hausse générale, ou la baisse partielle.

Do ces deux causes de misère, le socialisme soutient la première ; l’cconomismo défend la seconde : tous deux sont d’accord de proscrire le principe unique du bien-être, l’universalité de la baisse.

11 résulte de cette fausse direction des esprits que la tendance générale est,

pour le travail, à la grève ;

pour la valeur, à la hausse ;

pour la richesse, à la pénurie ;

pour le crédit, à la méfiance.

On s’isole, on enfouit son argent, on cache ses valeurs le.' plus réelles, on cesse do produire de crainte de no pas vendre : on s’attend, on s’observe les uns les antres ; on ne fait rien. La misère , dis-je, a sa cause profonde dans cette tendance funeste , développée , rendue fiévreuse par les soi-disant idées sociales, et en dernier lieu par la complaisance du Gouvernement provisoire...

La mesure que je propose, et qui est le point do départ de l’organisation du crédit, comme de toute l’organisation sociale, est juste, efiîcace, d’une exécution facile, accompagnée de toutes les garanties.

1“ Je dis qu’elle est juste, et de trois manières : d’abord, parce qu’elle n’excepte personne et s’adresse à tout le monde; en second lieu parce qu’elle rend à chacun autant, au moins, qu’elle lui emprunte ; enfin, parce que la réduction

croît proportionnellemenl au revenu, étant plus forte pour le riche que pour le pauvre.

Toute mesure de salul public doit frapper sans distinction toutes les classes de citoyens. C'est ce qu’oublient trop souvent les courtisans du prolétariat, aussi bien que les avocats de la bourgeoisie. L’un demande l’impôt progressif, l’autre l’impôt sur les loyers, un troisième l’impôt sur le revenu. Chacun veut que l’État frappe le voisin en le ménageant luimême. Accueillez toutes ces demandes intéressées et jalouses , généralisez, et vous êtes dans le vrai.

La justice, qui est l’égalité entre les personnes, est aussi l'égalité dansles choses : de là, le second caractère de justice du projet.

En effet, qui dit réduction de tous les salaires dit réduction de pris sur tous ies produits. Or, le rapport des valeurs entr’elles ne changeant pas par la mesure proposée, mais seulement l’exposant de la valeur, en autres termes, la quantité de travail étant augmentée pour tout le monde, il est évident que si avec une même somme d'argent on obtient une quantité porportionnellement plus forte de produits et de services, un particulier est aussi riche après la réduction avec 75,000 fr. de rente qu’il l’était auparavant avec 100,000.

Il y a donc égalité au moins, entre le crédit demandé et le remboursement offert, par conséquent justice encore sous ce point de vue dans le projet.

Mais la justice ne serait pas satisfaite si la condition de l’ouvrier n'élait améliorée ; et c’est par ce côté surtoutquo la i)roposition se recommande.

Le crédit fourni devant être, selon les prévisions les plus probables, de deux milliards cinq cents millions, soit du quart environ de tout le produit national, et conséquemment le prix des services et marchandises réduit en moyenne de 25 p 0|O, il s’ensuit que l’ouvrier, qui par la retenue du 20' aura subi sur un salaire de 2 fr. une retenue de 10 centimes, se trouvera aussi riche après l’opération avec 1 fr. 90, qu’il l’eût été auparavant avec 2 fr. 50.

Le propriétaire, dont le capital seul travaille, comme dit Say, ne perd rien; le travailleur, qui n’a que la propriété de ses bras, gagne d’autant plus qu’il est moins rétribué : telle est la loi du travail et du capital.

Vous parlez d’impùt progressif : le voilà trouvé. Toute autre manière d’appliquer cet impôt vou.s conduit à l’oppression du capital ; ce n’est plus, prenez-y garde, un impôt sur le riche; c’est un vélo sur la richesse.

Vous voulez, comme les Anglais, imposer le revenu. Voilà vos rôles établis. Ordonnez à la l'oi.s la réduction do la rente et la réduclion du salaire : et vous serez sur le grand chemin du crédit et de la richesse.

J’avertis, au surplus, que ce n'est point par des nivellemen.s de cotte espèce que doit s'élablir l’égalité entre les hommes. L’égalité n’a rien à faire avec les combinaisons des mathématiques: l'égalité du revenu, quand mémo nous pourrions par cette voie y arriver, ne serait que le matérialisme de l’égalité.

2“ J’ajoute que la mesure proposée est d’une eflicacité sûre, d’un côté, pour faire .‘■ortir la richesse; de l'aulre pour augmenter la production.

.Sous l’impression do terreur causée par la Révolution, la richesse s’est retirée du corps social, comme le sang qui, chez un homme saisi d’épouvante, rellue vers le ccrur. Le crédit est tombé, par suite le travail aélé suspendu. Il faut donc forcer les capitaux à revenir; il faut, pour ainsi dire, mettre le travail dans un bain d’or, ,1e compare la soeiélé à une éponge plciné ; posez la sur un bassin, il reste à sec; si vous la imcssez, le liquide s’échappe, et le bassin s'emplit. Ainsi chaque producteur, capitaliste, rentier, clc., est un des jiores de la société, dans lesquels se réfugie la richesse. Serrez l’éponge, le liquide vivifiant vous inonde de toutes parts.

Supposant la moyenne de réduclion des l'cvenus et salaires à 20 centimes par jour cl par létc, la somme de richesse exprimée au bout d’un an, pour toute la nalioii, sera d’environ deux milliards cinq cents millions.

C’est donc comme si nous jetions dans la circulation une masse d’écns de deux milliards cinq cents millions : c’est mieux encore. Car si, à la quantité de numéraire existant, on ajoutait une valeur de deux milliards cinq cents millions en espèces, l’or et l’argent subiraient une dépréciation considérable ; et le travail, au lieu d’augmenter par cette richesse factice, probablement diminuerait.

Par la mesure que j’indique, au contraire, aucune valeur n’est dépréciée, puisque, la réduction étant générale, la proportion ne change pas ; c’est seulement le chill're servant à exprimer l’unité de valeur qui s’ahaisse. Je n’ai pas besoin d’insister sur celte différence capitale. Le travail, par conséquent le dividende, s’accroît donc nécessairement, il s’accroît d’autant plus que le salaire est moindre : je le démontre on quelques

Le bénéüce des travailleurs, dans cette organisation mutuellislc du crédit, est en raison inverse de leur salaire. Mais, pour qu’ils jouissent de ce bénéfice, il est nécessaire qu'ils travaillent, autant au moins iiu’auparavant. S’ils travaillent moins, le bénéfice du bon marché, produit par la réduction, diminue pour eux en progression géométrique; de même que, s’ils travaillent plus, le bénéfice augmente en progression aussi géométrique.

En effet, l’ouvrier qui aujourd'hui gagne 2 francs par jour, soit 12 francs par semaine, si dans une semaine il perd une journée, perd 2 francs.

àlais après la réduction des revenus et salaires, et la baisse proportionnelle des prix qui y correspond, l’ouvrier qui donne un vingtième de son salaire au crédit, se trouve aussi riche avec 1 fr. 90 qu’il l’était auparavant avec 2 fr. 50.

Si donc cet ouvrier perd une journée, ce n’est pas une valeur de 1 fr. 90 qu’il perd, c’est une valeur de 2 fr. 50; comme aussi, s’il gagne une journée sur la semaine, ce n’est point une valeur de 13 fr. .30 au total qu’il aura gagnée, c’est une valeur de 17 fr. 50.

Il y a donc pour l’ouvrier, avec un salaire moindre, avantage plus grand qu’autrelbis à travailler, préjudice plus grand à ne travailler pas ; et ret avantage, comme ce préjudice, sont d’autant plus grands que le salaire est plus bas coté sur réeliellc de réduction : tel est l’effet de la proporlionnalité du crédil.

La môme chose a lieu pour l’entropreneur. Plus il produit, plus il gagne ; et ce qui vaut mieux pour lui, plus il acquiert la certitude de ne jamais perdre, ainsi que je le démontrerai plus bas, en pariant de la barniuc d'échanfic.

3° Enfin, l’organisation du crédit que je propose est d'une exécution facile ; elle oll're aux préteurs, c’esl à dire à lu totalité des citoyens, toutes les garanlies désirables.

Nous n’avons pas besoin, en olfet, pour ceci, comme pour l’impôt, de rccensememeni, de stali.'lii|U(', de cada.dre, de régie , d’admiinstration , de gendarmes , cli'. : ni, comme, pour la batu[uo, de caisse, de comploirs, de commi.s, de directeurs, etc., clc. Tout fermier, localnire, débiteur, fait luiméme la réduction à .son créancier, et la porte à son acoir : il n’y a pas d’omission à craindre. Toul cnlrcpieneur fera lu même chose jiour ses ouvriers et scs aclioniinircs ; n'aycz peur qu'il y manque.

Pour CO qui est des salariés de l'Elai. I s comniis-cais.siers de.s payeurs s’en chargeront, et la cour des comptes vérifiera. Cela n’ajoutera pas une ligne aux éeriUues. ür, si lontes les lois do l'État, tous les règlcmcns d'adminislrulion, (ouïes les mesures de gouvernement pouvaient cire exécutés de la même manière, sans qu’il en coùléit un cciilimc ù l'Etat et aux citoyens, qu’en dites-vous? aurions-nous besoin de gouvernement? aurions-nous besoin de représcnUuis? et l'anarcliie no serait-elle pas l'idéal do l’ordre?.

Car, remuiujuez une chose.

Tout CO que cor.'çoit le Ctouvcrnemcnl provisoire, à l'inslar du gouvernement déchu, tout ce (pi'il décrèle pour le salut de la Piépublique, il veut le faire lui-même ; il ne laisse rien à notre diligence; il faut que tout passe jiar ses mains. Si, par

exemple, il s’occupe de crédit public, il se fait banquier, il établit un comptoir, il fait faire une caisse, bien ferrée, bien fermée; il la remplit d’écus qu’il nous prend pour nous les reprèter ensuite sous bénéfice d’escompte ; il nous fait payer intérêts, commission, perte à la retraite ; il s’entoure d’agens. de commis, de parasites sans nombre; il fait si bien par ses menées gouvernementales, qu’au lieu de ce crédit de deux milliards cinq cents millions qui ne coûterait rien, nous aurons à payer à l’Etat dix millions de frais pour cent millions qu’il fera misérablement rouler dans nos bourses vides.

Jugez, par cet exemple, de ce qu’est le monopole de l’Etat. L’Etat fait une retenue sur les traitemens des fonctionnaires : ce n’est pas pour qu’elle profite au pays, c’est pour se l’adjuger à lui-même, et payer d’autres employés, de nouveaux tyrannicules. Pour le pays, il n’y a pas économie; il ii’y a que déplacement. — L’État frappe une contribution sur le revenu : ce n’est pas pour la répartir entre ceux qui n’ont pas do revenu; la chose serait trop simple, trop peu gouvernementale; il n’y aurait qu’à décréter, comme je le propose, la réduction des intérêts d’argent, des loyers et fermages. L’État s’empare du montant de la taxe pour la dépenser à sa guise, sans profit, sans utilité pour le peuple.

Et ce que le Gouvernement provisoire fait pour le crédit, il s’apprête à le faire pour le travail, pour le commerce, l’industrie, l’agriculture, pour tout! Il nous organisera tellement, si nous le laissons faire, qu’au lieu de nous procurer un crédit de deux milliards cinq cents millions, en ne se mêlant do rien, il nous fera payer,pour se mêler de tout, un budget de deux milliards; il fera main-basse sur la rente; il s’emparera des loyers, fermages, intérêts de capitaux, prêts hypothécaires et actions; il taxera les entrepreneurs proportionnellement à leurs bénéfices présumés ; il augmentera la patente des petits commerçans, fabricans et industriels, d’un droit différentiel pour protéger les ateliers nationaux; il convertira une nation de travailleurs libres en une nation de fonctionnaires publics;

il mangera le proiluil net et le produit brut, le fonds et le tréfonds; il ne nous laissera que les yeux pour pleurer et le cœur pour le maudire, ce que je lui promets pour ma pari, suivant la mesure de son mérite et de mon estime.

RÉDDCriON (iÙMhlAI.K DES PKIX. ~ .VllRÈT DE t..4 V.4I.EIT,.

Toute opération de commerce, toute négociation se balance par doit et avoir ; c'est le principe de la conii)tabilité, bien connu de tous les gens d’afl'nires.

Nous avons, par la mesure précédente, décrété le crédit général; nous devons, pour être conséquens, pour être juste-, décréter le débit général.

La nouvelle série de réductions que je propose est donc la corrélative de la précédente ; elle n'est pas autre cliose que la précédcule, mais présentée sous une autre forme, et de manière à rendre , pour chaque producteur et propri('taire, le débit aussi ofliciel que le crédit.

Ainsi, par l'opération précédente, tous salaiics, trnitcmeiis, revenus, etc., ont été réduits suivant une échelle de proportion, de manière à satisfaire tous les intérêts, et ne laisser place à aucune faveur. L’exécution do celte mesure a été confiée à l’intérêt individuel, jdiis pui.'saut un nuilion de fois, en matière de crédit, que l'Ltal. Nous sommes bien sÙ! que le fermier ne paiera pas 1,000 fr. à sou propriétaire quand la loi lui ordonne de ii’en payer que "."iO ; que l'entrepreneur n'accordrra pas 4 fr. à ses ouvriers, quand ii lui est enjoint, au nom de la République , de ne payer que d fr. .jo.

Mais, avons-nous fait observer, cette réduction générale des revenus et salaires ne peut être juste, qu’autaut qu’eile sera compensée par une réduction équivalente du prix des produits et des services : il s’agit donc d'a.-surer cette réduc-

Le moyen est Æarrêier la valeur. Je m’explique.

Tout le monde sait qne la valeur dés prôdâits, dans le tnilien social acfüel, est nécessairement instable ; elle oscille perpétuelleitfent tantôt à la hausse, tantôt à la baisse.

Cette oscillation n’est pas seulement causée par la rareté ou l’abondance des matières premières : s’il n’y avait pas d’autre cause d’oscillation que celle-là, on pourrait dire que la valeur , quoique toujours mobile, est cependant fixe. Les causes d’oscillation de la valeur qu’il s’agit de détruire, et qui engendrent le paupérisme, sont l’anarchie du marché, le bon plaisir commercial, en un mot, l’agio.

L’agio, sous toutes les formes, est le mensonge, le père éternel du mal. C’est à l’agio que nous déclarons la guerre.

Or, à travers tes oscillations et soubresauts de la valeur, se découvre un loi générale, c’est que, par la force du progrès, la valeur est en baisse insensible et continue.

Cette baisse incessante, irrésistible, je l’appelle avance on progrès de la valeur ; comme la hausse est recul ou rùrograilation.

Un caractère du progrès de la valeur, est que scs oscillations diminuent constamment d’amplitude, et s’approchent peu à peu d'une moyenne, qui est pour moi la valeur vraie.

En antres termes, il y a tendance dans le mouvement économique à ce que l’avance de la valeur ait lieu d’une manière régulière, et qne la rétrogradation soit impossible.

Ces principes posés, je dis que l’opération que nous avons à faire pour compléter la mesure proposée plus haut, est d’AU- RÊTER la valeur, c’est-à-dire, de la tenir constamment dirigée vers l’avauce, de telle sorte qu’elle ne rétrograde plus.

Une pareille opération serait impossible dans toute autre condition que celle où nous nous sommes placés par la réduction générale. Hors de cette condition, toute tentative pour arrêter la valeurn’aboutirait qu’à un maximum arbitraire, partiel et partial, par conséquent injuste et absurde, aussi nuisible au peuple qu’immoral et faux dans son principe.

Mais, avec la réduction préalable de tous les re\eims et salaires, l’Etat a le droit d’exiger une réduction proportionnelle sur tous les produits et services; par là, il ne fait point de maximum, pas plus qu’il n'entend déterminer avec exactitude la valeur; il ne fait que rendre justice à tout le monde.

Se plaindrait-on d’une loi qui, sans réduclion préalable, arrêterait par exemple la valeur de loulos les marcbanclis-s à 25 p. OiOau-dessusdes prix courants établis’? Assurément non : une telle précaution semblerait même superflue, puisque, saut de rares exceptions de monopole, l’immense majorité des marchandises n’oscille pas, en vertu de l’agio, do 25 p. üiOen-deçà et au-delà du prix moyen.

Or, cotte opération si simple qu’elle en devient puérile, est pourtant celle que je propose on ce moment, et dont je ferai sortir les plus étonnantes conséquences.

La production de la France devant revenir, en oÉNÉu.vr.. par la rédnciion des revenus cl salaires, à 23 p. OjO meilleur marciié qu’aujourd’bui, je propose d’arrêter le prix de commerce, pour tous les produits et services, au prix de revient du jour qui précédera la promulgation du décret, soit 25 p. 0|(), en général, aude^isus du prix de revient du jour qui suivra la promulgation; la différence de 25 p. 0|0 entre les deux prix dû revient étaid laissée comme latitude à la concurrence et bénéfice aux entrepreneurs.

Voici donc, à peu près, ce que le Gouvernement aurait à décréter.

L’État, comme tout autre entrepreneur, fait une économie par la réduclion des salaires de ses employés, etparla diminution du prix des produits et services qu’il achète. Il nous doit une compensation, et c’est à lui de donner l’exemple.

Donc,

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